Bonghjorn’à
tutti, eccu un articulu chì era prontu dapoi un’picculu mumentu, mà aviu altr’affare à dìvvi, è pò dopu, ùn’aghju micca trovu u tempu di scrive. Dunque, oghje, più d’una settimana dopu à u
mi’ultimu articulu, eccu un’articulu nant’à a Corsica, i Corsi, è sopratutti u Populu Corsu.
Bon, aghj’à
cuntinua in francese, perche ancu s’o parlu bè a mio lingua, ùn sò micca sicuru chì sì pò dì listess’affare per tutti quelli chì mi leghjanu.*
Le débat d’aujourd’hui concerne le Peuple Corse. Existe-t-il ou pas ? Bien sûr, la réponse est oui. Le Peuple Corse existe, puisque je ressens au plus profond de mon être que j’en fais partie. Cela dit, ce que je viens de dire là n’est en aucun cas une explication. Car je ne compte pas me contenter d’affirmer, sur la base de mes sentiments personnels, que le Peuple Corse existe, mais je compte également le démontrer, de la façon la plus complète possible.
La définition de Peuple Corse passe aussi par la définition de notre identité. Bien entendu, il s’agit de définir de façon objective l’identité corse, sans pour autant sombrer dans le repli sur soi, ou le rejet (voire la haine) des autres, car contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, on peut très bien être fier d’être ce que l’on est sans pour autant rejeter ceux qui ne sont pas comme nous, et fort heureusement, c’est mon cas. À mon sens, une identité, c’est, à la base, le fait de ne pas être seul. C’est le fait de s’identifier à un groupe humain de quelque nature que ce soit. Et personne ne peut y échapper. On est tous obligé de s’identifier à quelque chose.
En l’occurrence nous parlons ici de l’identité corse. Question que nous pourrions relier avec la question du peuple corse. Car même si certains « beaux esprits éminemment intelligents » nient purement et simplement l’existence du Peuple Corse et de l’identité corse, et malheureusement en profitent pour nous salir et dire sur nous ce qu’ils ne peuvent pas dire sur les communautés qui ont la chance d’être reconnues, le Peuple Corse existe !
Bien sûr, certains pourront me rétorquer qu’en terme légaux, le peuple corse n’existe pas. C’est vrai que la loi française ne reconnait pas le peuple corse. Mais c’est vrai surtout que ce n’est pas à une loi de dire si on existe ou pas !
Bien sûr, on pourrait facilement me rétorquer que pour constituer un peuple, il faut être nombreux, et que dans le cas présent, il faut quand même reconnaître que nous ne sommes pas très nombreux, mais à cela, je répondrais ce qu’avait dit Ceccè Buteau, de Canta u Populu Corsu, lors du célèbre concert au Théâtre de la Ville en 1980, comme quoi, qu’« on ne compte pas un peuple comme on compte un troupeau de mouton. Il existe ou il n’existe pas. » Et je vais précisément vous démontrer que notre peuple existe, et pour commencer, il faut également définir certains paramètres indispensables.
Vers la fin des années 80, si mes souvenirs sont bons, avait été défini le principe de communauté de destin par les nationalistes, qui consistait à dire que toute personne vivant en Corse, se ressentant Corse au plus profond de son être, et partageant le dessein de la libération nationale. Certes cela peut, pour certains, paraître quelque peu restreint, mais c’est toujours un principe très ouvert, qui une fois de plus, tord le coup à ceux qui prétendrait que les nationalistes corses sont tous racistes, communautaristes, et ainsi de suite… Pour tout vous dire, je dirais, sans faire de prosélytisme, que le nationalisme corse est beaucoup plus ouvert que le nationalisme français, voire le nationalisme monégasque (où il faut un temps de résidence de cinq générations pour être naturalisé monégasque), ou encore beaucoup d’autres exemples que je ne connais pas. Un peuple se définie par une langue (on l’a), un territoire bien défini (plus défini que ça, c’est impossible), une Histoire (pas de problème), et une culture (on ne peut pas la nier), ainsi qu’une certaine mentalité. Voilà pourquoi, je peux affirmer à la face du monde (c’est un peu prétentieux, comme expression « à la face du monde », mais ça sonne bien) que oui, nous existons en temps que peuple.
Maintenant, suite à ce constat, il faut à présent ouvrir une réflexion approfondie, et mieux cibler un fait problématique lié à nous. Le fait que l’on ait essayé par le passé (un peu moins aujourd’hui), de nier notre identité et ses composantes. Pire encore, qu’on ait essayé par tous les moyens de nous faire oublier ce qui fait que nous sommes nous. Certes, il est toujours très facile de dire que c’est la faute des autres et pas la notre, mais si nous sommes tous fautifs, il faut quand même reconnaître que depuis l’invasion française, et jusqu’à très récemment, tout a été fait pour nous faire oublier qui nous sommes et ce que nous sommes, en utilisant conjointement la répression, le matraquage médiatique, et le lavage de cerveau scolaire…
Il s’agit maintenant de définir les mesures à prendre pour conserver notre identité.
Déjà, pour commencer, je pense qu’il serait nécessaire de rendre obligatoire l’enseignement de la langue corse à l’école dès l’école primaire. Certains me répondront que cette mesure n’est pas démocratique ; qu’il n’est pas démocratique d’obliger des gens qui ne veulent pas apprendre le corse à apprendre le corse. À cela, je répondrais deux choses : premièrement, ce serait le contrecoup de l’époque où le simple fait de parler corse en classe, était sévèrement puni ; et deuxièmement, rendre les cours de corse obligatoire, ce ne serait pas plus tyrannique que le fait que d’autres cours soient obligatoires… Ensuite, j’ai pensé qu’il nous faudrait, dans la même optique, faire en sorte que tous les papiers administratifs soient en version bilingue… Par la suite, il faudrait encore envisager d’autres mesures…
Bien que mon article s’arrête là, je ne mets pas fin à ma réflexion, car je pense que beaucoup d’autres choses seraient à dire à ce sujet, et même si pour l’heure je n’ai rien prévu de particulier, il n’est pas impossible que je revienne développer ce sujet.
* Il est prévu, en tous cas c’est en projet, car cela me tenait à cœur depuis déjà trop longtemps, que je crée prochainement un blog en corse, sur le même modèle que celui-ci, avec probablement le même genre d’article, voire, pourquoi pas, les mêmes articles, mais écrit en langue corse. Je vous tiendrais au courant, promis.