Salute à tutte è à tutti, vi pregu a benvenuta nant’à
u mio bloggu, sperendu ch’ellu
vi piacerà quant’ellu
m’hà
piaciutu di scrivellu.
Encore une fois, notre terre brule. Encore une fois, notre pays se retrouve ravagé par cette plaie que constituent les incendies. Encore une fois, notre antique patrimoine forestier multiséculaire que nous avaient légué nos anciens se retrouve anéantit, morceau par morceau, hectare par hectare.
Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 4.000 hectares qui ont été dévastés. 4.000 hectares ! Et toujours les mêmes scènes apocalyptiques de désolation, de végétation ravagée, de forêts centenaires assassinées. Toujours les mêmes images insoutenables de dévastation, de maquis calciné, d’arbres exterminés, et de villages détruits.
Aujourd’hui, c’est le petit village de Tavacu qui sous les proies des flammes, fut quasiment réduit à néant. L’antique village de pierre construit par la sagesse séculaire de nos ancêtres est aujourd’hui très durement touché par l’inconscience, la stupidité, et les desseins criminels de quelques uns.
Comment rester insensible face à tant de malheur ? Comment rester de marbre face à la détresse de notre terre ? Notre relation avec notre terre est si étroite, si viscérale, et si indéfectible qu’il est impensable que nous n’éprouvions rien face à ces désastres. Sans cela nous ne serions pas Corses.
Non, en vérité, il est impossible de ne pas ressentir, dans notre chair et au plus profond de nos Âmes comme un cri de douleur qui nous transperce le cœur, face à tant de malheurs.
Car ce n’est pas seulement un espace boisé qui brule ; ce n’est pas seulement un écosystème qui est détruit ; c’est toute une partie de notre héritage patrimonial, culturel et naturel qui s’en va rejoindre l’éternité ; c’est un de nos biens les plus précieux qui disparaît à jamais ; c’est une partie de la Corse, de notre Corse, qui se meurt.
Mais au-delà des blessures de notre terre et des meurtrissures de nos âmes ; au-delà des lamenti désespérés suscités par ces calamités, c’est également un sentiment de révolte qui est en nous. Un sentiment de révolte légitime face à cette adversité générée par la main criminelle, une main humaine, dont les desseins, quels qu’ils puissent être, ne peuvent en aucun cas excuser l’acte immonde.
Car il ne faut pas s’y tromper ; les incendiaires constituent authentiquement des ennemis de la Corse et du Peuple Corse. Nul ne peut le nier, et le mouvement national ne s’y est jamais trompé, dans sa lutte de libération nationale.
À l’heure où des promoteurs véreux (pléonasme !) ambitionnent de faire de notre pays un désert de béton pour le plus grand bonheur des spéculateurs les plus divers et mondains décadents, sacrifiant ainsi notre pays sur l’autel de leurs intérêts bassement matériels, la perte est d’autant plus grande et plus cruelle lorsqu’elle touche d’antiques forêts ancestrales, vierges de toute corruption humaine par l’argent, ou de vénérables villages gardiens de nos traditions les plus profondes, non souillées par l’écrasant rouleau-compresseur de ce que d’aucun appellent pudiquement la mondialisation, mais qui n’est en fait qu’une infecte lobotomisation des esprits en vue d’imposer une culture unique mondiale.
Aussi, en ces jours sombres durant lesquels notre terre a encore payé un très lourd tribut au feu assassin, et tandis qu’un sentiment de tristesse et de désolation est en chacun de nous, c’est un cri de colère, un cri de révolte que j’ai envie de pousser à l’encontre de ceux qui trouvent plaisir et bénéfice dans la destruction de notre Corse.
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