Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 12:07

Bonghjorn’à tutti, eccu un articulu chì era prontu dapoi un’picculu mumentu, mà aviu altr’affare à dìvvi, è pò dopu, ùn’aghju micca trovu u tempu di scrive. Dunque, oghje, più d’una settimana dopu à u mi’ultimu articulu, eccu un’articulu nant’à a Corsica, i Corsi, è sopratutti u Populu Corsu.
Bon, aghj’à cuntinua in francese, perche ancu s’o parlu bè a mio lingua, ùn sò micca sicuru chì sì pò dì listess’affare per tutti quelli chì mi leghjanu.*

Le débat d’aujourd’hui concerne le Peuple Corse. Existe-t-il ou pas ? Bien sûr, la réponse est oui. Le Peuple Corse existe, puisque je ressens au plus profond de mon être que j’en fais partie. Cela dit, ce que je viens de dire là n’est en aucun cas une explication. Car je ne compte pas me contenter d’affirmer, sur la base de mes sentiments personnels, que le Peuple Corse existe, mais je compte également le démontrer, de la façon la plus complète possible.

La définition de Peuple Corse passe aussi par la définition de notre identité. Bien entendu, il s’agit de définir de façon objective l’identité corse, sans pour autant sombrer dans le repli sur soi, ou le rejet (voire la haine) des autres, car contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, on peut très bien être fier d’être ce que l’on est sans pour autant rejeter ceux qui ne sont pas comme nous, et fort heureusement, c’est mon cas. À mon sens, une identité, c’est, à la base, le fait de ne pas être seul. C’est le fait de s’identifier à un groupe humain de quelque nature que ce soit. Et personne ne peut y échapper. On est tous obligé de s’identifier à quelque chose.

En l’occurrence nous parlons ici de l’identité corse. Question que nous pourrions relier avec la question du peuple corse. Car même si certains « beaux esprits éminemment intelligents » nient purement et simplement l’existence du Peuple Corse et de l’identité corse, et malheureusement en profitent pour nous salir et dire sur nous ce qu’ils ne peuvent pas dire sur les communautés qui ont la chance d’être reconnues, le Peuple Corse existe !

Bien sûr, certains pourront me rétorquer qu’en terme légaux, le peuple corse n’existe pas. C’est vrai que la loi française ne reconnait pas le peuple corse. Mais c’est vrai surtout que ce n’est pas à une loi de dire si on existe ou pas !

Bien sûr, on pourrait facilement me rétorquer que pour constituer un peuple, il faut être nombreux, et que dans le cas présent, il faut quand même reconnaître que nous ne sommes pas très nombreux, mais à cela, je répondrais ce qu’avait dit Ceccè Buteau, de Canta u Populu Corsu, lors du célèbre concert au Théâtre de la Ville en 1980, comme quoi, qu’« on ne compte pas un peuple comme on compte un troupeau de mouton. Il existe ou il n’existe pas. » Et je vais précisément vous démontrer que notre peuple existe, et pour commencer, il faut également définir certains paramètres indispensables.

Vers la fin des années 80, si mes souvenirs sont bons, avait été défini le principe de communauté de destin par les nationalistes, qui consistait à dire que toute personne vivant en Corse, se ressentant Corse au plus profond de son être, et partageant le dessein de la libération nationale. Certes cela peut, pour certains, paraître quelque peu restreint, mais c’est toujours un principe très ouvert, qui une fois de plus, tord le coup à ceux qui prétendrait que les nationalistes corses sont tous racistes, communautaristes, et ainsi de suite… Pour tout vous dire, je dirais, sans faire de prosélytisme, que le nationalisme corse est beaucoup plus ouvert que le nationalisme français, voire le nationalisme monégasque (où il faut un temps de résidence de cinq générations pour être naturalisé monégasque), ou encore beaucoup d’autres exemples que je ne connais pas. Un peuple se définie par une langue (on l’a), un territoire bien défini (plus défini que ça, c’est impossible), une Histoire (pas de problème), et une culture (on ne peut pas la nier), ainsi qu’une certaine mentalité. Voilà pourquoi, je peux affirmer à la face du monde (c’est un peu prétentieux, comme expression « à la face du monde », mais ça sonne bien) que oui, nous existons en temps que peuple.

Maintenant, suite à ce constat, il faut à présent ouvrir une réflexion approfondie, et mieux cibler un fait problématique lié à nous. Le fait que l’on ait essayé par le passé (un peu moins aujourd’hui), de nier notre identité et ses composantes. Pire encore, qu’on ait essayé par tous les moyens de nous faire oublier ce qui fait que nous sommes nous. Certes, il est toujours très facile de dire que c’est la faute des autres et pas la notre, mais si nous sommes tous fautifs, il faut quand même reconnaître que depuis l’invasion française, et jusqu’à très récemment, tout a été fait pour nous faire oublier qui nous sommes et ce que nous sommes, en utilisant conjointement la répression, le matraquage médiatique, et le lavage de cerveau scolaire…

Il s’agit maintenant de définir les mesures à prendre pour conserver notre identité.

Déjà, pour commencer, je pense qu’il serait nécessaire de rendre obligatoire l’enseignement de la langue corse à l’école dès l’école primaire. Certains me répondront que cette mesure n’est pas démocratique ; qu’il n’est pas démocratique d’obliger des gens qui ne veulent pas apprendre le corse à apprendre le corse. À cela, je répondrais deux choses : premièrement, ce serait le contrecoup de l’époque où le simple fait de parler corse en classe, était sévèrement puni ; et deuxièmement, rendre les cours de corse obligatoire, ce ne serait pas plus tyrannique que le fait que d’autres cours soient obligatoires… Ensuite, j’ai pensé qu’il nous faudrait, dans la même optique, faire en sorte que tous les papiers administratifs soient en version bilingue… Par la suite, il faudrait encore envisager d’autres mesures…

Bien que mon article s’arrête là, je ne mets pas fin à ma réflexion, car je pense que beaucoup d’autres choses seraient à dire à ce sujet, et même si pour l’heure je n’ai rien prévu de particulier, il n’est pas impossible que je revienne développer ce sujet.

 

* Il est prévu, en tous cas c’est en projet, car cela me tenait à cœur depuis déjà trop longtemps, que je crée prochainement un blog en corse, sur le même modèle que celui-ci, avec probablement le même genre d’article, voire, pourquoi pas, les mêmes articles, mais écrit en langue corse. Je vous tiendrais au courant, promis.


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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 16:41

Una volta di più, ecc’un altr’articulu. È cume l’aviu dettu prima, hè oghje, ghjovi, ch’o scrivu. Oghj’aghja parlà di castagne è castagni.

Un sujet qui me tenait à cœur depuis déjà longtemps, et dont j’aurais aimé vous parler plus tôt. Je dois dire, par ailleurs, que beaucoup de mes précédents messages étaient à caractère politique certain. Aujourd’hui, je m’étais juré de rédiger un article sans parler de politique. Et j’espère y parvenir en dépit du contexte politique actuel très chargé.

En fait, j’ai bien peur que mon article soit très incomplet, car cette année (ou plutôt, l’année dernière, en 2007, en fait), je devais monter à Bucugnà, à a Fiera di a Castagna, mais finalement je n’ai pas pu y aller (et le pire, c’est que je ne me souviens même plus pourquoi !). C’est pourquoi, je pense que mon article risquera cette fois-ci de paraître tronqué, voire pâlot. Je ne pourrais donc pas vous raconter comment était le trajet, à quelle distance il a fallut se garer, ni ce qu’il y avait comme stand. De toute façon, cette année, la récolte était insuffisante, à cause de la sécheresse qu’il y avait eu cet été, qui avait été un sérieux handicap pour les fruits.

Pour parler franchement du châtaignier, je dirais que c’est une phanérogame dicotylédone de la famille des fagacées et du genre Castanea ; il peut atteindre 30 mètres de haut, à l’état adulte ; les jeunes sont sciapiles et les adultes héliophiles. Mais en toute honnêteté, je ne pense pas que ce soit cet aspect là qui vous intéresse.

Le châtaignier en lui-même est présent en Corse depuis le Miocène (c’est relativement récent, même si ça fait quand même quelques millions d’années). Il est cependant plus ancien que l’abricotier, introduit en Corse depuis seulement quelques siècles, probablement par les Turcs (je suppose cela, car si vous regardez bien, en corse, l’abricotier se dit « u baracuccu », et en turc, c’est presque pareil, mais comme je ne connais pas avec certitude l’orthographe du mot turc, je préfère m’abstenir, plutôt que d’écrire une ânerie).

Cependant, ce n’est que très récemment (quelques siècles, quand même, au Moyen-âge), que différentes qualité de châtaigniers se créèrent, avec les greffes. Ainsi, différentes qualités de châtaignes naquirent, plus ou moins grandes, plus ou moins rondes, plus ou moins rouges, plus ou moins noires, plus ou moins sucrées… (et ainsi de suite, car ça commençait à devenir long, cette liste des « plus ou moins… »). Je suis loin de connaître la totalité de toutes les variétés, mais si vous vous contentez de mes quelques souvenirs, de mémoire, je citerais quelques variétés comme u Tunatu, a Teghja, a Rossa, a Ghjiutile, a Campanese, a Facciata, a Pidduchina, è a Firgiata. Ne me demandez pas non plus ce qui distingue ces différentes variétés, je préfère éviter le sujet, car je sais très bien que je ne pourrais rentrer précisément dans les détails précis.

Le châtaignier fut durant des siècles et des siècles, aussi bien avant l’importation des greffons que après, une source de nourriture non négligeable pour les Corses. Il ne faut pas oublier qu’une grande majorité des fruits et légumes qui constituent notre alimentation actuelle, sont des découvertes relativement récentes (enfin, quelques siècles quand même) pour nous.

Les clichés réducteurs de nos habituels détracteurs prétendent que nous autres Corses, nous sommes de gros fainéants, parce que nous ne mangeons que des châtaignes. Si le fait de prétendre que nous sommes fainéants est pire qu’un cliché, est une insulte à la mémoire de nos ancêtres, il n’est pas entièrement faux, pour une fois, de prétendre que nous aimons beaucoup les châtaignes.

Jadis, beaucoup de villages en Corse avaient, autour d’eux, une quantité non négligeable de châtaigniers. Ce phénomène, plus ou moins marqué selon les régions, fut particulièrement prononcé en Castagniccia (ce qui n’est pas trop loin de la Casinca, où j’habite), au point d’avoir même inspiré le nom de la région.

Le terme d’ « arbre à pain », donné au châtaignier, est loin d’être usurpé, car à des époques plus ou moins lointaines, il fut réellement indispensable à de nombreux villages, et quand la récolte n’était pas bonne, il n’était pas rare que cela déclenche une famine (j’ai un souvenir, Dieu merci, pas personnel, qu’une fois, à Orezza, au Moyen-âge, la famine était si importante qu’il fallu se rabattre à manger certaines* fougères ! Triste souvenir).

La châtaigne peut se manger de différente façon :

-          On peut très bien la manger nature, sans rien, telle qu’elle est ramassé, après avoir, au préalable retiré la peau, mais en toute franchise, ce n’est pas du tout recommandé, car, cela n’est pas formidablement bon, et ce serait du gâchis, que de manger une châtaigne comme je l’ai dit, alors qu’elle peut être si bonne, si elle est préparée.

-          Grillée (fasgiole).

-          Bouillie (ballote).

-          Sous forme de farine de châtaigne. Cette dernière utilisation fut, et demeure encore la plus usitée. Il faut d’abord ramasser la châtaigne (quelle surprise ! il faut les ramasser, les châtaignes, et les extraire de la bogue), puis il faut la faire sécher. Pour cela, dans les temps, on transportait les kilos et les kilos de châtaigne à dos d’âne (pour ceux qui avaient les moyens d’avoir un âne) ou à dos d’homme dans le rataghju (séchoir à châtaigne). Là, il fallait les ranger soigneusement. Ensuite, une fois que les fruits étaient secs, il fallait retourner au rataghju, pour prendre les châtaignes, et les amener au moulin, à eau, où elles étaient transformées en farine. Jadis, les moulins à eau étaient très répandus en Corse. Le principe était fort simple : l’eau actionnait les meules. Les moulins étaient des éléments indispensables à la vie des villages qui avaient des châtaigniers autour. Hélas, aujourd’hui, la plupart de ces antiques moulins à eau sont aujourd’hui en ruine, ou transformés en résidences (je dis « la plupart », car je connais un exemple d’un moulin à eau, datant du XVè, qui est en parfait état).  Si je peux résumer d’un point de vue numérique, 9 décalitres de châtaignes fraiches donnent 3 décalitres de châtaignes sèches, qui donnent eux-mêmes 15 kg de farine. Comme vous avez pu le constater, l’élaboration de la farine de châtaigne est une tâche complexe et épuisante. À ce titre, les éminents personnages racistes et anticorses qui prétendent que c’est une activité de fainéant, n’ont qu’à aller se faire voir, car ils ne sont pas les bienvenus sur ce site.

Hélas, ces arbres qui contribuèrent à faire de la Corse un endroit béni souffrent de nombreux dangers, en partie liés au monde moderne. Concernant le réchauffement climatique, il n’y a pas d’effet particulièrement grave, puisque l’arbre craint les grands froids ! Mais par « monde moderne », je ne pense pas nécessairement au réchauffement climatique. Ainsi, au XIXè, les usines à tanin installées à Barchetta, Ponte Leccia, et ailleurs, ont fabriqué d’importantes quantités de tanin en utilisant du bois de châtaignier à profusion. C’est ainsi que de très nombreux châtaigniers furent abattus dans ce contexte. Eux qui depuis des millénaires nourrissaient les Corses, étaient alors décimés par les corses, peu reconnaissants de tous ses bienfaits. C’est d’ailleurs dans ce contexte que Paoli di Tagliu écrivit, à cette époque la célèbre chanson « Lamentu di u castagnu à u corsu ». Heureusement, aujourd’hui, ce problème n’existe plus, puisque les usines à tanin ont fermé. Un autre problème préoccupant, et qui malheureusement reste encore d’actualité, est le problème des incendies estivaux. Périodiquement, notre terre brûle, et face à la puissance du feu, il est souvent très difficile d’agir. J’en profite au passage pour saluer le courage et l’abnégation des pompiers, qui accomplissent chaque été, un travail admirable. Pour en revenir au sujet qui nous occupe, je dirais que de très nombreux châtaigniers meurent tous les ans, à cause de ces feus qui ravagent notre antique patrimoine forestier, qui constitue un peu une partie de l’âme de la Corse. Même si le châtaignier n’est pas à proprement parler un bon combustible (je parle du bois frais), et que de ce fait les dégâts sont moins importants qu’ils n’y paraissent, cela ne nous autorise aucunement à baisser les bras dans le combat contre les incendies et les incendiaires, et comme je le dis toujours, « Malamorte à tè chì brusgi a terra » (je préfère ne pas traduire, je risquerais de vous choquer). Hélas, la liste des maux des châtaigniers ne s’arrête pas là, car il reste encore les deux maladies (les plus répandues) : le chancre et l’encre. Le premier est une maladie qui s’attaque au tronc, et étouffe l’arbre qui dépérit rapidement, la maladie, un champignon se transmet par contact, et touche en priorité les arbres dont l’écorce est endommagée. Le second, à mon sens, le pire des deux, se transmet dans le sol, par la terre, et s’en prend aux cellules régénératrices des racines. L’arbre suinte à la base du tronc, de la sève dégénérée de couleur très sombre (d’où le nom d’ « encre » donnée à cette maladie), son écorce blanchit, et il meurt. L’arbre meurt très lentement, et la maladie est particulièrement contagieuse (j’ai vu, pour ma part, tout un terrain planté de superbes châtaigniers biens entretenus être décimé à 90 % en à peine 10 ans par cette sinistre maladie). Et le pire, c’est qu’à l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement. Enfin, l’absence d’entretien est le dernier fléau qui touche les châtaigniers, et ainsi, peut rendre l’arbre plus sensible aux incendies et maladies.

Je crois que c’est tout pour le moment, mais je tenais quand même à conclure cette réflexion par le fait que même si les châtaigniers me tiennent vraiment à cœur, j’ai toujours eu du mal à écrire correctement le mot « châtaignier », et le mot « châtaigne » du premier coup ! Par contre, là où je ne me trompe pas, c’est sur l’orthographe du mot corse « castagnu » et « castagna ». Il faut reconnaître que c’est beaucoup plus simple.

Au cours de cet article, j’ai présenté, peut être un peu abusivement, cet arbre fantastique comme étant l’arbre essentiel de la Corse. Or, il existe également d’autres arbres très importants, à commencer par l’olivier, qui du point de vue de son rôle et du symbole qu’il représente, est le « jumeau » du châtaignier (même si son rôle est très différent, son importance est identique). Lui aussi mériterait bien des éloges. Lui ainsi que beaucoup d’autres. Cela dit, je préfère quand même me limiter à parler de ce que je connais bien, pour m’éviter de dire, comme je l’ai déjà dit, des âneries, en me trompant en parlant de ce que je connais moins bien. Des châtaigniers, par exemples, j’en ai tout autour de chez moi, c’est vous dire si je les connais bien, c’est pour cela que je me suis montré si loquasse, même sans être allé à Buccugnà.

 

* Toutes les fougères ne sont pas comestibles. Certaines sont mêmes très toxiques. À ce titre, je tenais à vous mettre en garde, pour ne pas que vous croyiez que parce qu’à Orezza, au Moyen-âge, ils avaient mangés des fougères, que toutes les fougères sont comestibles, et que l’on peut tenter l’expérience. Je ne voudrais surtout pas que mes propos soient mal interprétés. Sur ce, à vedeci.


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Jeudi 17 janvier 2008 4 17 /01 /Jan /2008 15:23

Bonghjorn’à tutti, oghje, ùn serà micca eiu chì hà dà parlà, mà voi.

Depuis un certain temps déjà, c’est moi qui parle ici.

J’aimerais, s’il vous plait, que pour une fois, ce soit vous qui me parliez.

Que vous me parliez de vous, que je sache un peu qui me lit (bien sûr, vous pouvez très bien mettre n’importe quoi, je n’ai pas de moyens de vérifier que ce que vous disez… euh pardon… que ce que vous dites, est conforme à la réalité).

Pour cela, rien de plus simple : servez-vous de la rubrique « commentaires », situé en bas à droite de chaque article normalement constitué.

Avete capiti ?

Avà, à voi.


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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 10:14

Bonghjorn’à tutti. Spergu ch’è vo avete durmitu bè, in particulare dopu à a ghjurnata d’eri, chì s’hè scorsa in Aiacciu. Car c’est de ce qu’il s’est passé hier lors de la manifestation nationale unitaire dont je veux vous parler aujourd’hui, après plus d’une semaine de silence (cela dit, je ne vous cacherais pas que j’ai été assez occupé, d’un point de vu personnel ; sans compter que je n’avais rien de spécial à dire).

Je vais très brièvement vous compter ce qu’il s’est passé hier, encore qu’à mon avis vous le sachiez déjà (quoique l’on puisse en toute sincérité se poser la question : si vous le savez déjà, c’est peut être parce que vous l’avez lu dans la presse, et comme je l’ai déjà démontré précédemment, l’objectivité de la presse n’est qu’une faribole utilisée pour endormir les enfants).

Très brièvement, s’est tenue, hier à Aiacciu, une manifestation unitaire du mouvement national, sous le thème (le mot « thème » ne convient peut être pas, mais c’est le seul que j’ai trouvé) « Resistenza è Libertà » (Je ne vous ferais pas l’affront de traduire ; même pour ceux qui ne parlent pas du tout la langue corse, ces mots là sont limpides). La manifestation unitaire fut déjà, dès le départ, une excellente initiative, pour protester contre l’arbitraire du pouvoir central et colonial français, qui ne respecte ni la présomption d’innocence (je parle bien entendu de la condamnation d’Yvan Colonna à la perpétuité sans preuves, comme je l’ai déjà démontré), ni les Droits de l’Homme (fichage ADN systématique, arrestations musclées…), ni même ses propres Lois (loi sur la présomption d’innocence, rapprochement des prisonniers de leurs familles…).

Les CRS, en nombre conséquent, et lourdement armés, contrairement aux manifestants, attendaient au Palais Lantivy (préfecture), mais c’est à l’Assemblée de Corse que la manifestation est finalement allée, et c’est la salle avec la belle rosace sur le carrelage (ce commentaire peut paraître un peu débile et hors-sujet, mais à moi, elle me plait la rosace sur le carrelage) qui a été occupée.

L’occupation du siège de la CTC fut véritablement une idée judicieuse pour marquer le coup, et pour bien faire comprendre aux élus territoriaux potiches que l’Assemblée de Corse était en grande partie issue du combat de la LLN (Lutte de Libération Nationale).

La seule chose que je regrette, dans ce qu’il s’est passé, c’est que cela débouchera encore sur de nouvelles arrestations arbitraires, et de nouvelles incarcérations, alors que tout ce que nous voulons, c’est le droit de vivre libre sur notre propre terre.

Ce matin, j’ai parcouru un peu sur Internet différents journaux en ligne parmi les plus connus, et il semblerait que les réactions des commentateurs (ce que je regarde en premier lieu sur les articles) soit essentiellement négatives. La plupart des gens disent, en substance, que la Corse est belle, mais que les Corses les énervent, que ce qu’ils voudraient, c’est la Corse sans les Corses, reprenant ainsi, le vieux thème de la cage sans les oiseaux, de Mussolini. D’autres encore, veulent que la France se débarrasse de la Corse pour leur faire des économies. Que de commentaires agressifs, bornés, stupides, et racistes. Ce genre de personne est soit, profondément raciste (et je rappelle que le racisme est une chose haïssable, d’où qu’il vienne ; le racisme est une des plaies de l’humanité), soit strictement basé sur le confort matériel, c'est-à-dire l’argent l’argent l’argent l’argent l’argent !, soit complètement stupide, ou totalement abrutis par les média. En aucun cas, ce ne sont des gens ouverts, à même de comprendre la Corse et son Peuple (car pour ceux qui désireraient la Corse sans les Corses, la cage sans les oiseaux, sachez qu’il est inconcevable de dissocier une terre de son peuple).

Mon souhait est de conclure cet article en vous faisant part d’une curieuse analogie qui m’est venue à l’esprit depuis quelques temps. Le célèbre film "Matrix".

Je sais que le fait d’aborder ce sujet peut surprendre, surtout ici, mais pour ceux qui n’aurait pas vu ce film, un petit résumé de ce film qui est plus ou moins (plutôt plus que moins) de la science-fiction :

Ce film décrit un monde où les humains sont des esclaves enchaînés, sans réelle liberté. Cependant, ils sont plongés dans une réalité virtuelle, la Matrice, qui leur fait croire que tout est bien, que tout va bien, pour mieux les dominer. Certaines personnes, très minoritaires, en ont prit conscience, savent que tout ne va pas si bien qu’on voudrait le leur faire croire, et luttent avec acharnement pour la liberté de leur peuple. Ces résistants, sont bien entendus taxés de terroristes par ceux-là mêmes qui maintiennent l’humanité dans l’esclavage et l’illusion que tout va bien.

Cela ne vous rappelle rien ?


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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 16:32

Dans un de mes précédents messages, j’avais clairement développé le comportement plus que douteux de la presse française vis-à-vis de la Corse. Si l’on résume le point de vue de ces média, tout ce qui se passe en Corse est nécessairement mauvais, et les Corses ne sont qu’un ramassis de fainéants / bandits / mafieux / terroristes / assassins / racistes / assistés, qui devraient se taire et s’humilier lorsqu’ils ont l’honneur de parler à un officiel français*. Je l’affirme, nombre de média français font preuve d’un anti-corsisme primaire, au prétexte que l’on peut dire n’importe quoi sur la Corse et les Corses dans la mesure où le Peuple Corse n’est pas reconnu officiellement. De ce fait, ces mêmes personnes qui écrivent contre nous dévoilent leur infâme racisme qu’ils ne projettent sur nous que parce qu’ils n’ont heureusement pas le droit d’écrire de pareilles déjections d’immondice sur les Peuples et communautés reconnus officiellement.
Malheureusement, ces sinistres individus manipulent les masses qui de ce fait, demeurent convaincues que le Peuple Corse a tous les défauts du monde. Pour prendre un exemple particulièrement récent, je me contenterais d’évoquer les 200 et quelques voitures, qui ont brûlées en France, lors de la nuit du réveillon. Les instances dirigeantes se sont félicitées du nombre « restreint » de voitures brulées. Gageons que si cela s'était passé en Corse, je suis sûr qu’ils seraient profondément choqués, et qu’ils parleraient déjà d'actes terroristes, à punir avec la plus grande sévérité, car « il y aurait pu y avoir des morts ». Dans la mesure où cela s’est passé en France, ils se réjouissent du nombre très « restreint » de véhicules brûlés. Je ne développerais pas plus le racisme anti-corse chronique dont souffre nombre de personnes, pas plus que je ne développerais davantage l’aspect « manipulation médiatique » ; on pourrait en écrire des thèses ; je me contenterais de vous recommander l’excellent ouvrage de Gabriel-Xavier Culioli : Lettres aux anti-corses, et pour finir, je vous laisse avec ce photomontage réalisé par moi-même, concernant une improbable couverture d’un improbable magazine d’actualité, qui n’aurait rien trouvé de mieux que de parler de la Corse pour en faire des gros titres, quitte à dire tout à fait n’importe quoi. Au passage, je voulais remercier monsieur Mailly (qui s’appelle Mailly autant que je m’appelle Cumpà, si vous voyez ce que je veux dire), pour m’avoir aidé dans l’élaboration de cette image, de même que pour m’avoir aidé pour trouver un site où je pouvais fabriquer mon blog.

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Réaliste, non ?

Bon, avà, à prestu !

 

* Adaptation à peine modifiée, d’une phrase de Marbeuf, l’homme qui « pacifia », la Corse après la défaite de Ponte Novu, en massacrant des populations entières ; cet immonde personnage fut un criminel contre l’humanité, ce que l’Histoire Officielle au service d’un pouvoir central négationniste a totalement gommé.


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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 14:03

On me demande souvent pourquoi, en Corse, il se trouve des gens qui veulent l’Indépendance. En général, les personnes qui me posent la question ignorent le plus souvent que moi aussi, je la désire, l’Indépendance. La première réponse qui me vient à l’esprit lorsqu’on me pose cette question, est une réponse qui peut sembler relever de l’irrationnel. L’Indépendance, nous la voulons (quand je dis « nous », je ne parle, malheureusement pas de la totalité des Corses, mais de ceux qui veulent l’Indépendance), parce qu’au fond de nos cœurs, nous ne nous sentons ni français, ni italiens, mais tout simplement corses ; parce qu’au fond de nos cœur, nous sentons que la Corse n’est ni française ni italienne, mais tout simplement corse, parce que nous désirons ardemment d’avoir le droit d’exister en tant que Corses.

Bien entendu, cette explication peut paraître bancale à plus d’un titre. Certains « rationalistes » pourraient même me faire remarquer qu’ils n’en ont rien à foutre de mes état d’âmes, et que la Corse est pauvre, que les Corses sont fainéants, indigne de posséder un pays aussi beau, et que je suis quelqu’un qui, au mieux, n’a aucun sens des réalités, et au pire, profite d’une pseudo revendication indépendantiste pour camoufler des activités mafieuses et racistes. À ceux-là, je ne leur répondrais rien, car je risque de ne pas rester poli ; de toute façon, cette engeance de criticoni, trolls et assimilés, ne mérite pas que je m’adresse à eux.

À ceux qui critiquent intelligemment (et Dieu merci, il y en a), je leur assure que la Corse peut parfaitement être libre et indépendante, car la Corse n’est pas un pays pauvre, c’est un pays appauvri, notamment par les lois douanière de sinistre mémoire (taxe unilatérale sur les produits corses), et les subventions abusives. Quant aux accusations de dérive maffieuse, je dirais simplement que les maffieux, il y en aura certainement nettement plus dans les rangs de ceux qui se satisfont du système, que dans les rangs de ceux qui veulent le changer.

Mais je pense qu’il est impossible de comprendre la Corse sans faire un bref rappel historique de l’Histoire de la Corse.

Depuis la fin du Moyen-âge, la Corse, appartenait à Gêne (après avoir appartenue à Pise et au Royaume d’Aragon, entre autres choses). À plusieurs reprises, la Corse tenta de se libérer de ses occupants dont la rapacité était anecdotique, mais le pouvoir répressif était sans cesse plus fort que la volonté du Peuple. En 1729, cependant, les Corses se révoltèrent en masse contre l’occupant, et en 1730, la quasi totalité de l’île étant libérée, ils établirent leur propre gouvernement, un gouvernement parfaitement démocratique, véritable prouesse pour l’époque, et se choisirent un roi extérieur, en la personne du baron allemand Théodore de Neuhoff, couronné sous le nom de Théodore 1er, dont le règne dura moins d’un an, car Gêne, aidée par la France et par l’Autriche, envahit une nouvelle fois la Corse, et la résistance corse se poursuivit durant une assez longue période avec des haut et des bas. Dans les années 1740, c’était Ghjuvan’Petru Gaffori qui mena la résistance corse, mais il fut assassiné en 1753. En 1755, Pasquale Paoli arriva, et devint chef d’état (la Corse, dans sa quasi-totalité étant libre) : il organisa un gouvernement démocratique avec séparation des trois pouvoirs (législatif : Cunsulta Naziunale ; exécutif : Cunsigliu Supranu ; judiciaire : magistrats indépendants), vote des femmes (oui !), liberté de culte (oui !), et mise en valeur de la Corse… Hélas, cela ne dura pas, car Gêne, n’ayant plus les moyens de continuer la guerre, demanda à la France de l’aide militaire, en échange de laquelle, Gêne donnerait la Corse à la France, jusqu’à ce que la France considère que la dette génoise a été payée. Ce honteux marché dénoncé par Voltaire et Rousseau, fut mené par Choiseul, ministre de Louis XV qui désirait ardemment s’emparer de la Corse pour compenser la perte du Québec par la France. Bien entendu, le Peuple Corse s’opposa à cette magouille, et se révolta en masse tandis que l’armée la plus puissante du monde de l’époque débarquait en force sur notre île, pour se battre contre des rebelles qui n’étaient pas à proprement parler des soldats mais des hommes du Peuple souverain. Malgré tout, la valeur de ces hommes du Peuple fut si grande que la guerre dura cependant un an pour que Paoli ne s’avoue vaincu (avec la triste défaite de Ponte Novu, le 8 et 9 mai 1769, date que nous commémorons toujours à l’heure actuelle). Venait de commencer une sinistre période de l’Histoire de la Corse, avec son lot de massacre et de destruction…

Les Corses essayèrent, et ce, jusque dans les années 1810-1820, de se battre contre les envahisseurs pour recouvrer leur liberté, mais les armées d’occupations étaient en nette supériorité numérique et militaire. Puis, le gouvernement français entreprit, par le biais des écoles, un insidieux lavage de cerveaux des jeunes générations tandis qu’ils distribuèrent sans compter de l’argent à ceux qui se soumettaient, tout en continuant la répression contre ceux, de moins en moins nombreux, qui résistaient encore, et qui étaient taxés de bandits par une propagande colonialiste mensongère. Heureusement, certains n’avaient pas oublié le passé, et dans la continuité des résistants corses du XVIIIème, fondèrent les premiers mouvements corses autonomistes, dès le début du XXème. Hélas, les difficultés internes, et en particulier les guerres, firent que la revendication autonomiste fut laissée un temps de côté, et cela jusque dans les années 1960… puis, dans les années 1960, la revendication corse revint peu à peu à la vie… Ensuite il y eu Aleria, dont j’ai déjà parlé…

Ce bref rappel, peut être un peu trop long, avait pour but de démontrer que la Corse n’a jamais été achetée, et que seuls les Corses ont le droit de définir leur destin.

J’espère vous avoir ouvert l’esprit quant aux revendications légitimes des Corses et du Peuple Corse.


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Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 09:50
PACE È SALUTE À TUTTI PER U DUIE MILLE OTTU

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Dimanche 30 décembre 2007 7 30 /12 /Déc /2007 10:40

Salut’à tutti, una volta di più.

Quasi una settimana senza missaghji ; quasi una settimana sò statu mutu. Stu tempu, troppu longu per mè, è (podasse) per voi, hè scorsu. Oghje hè u ghornu di u mio ritornu, è aghj’à parlà un’pocu di pulitica, per scambia appenna. Di pulitica, è di ghjurnalismu.

L’impression que j’ai des journaux français, en particuliers ceux télévisés, est qu’ils ont un sens aigu des priorités. Si mes souvenirs très récents sont toujours bons (autrement, c’est qu’il y a un très gros problème, je ne vais quand même pas souffrir d’Alzheimer à mon âge (au fait, saviez vous que son prénom était Oskar ; mais « maladie d’Oskar Alzheimer », c’était trop long comme nom)), les journaux, télévisés et autres, ont surtout parlé :

-          De l’arche de Zoé (ils en ont tellement dit que je n’arrive même pas à avoir une opinion sur le sujet),

-          Des problèmes de miss France qui a faillit perdre sa couronne, mais finalement non,

-          Des vacances de ce cher Commandant Suprême, en compagnie d’une superbe femme, dont on ne pourrait quand même pas me faire croire que c’est réellement l’amour fou entre eux. Même si je ne l’aime pas tellement, le commandant suprême, je dois quand même lui reconnaitre qu’il a bon goût en matière de femmes.

Oui, c’est de tout cela que nous parlaient tous les média français ces derniers jours. J’ai même l’impression qu’ils n’ont parlé que de cela. Et pendant ce temps là, quasiment pas un seul mot sur le « reste » de l’actualité. On a l’impression que tout va bien. Pas un seul mot sur la pauvreté et la précarité qui augmentent dans le monde entier. Pas un seul mot sur le génocide qui se produit actuellement au Darfour. Presque rien sur la situation au Pakistan. Et aucun mot pour dénoncer les pires dictatures du monde (je ne ferais aucune liste, car il y a bien plus de dictatures que de démocraties de par le monde) et leurs exactions. Oui, les média ont véritablement un sens aigu des priorités.

Pour parler de façon un peu plus ciblée, je suis toujours très stumaqué lorsque les média français parlent de nous, de la Corse et du Peuple Corse (Peuple Corse qu’ils ne reconnaissent toujours pas, sauf pour s’en prendre à nous, et nous dire tout ce qu’ils ne peuvent, avec raison, pas dire sur beaucoup de communautés). Cela leur plait de parler des plasticages, mais ils n’expliquent jamais le pourquoi des plasticages. Ils ne parlent jamais de ce que nous, nous subissons de leur part ; à savoir, une très forte présence des forces de police, gendarmeries, et assimilée… Ils ne parlent jamais, non plus, des arrestations arbitraires systématiquement musclées, des méthodes, parfois dignes de la gestapo pour obtenir des aveux (menacer d’une arme, un enfant devant sa mère pour qu’elle parle, est véritablement indigne d’un pays qui se dit démocratique), des prélèvements ADN sur des enfants de 13 ans participant à des manifestations de soutient à Yvan Colonna (des fois qu’ils appartiendraient au FLNC !)… Et la liste est encore trop longue ; aussi je conclurais, pour le moment, par une citation de Nietzsche : « On reproche souvent au fleuve sa violence, mais on ne reproche jamais sa violence à la berge qui entrave le fleuve ».

 

Du procès d’Yvan Colonna, parlons-en, aussi. Pour tout vous dire, je n’ai jamais vu un procès truqué où les ficelles étaient aussi grosses. Yvan Colonna a été, officiellement condamné à la réclusion à perpétuité pour le meurtre de Claude Erignac. En réalité, Yvan Colonna a été condamné pour plusieurs raisons qui n’ont rien à voir :

-          Parce qu’il est Corse et indépendantiste,

-          Parce qu’il a réussit à tenir tête à la France pendant quatre ans

-          Parce que lors de son arrestation, le Commandant Suprême a exprimé son intime conviction, au méprit de la présomption d’innocence.

Bien sûr, certains peuvent me rétorquer que sa fuite est le meilleur aveu qui soit de sa culpabilité. À ceux-là, je leur propose un petit jeu de rôle. Je vais vous demander de considérer qu’il est innocent, et de vous mettre à sa place dans les mêmes circonstances… Imaginez un instant… Un haut responsable est abattu pas loin de chez vous, et vous n’y êtes pour rien. À la suite de cet assassinat, la police procède à un très grand nombre d’arrestations sans preuves bien flagrantes ; certains des hommes arrêtés restent même plusieurs mois en prison, avant d’être libérés du fait d’un dossier totalement vide*. Puis, un an après le meurtre, tandis que les arrestations ne ralentissent pas, ce sont des amis à vous qui sont arrêtés, cette fois, avec des preuves formelles. Et puis, voilà qu’ils disent que c’est VOUS l’assassin. Vous faites une conférence de presse pour expliquer le contraire, mais voilà que vous découvrez, à votre grande surprise, votre photo en première page d’un magazine, avec comme texte en dessous : « Wanted, assassin »… Que feriez vous dans ce cas là ?

Bien entendu, d’autres pourraient me rétorquer que ce n’est pas à moi de faire le travail des juges et des procureurs ; en un mot : que la critique est aisée, mais que le lard est difficile. Pour cela, ainsi que pour tous ceux qui douteraient encore de l’innocence d’Yvan Colonna, je vais procéder à une liste des éléments à charges et à décharges

Eléments à charge :

-          Les aveux des membres du commando et de leurs compagnes.

-          La « fuite » d’Yvan Colonna (même si je viens de démonter cet argument, je comprends que certains puissent classer cela comme un élément à charge).

-          Les rétractations, jugées, peu crédibles, des personnes précitées.

Eléments à décharge :

-          Aucune empreinte digitale,

-          Aucune empreinte génétique,

-          Un relevé balistique incompatible avec la taille d’Yvan Colonna,

-          Aucune preuve de sa présence sur les lieux (au contraire des autres),

-          Tous les témoins sont sûrs que ce n’est pas lui,

-          Matériellement, il n’aurait pas pu être à Aiacciu à cette heure précise,

-          Des preuves que les interrogatoires furent menés avec des méthodes indignes de pays démocratiques.

-          Pierre Alessandri qui avoue être le tireur,

-          Yvan Colonna, qui nie être le tireur.

 

Et malgré tout cela, malgré également la présomption d’innocence, Yvan Colonna a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, dans le bénéfice du doute ; Ah comme ils sont beau, les Juges-soit-disant-indépendants. Comme dirait Cecce Buteau (dans un tout autre contexte, mais tout aussi ironiquement) : « C’est magnifique ». Alors oui, de façon objective, dans la mesure où le doute doit profiter à l’accusé, oui, le procès n’a pas été équitable.

 

C’est tout pour le moment, mais il n’est pas impossible que d’ici à ce soir, je publie un nouvel article (mais rien n’est encore sûr).

 

* Mathieu Finidori et Marcel Lorenzoni sont restés, plus d’un an en prison dans le cadre de l’enquête sur la mort du préfet pour rien (pour le cas de Mathieu Finidori, la police a même reconnu à posteriori avoir falsifié les preuves !). Jean Castela et Vincent Andriuzzi, furent présentés à tort comme les instigateurs de l’assassinat, et à ce titre ont fait respectivement 8 et 7 ans de prison, alors que le seul élément à charge était l’intime conviction de Roger Marion !

 


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Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 14:56
Per a quarta volta, salute à tutti.

Bouh ; déjà mon troisième message. Apparemment, je n’arrive plus à me passer de vous. Vanité, quand tu nous tiens.

 

Enfin, bref… plus sérieusement, ce dont je vais vous parler aujourd’hui, est nettement plus politique, même si ce n’est pas à proprement parler de l’actualité, encore que… Je vais vous parler d’Aleria, non pas du village (quoi qu’il mérite un intérêt, mais ce n’est pas là le propos), mais des évènements d’Aleria, survenus le 21 et 22 août 1975.

 

J’entends toujours dire une quantité d’âneries, concernant Aleria. Beaucoup de gens parlent d’Aleria sans savoir ce qui s’y est véritablement passé, mais il est vrai que « Les personnes de qualités savent tout sans n’avoir jamais rien apprit », Molière, Les Précieuses Ridicules (citation que j’ai tendance à ressortir souvent ; il faudrait que je me renouvelle un peu). Je vais vous le dire ce qui s’y est passé, mais je ne vais pas vous décrire les deux jours fatidiques qui ont marqué l’Histoire de la Corse à jamais, mais également les évènements des années précédentes.

 

 

Avant 1944 : de très nombreux terrains de plaines infestés de malaria, donc inutilisables

1944 : les Américains arrivent (seconde guerre mondiale), ils inondent la plaine d’insecticide, et les terrains sont donc débarrassés des moustiques. Ils sont attribués quelques temps après, à la société SOMIVAC, chargée de la mise en valeur agricole de la Corse

1962 : Indépendance de l’Algérie, les Pied-noir vont, en majorité en Corse. La SOMIVAC leur attribue 90 % de ces terrains (Michel Rocard lui-même reconnaitra que c’était un appel à la guerre civile)

Années 60 et après : les Pieds-Noirs s’installent. Si la majorité d’entre eux sont des gens qui ne posent aucun problème (reconnaissons-le), il y en a quelques uns (pas plus d’une dizaine) qui ont une conception particulière de la viticulture : ils plantent des cépages non sélectionnés, et après la récolte, pour augmenter la quantité, ils ajoutent de l’eau, de la glycérine, des lies de raisin, et du sucre dans le vin (je ne vous dis pas la qualité) la quantité augmente de 300 %.

Années 70 : le gouvernement interdit ces pratiques. Pour se rattraper, ils (un petit nombre de Pieds-Noirs précité) achètent le vin à des viticulteurs corses qu’ils revendent. Le système ne dure pas longtemps, et assez rapidement, l’un d’eux, Henri Depeille, fait banqueroute : il doit 6 millions de nouveaux francs à cinq confrères, qui eux-mêmes doivent de l’argent à la majorité des viticulteurs corses, qu’il n’a pas les moyens de payer. Avec eux, et avec l’accord de la Banque, il crée alors une société-écran, la COVIREP, dont le but est de rembourser les dettes.

1974 et 1975 : la COVIREP fait faillite à son tour, et les dettes deviennent totalement énormes (beaucoup plus que les dettes initiales). Pourtant, la Justice ne fait rien, le gouvernement de l’époque (Giscard, Chirac, Poniatowski) veut étouffer l’affaire. Et les petits viticulteurs corses ne sont toujours pas remboursés. L’ARC (mouvement autonomiste de l’époque, dirigé par les frères Simeoni), propose une solution : les 6 escrocs revendent leurs terrains, et avec l’argent récolté, payent leurs dettes. Cette solution, qui aurait pu marcher, et éviter un bon paquet d’ennuis, est rejetée par le Gouvernement et la Banque, qui décident d’une autre solution : la Banque prête aux petits viticulteurs créanciers le montant de leurs dettes, mais ils devront ensuite rembourser cette somme avec intérêts !

C’est pour cette raison qu’Edmond Simeoni et quelques autres militants de l’ARC décidèrent d’occuper la cave vinicole d’Henri Depeille : pour dénoncer publiquement ce scandale. L’occupation était censée être pacifique et ne durer que 4 jours (du jeudi au dimanche), et se solder par une conférence de presse, mais dès le vendredi, 4000 gendarmes mobiles lourdement armés investirent les lieux pour arrêter les occupants sans rien négocier. Edmond Simeoni, conscient qu’il était dans son bon droit, ne pouvait faire cela.

Cette action fut l’acte de naissance du nationalisme corse moderne.

 

J’espère avoir contribué à ouvrir l’esprit à ceux qui ignoraient ce que je viens de dire. En ces temps sombres où la justice française semble manquer de… justice, en condamnant un homme au bénéfice du doute, je pense qu’il est bon de rappeler que les Corses savent se défendre


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Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 11:12

Eccu un’articulu scrittu in settembre. Spergu chì ci riscalerà appenna.

 


Salute à tutti, c’est encore moi (à moins que le bloggu se soit déjà fait piraté… non, quand même pas tout de suite)

 

Le thème de mon second message, est de parler di A Santa di u Niolu.

Samedi, le jour « officiel » (puisque c’était le 8 septembre), je suis monté là haut. Partit à huit heures et quelques de chez moi, je suis arrivé là haut, un peu avant onze heure, entretemps, ce qui a prit le plus de temps, c’est bien entendu la Scala di Santa Regina. En passant devant des paysages superbes (tous les touristes qui viennent chez nous disent que c’est beau la Corse ; mais pour le coup, ils ont raison !), j’ai eu le plaisir d’avoir des cars devant moi. Sur une route où deux voitures peuvent à peine se croiser, lorsqu’on se rencontre un car, c’est la rigolade, on se campe de rire… Et le pire, c’est quand deux cars se croisent ! Ça peut durer très longtemps. Surtout que les cars ils sont bloqués pratiquement à chaque virage. Ah, à vi ghjurghu (je vous le jure).

Une fois arrivé là haut, je suis resté un moment à regarder au loin les montagnes ; surtout pour essayer de deviner lesquels c’était. Car ces montagnes comptent quand même parmi les plus hauts sommets de Corse. J’ai identifié de façon certaine le Capu Tufunatu, légèrement isolé des autres, et légèrement teinté de rouge (ou alors c’est que je me suis trompé) ; le Paglia Orba (celui qui est juste sur la droite du Capu Tufunatu), aux sommets multiples. Et puis plus loin caché par les autres, le plus haut sommet de toute la Corse, ancien volcan explosifs de temps immémoriaux (oh comme ça fait mac cette expression, « les temps immémoriaux »), tout comme les autres montagnes que j’ai cité, d’ailleurs ; le Monte Cintu (2700 mètres environs). Pour évoquer ces superbes montagnes, même si elles sont un peu moins superbes quand il n’y a pas de neige, je me permettrais de citer ces vers de Ghjuvanpaulu Poletti, datés de 1977, extraits de la chanson « L’alta strada », elle-même extraite de l’album « Canti di a Terra è di l’Omi », et interprété par le groupe mythique « Canta u Populu Corsu ».

 

O Paglia Orba luminosa
Regina bianca incurunata
Damicella cusi pumposa
Di lu Cintu s’hè innamurata.

 

Et comme ça, ça fera un petit exercice de traduction pour ceux qui ne parlent pas le corse. Je donnerais la traduction dans quelques jours. (un petit conseil cependant, ne traduisez pas les noms des montagnes)

 

 

Mais là, je m’égare, et j’en oublie de parler de a Santa elle-même.

Je suis donc arrivé juste à temps pour la messe, qui venait juste de commencer, puisque je suis arrivé avec le Kyrie. Il y avait un monde fou devant la petite, mais magnifique église de Casamaccioli. Et il y en avait tellement que la messe ne s’est pas faite dans l’église, mais à l’extérieur. J’ai été assez surprit de voir notre évêque, monseigneur Brunin, faire la messe, en compagnie d’une dizaine de prêtres et de diacres, se relayer tour à tour. Et quant au chant des confrères (les membres des confréries du Niolu), ils étaient beaux et bien préparé. Et puis, quand la messe s’est terminée, un peu avant midi, ça a été la procession. Non que le trajet soit très long, mais quand j’ai vu tous les confrères, venus de tous les villages du Niolu, au nombre de 100 (à peu près), faire le catenacciu pendant dix bonnes minutes, je ne peux qu’admirer leur préparation.

 

Pour ce qui est des stands en eux-mêmes, il y avait, outres quelques stands religieux, des stands commerçants, où l’on vendait différents produits industriels (tels des vêtements, des bijoux, des livres, des CDs…), ainsi que des stands plus traditionnels, tels des vendeurs d’objets en bois faits artisanalement, vendeurs de fromages, de fruits (il me semble, mais je n’en suis plus très sûr). Pour les besoins immédiats, il y avait aussi des « buvettes » et « cafés », ainsi que des vendeurs de sandwichs, de crêpes, et d’une manière générale, de produits alimentaires à consommer tout de suite. Il y avait également le stand du Comité Anti Répression qui n’était malheureusement pas placé dans un endroit très visible. J’ai également noté la présence d’une table de jeu, ce qui m’a fait me souvenir que par le passé, beaucoup de gens montaient à a Santa surtout pour jouer à des jeux d’argents, et jusqu’à tard dans la nuit. Autre catégorie de jeu, des jeux pour enfants, afin d’occuper les petits qui pourraient trouver le temps long (comme un jeu de pêche aux canards, par exemple).

Que ceux que je n’ai pas nommés me pardonnent.

 

Après avoir assisté à la messe, à la procession, avoir mangé, visité quelques stands, et rencontré au moins une trentaine de personne que je connais à des degrés divers, je suis redescendu (et comme en montant, je me suis prit les cars, qui étaient juste devant moi…)

 

 

S’il y a également quelque chose qui a attiré mon attention, c’était l’état de la nature elle-même. Cela fait bien plusieurs mois qu’il n’a pas plu énormément, et l’état de la végétation s’en ressent. La terre est très sèche, et même les petits arbustes commencent à dépérir. Hè più ch’è ora à fà u timpurale ! De ce point de vue là, il y a encore autre chose qui me brise le cœur (et pas seulement dans le Niolu), c’est les vieux châtaigniers. Ça me fait vraiment quelque chose de voir ces arbres vénérables, plusieurs fois centenaires, et qui ont nourrit plusieurs générations de corses, dépérir, faute d’entretiens. Certes, il y a la maladie, l’encre du châtaignier, Phytophtora sp, (un champignon ascomycète proche des morilles), contre laquelle on ne peut rien, mais la plupart des châtaigniers ne meurent pas tant de la maladie que du manque d’entretient. Par ailleurs, entre les châtaigniers et moi, c’est une grande histoire ; je voue effectivement à ces arbres une passion toute particulière, et lorsque je me retrouve, entouré par de vieux châtaigniers en bonne santé, je me sens bien. C’est difficile à décrire, mais c’est comme ça. Je vous en reparlerais. Promis.

 

À dopu. À u mio prossimu missaghju.

 


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Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 10:40

Cari Fratelli, cari amichi, paisani o furesteri ;

Salute à tutti.

 

(Traduction : chers frères, chers amis, paysans ou forestiers… euh, non, c’est pas ça, en fait ; bon, lasciate corre (laissez tombez, et là, c’est ça)).

 

Ceci est le premier message de mon blog. Et probablement le plus court. Pour commencer, je vais me présenter ; je suis Cumpà (ce n’est pas mon véritable nom, mais vous ne vous attendiez quand même pas à ce que je mette mon véritable nom ? Non ?), je suis corse (ça, par contre, c’est vrai), et si j’ai décidé, comme tant d’autre, de succomber à ce phénomène de mode que sont les blogs, c’est avant toutes choses, pour pouvoir parler de choses et d’autres… Un peu vague comme définition ; non ? Enfin, bon, tant pis, viderete (traduction : vous verrez).

 

Remarque qui concerne Mon Incomparable Personne (expression ironique, je préfère préciser) : 
Je n’écris pas toujours avec les mêmes pseudonymes. Il m’arrive également d’utiliser d’autres pseudonymes. 
Aussi, si un jour vous découvrez des articles signés Cumpalliols, Cumpà, Louis Fulbolk, Francis Natzsog, ou René Dijgolk, ils sont tous de moi (à moins que quelqu’un s’amuse à m’emprunter mes pseudonymes, ce qui ne serait pas gentils, mais alors pas gentil du tout).

Je ne vous cacherais pas qu’avec tous ses pseudonymes différents, j’ai un peu peur d’oublier quel est mon véritable nom, et dans quel site utiliser quel pseudonyme. 
Quand on est quelqu’un de connu, il faut assumer, punt’è basta.

 

 

J’espère que ce premier message ne vous a pas dégoûté, car quelque chose me dit que le second ne devrait pas tarder…

 

  

(NDMM (Note De Moi-Même), la première ligne se traduit par : « Chers frères, chers amis, d’ici ou d’ailleurs » ; et là, c’est vrai)


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