Il est des jours où mon humeur est maussade et qu’elle se fait ressentir sur mes articles (je présume que vous en savez quelque chose vous qui me lisez régulièrement, je ne vous en remercierais jamais assez). Et il est d’autres jours où, au contraire, mon humeur est beaucoup plus guillerette, beaucoup plus sereine. Naturellement, les vagabondages de mon humeur sont rarement sans rapport avec mon actualité à quelque échelle que ce soit.
Aujourd’hui est un jour qui répond sans conteste au second cas. La raison, en est toute simple, puisque découlant des trois derniers jours que j’ai passé à Corti, journées certaines exténuantes, car je ne m’arrêtas pas un seul instant, mais ô combien passionnantes et enrichissantes. Au-delà des multiples meetings politiques, ce furent indiscutablement les rencontres et discussions en tous genres qui constituèrent une authentique part active de ces journées, dont l’indiscutable point positif est que j’y récoltât assez de matière pour l’écriture de plusieurs articles (et l’indiscutable point négatif étant que consécutivement à ces journées, j’aurais bien aimé pouvoir trouver le temps de me reposer un peu avant de me mettre à les écrire, mais bon…).
Pour ce qui est de la tenue même des débats, cela commença le samedi à 10 heures et quelques par la présentation des différentes délégations étrangères. Outre nos habituels habitués, constitués par les délégations sardes, basques et catalanes, s’y trouvaient également les délégations de Bretagne, de Kabylie, de Kanaky, du Québec, et, bien entendu, de Guadeloupe (dont la présence fut tout particulièrement remarquée au vu du contexte récent.
Avec ces délégations constituées de nations sans état (c’est la terminologie), furent effectués des présentations de toutes nos situations respectives. Ainsi, appris-je sans surprise, que le harcèlement policier de toutes les minorités dans le monde, n’avait pas cessé en intensité.
Pour parler de quelques cas particuliers, j’ai été particulièrement touché par la situation de la Kabylie qui se trouve véritablement face à une authentique dictature qui leur nie jusqu’au droit de se prétendre différent (il y a quelques courtes années, la police a tiré sur une manifestation pacifique de Kabyles avec des balles explosives, faisant 126 mort ! En avez-vous seulement entendu parler dans les media, et ce en dépit du caractère internationalement illégal de ces balles ?) ; était invité à cet égard Ferhat Mehenni, l’un des piliers de la revendication kabyle, était présent (NB : saviez vous que le pouvoir algérien a fait assassiner son jeune fils il y a quelques années pour tenter de le faire taire ?)
La discussion avec la délégation basque nous apprit, outre que la torture continue de se pratiquer, que semblent s’être réactivées certaines structures barbouzardes telles le GAL. Ainsi m’a-t-on fait part qu’au moins un militant indépendantiste basque a mystérieusement disparu dans des circonstances inexpliquées (escadron de la mort ?)
Des discussions avec la délégation guadeloupéenne, je retins notamment qu’une manifestation pacifique datée de 1967 s’était soldée par de trop nombreux morts, la police ayant ouvert le feu sur les manifestants pacifique (preuve, s’il en est, que l’état français considère les Guadeloupéens comme des sous-hommes !), mais ce qui me plu tout particulièrement, ce fut l’évocation de leurs récentes réussites, et de leur marche (assurée), vers l’autonomie, en attendant mieux…
La délégation sarde éveilla tout particulièrement mon intérêt avec l’évocation d’un projet de centrale nucléaire en Sardaigne que l’état italien veut imposer au Peuple Sarde qui lui a pourtant déjà signifié son refus sur le sujet.
Le lendemain, le premier débat de la journée se déroula en langue corse sur la langue corse… Débat fort intéressant auquel j’eu l’honneur d’intervenir en mon nom propre pour défendre l’emploi et l’utilisation intensive de la langue corse (NB : aux esprits chagrins qui me feraient remarquer, à juste titre que le présent texte est écrit en français, je répondrais qu’il s’agit là d’un texte destiné à la communication internationale, et qu’un autre texte, en corse, est précisément en cours d’élaboration).
Assez vite, nous en arrivèrent au dimanche après-midi. Le « assez vite » est légèrement usurpé, car lorsque l’on s’affaire à droite ou à gauche à participer à organiser, il n’y a pas vraiment beaucoup de temps mort…
Là, après un débat commun, et l’invitation de plusieurs personnalités corses n’ayant pas nécessairement les mêmes sensibilités politiques.
Enfin, s’ensuivit le meeting proprement dit, l’intervention proprement dite de Corsica Libera. Le débat final fut véritablement lumineux, et de réelles perspectives d'avenir, sans ostracisme ni matricianisme furent évoquées. Les discussions furent beaucoup plus intéressantes que l’année passée, et l’on sentait une véritable unité au sein du mouvement indépendantiste enfin réunifié !
Point ne sera fait un résumé des débats, mais dès lors que les vidéos seront disponibles, je vous les communiquerais pour vous permettre de vous faire, à votre tour, une idée.
En guise de conclusion, je tenais à m’adresser à tous ceux et celles qui ont permit la constitution de Corsica Libera, et par là même la réunification du mouvement indépendantiste : « Cuntinuate cusì ! Ùn puderemu campà ch’è in l’unità ! Simu assai più belli è più gloriosi uniti ch’è staccati ».
