Mardi 24 juin 2008

Bona sera à tutti.

Il y a quelques temps de cela, j’avais, dans l’article intitulé, non sans ironie, « Empoussièrement », dénoncé très vivement la drogue, les ravages de la drogue dans notre belle jeunesse, précisant par là que la drogue, outre son impact sanitaire purement et simplement abominable que les médecins ne connaissent que trop bien, s’en prend à l’esprit de tout nos jeunes et moins jeunes qui la consomme, obstruant leur intelligence, et les écartant, dans le cas de notre jeunesse corse, de la réalité de la Corse, et de la nécessité de la lutte. Depuis lors, un très grand nombre de trafiquants se sont faits arrêter chez nous ou ailleurs, ce qui nous démontre que trop l’étendue du phénomène qui gangrène encore trop d’âmes. Et aujourd’hui même, c’est une ancienne figure du nationalisme, retirée du mouvement national depuis des années, dont je ne donnerais pas le nom ici-même pour préserver ce qu’il lui reste de dignité (si tant est que les faits qui lui sont reprochés étaient avérés), qui a été arrêté, non pas pour des actes de résistance, mais bien pour trafic de drogue. Certes il peut très bien s’agir d’une manipulation médiatique ou de tout autre acte similaire destiné à salir encore un peu plus notre communauté de destin, et à lire de nombreuses réactions de nombreux journaux français, cela fonctionne, mais si tel n’est pas le cas, si les faits qui sont reprochés à cet homme sont avérés, je tiens à affirmer solennellement ma condamnation de tels actes. Je ne soutiendrais donc pas ce monsieur, fusse-t-il ancien nationaliste, comme je ne soutiendrais jamais aucun vendeur de mort, qui n’ont rien à faire au sein de notre peuple.

 

A DROGA FORA

I TRAFICANTI, CORSI O NO, FORA

 

 

Cela dit, s’il s’avère qu’il s’agit d’un coup monté, d’une manipulation médiatique, et qu’il n’y a, en aucun cas, trafic de drogue, je reviendrais sur ma position et mon soutien sera acquis.

par Cumpà publié dans : Pulitiche
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Samedi 21 juin 2008

Je le confirme, car en plus, je ne tiens même pas mes promesses. Car je vous avais promis de vous tenir au courant au plus vite, et voilà que presque deux semaines plus tard, je reste sans vous donner de mes nouvelles. Umbeh ! Des fois je me demande comment vous faites pour me supporter…

Enfin bref, finalement, j’y suis allé, à Balistra, pas tout seul, d’ailleurs (que sinon, j’aurais eu du mal, que je n’ai pas de voiture). La route était très longue, et j’y ai vu nombre d’amis et de connaissances à divers titres, certains que je n’avais plus vus depuis longtemps, ce qui m’a donc fait plaisir… Mais il faut quand même bien le dire : mis à part ça, c’était plutôt ennuyeux, ce rassemblement. Il ne s’est rien passé de bien particulier.

Pour en revenir à tout ce que je devais vous dire la dernière fois, même si les nouvelles commencent à être vieilles et qu’il s’est passé autre chose depuis.

D’abord, vous parler de ce qu’il s’est passé à Bavella. Je présume que vous connaissez parfaitement Bavella… Alors pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un lieu, dans le sud de la Corse, où commence un sentier forestier à l’intérêt multiple : tout d’abord patrimonial, car on y trouve l’une des plus belles forêts de Corse, riche d’Histoire et plusieurs fois vénérable, et ensuite écologique, car ces arbres, des pins larici, constituent, outres une espèce endémique, un écosystème emblématique très important…

Et bien figurez vous que ces pins ont subit des dégradations volontaires, ont largement été entaillés de telle façon qu’ils n’auraient guère pu résister au premier coup de vent un peu fort… et ce n’est pas là la seule dégradation subie par le sentier de Bavella.

Je pense que l’on peut raisonnablement se demander qui est l’auteur de cet acte de pur vandalisme qui a consisté à s’en prendre, non seulement à notre patrimoine naturel, mais également culturel. Cela dit, il est vrai que tous les promoteurs immobiliers, qui aujourd’hui, bétonnent à tout va (et pas que la côte, même l’intérieur et la plaine), pour construire des bâtiments en pagaille dont je me demande bien quelle est l’utilité, puisque la population de la Corse n’augmente pas…

Bon, je sais très bien ce que l’on pourrait me répondre… On pourrait très bien me répondre de me mêler de ce qui me regarde, et qu’on ne peut pas rester à l’âge de pierre… Mais bon, quand on voit la frénésie de constructions actuelles, qui s’incrustent sur des terres qui ont toujours été agricoles jusqu’alors, on ne peut que déplorer que petit à petit, notre Corse soit de plus en plus défigurée par l’appétit des promoteurs et autres spéculateurs. Cela dit, il est vrai que la déploration (ou alors le déplorage), est quelque chose de passif, qui ne sert strictement rien, contrairement à quelque chose qui serait actif, qui servirait à quelque chose…

Sinon, il y a aussi tous les procès en cours, dont j’aurais aimé vous parler… Sans craindre de passer pour un idiot, il y a tellement de procès, en ce moment, que j’ai beaucoup de mal à suivre… Je viens tout juste d’apprendre que le verdict est tombé pour Pieri et Angelotti, qu’ils ont été condamnés à quelques années de prison, ce qui est quand même beaucoup quand on sait qu’ils sont condamnés pour racket… sans aucune preuve formelle qu’ils aient effectivement racketté quelqu’un, hormis la parole de celui-ci… Enfin bref… ça sens le coup fourré, la preuve en est que j’ai du mal à suivre…

Et puis, il y a aussi les 3 militants du Rinnovu, dernièrement acquittés, contre qui vient de tomber l’appel… Ils seront donc rejugés… Ce qui est grotesque (et encore, quand je dis « grotesque », c’est pour être poli) quand on sait qu’ils avaient été jugés une première fois pour l’incendie d’un bureau de l’Assemblée de Corse, et qu’ils avaient été acquittés parce qu’il avait été démontré qu’ils étaient innocents…

Enfin, je tenais également à vous faire part de mon impression, concernant le fameux rajout à la Constitution, comme quoi le Sénat était contre, et l’Académie Française aussi (mais pourquoi je mets des Majuscules à ces deux machins… je me le demande… peut être une mauvaise habitude…)… Pour ma part, je n’en attendais guère plus de ces deux antres du jacobinisme et de la prétention.

Comme vous l’avez peut être constaté, je ne m’en sort pas… Je n’arrête pas de m’embrouiller, aujourd’hui, et j’ai l’impression de ne pas être productif du tout… Je ne sais pas si poster ce message était vraiment une bonne idée… Videremu…

 

Di tutte manere, à a prossima…

par Cumpà publié dans : Attualità corsa
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Samedi 7 juin 2008

Oui, je vous l’affirme, c’est la vérité : je suis maudit !

La preuve : demain, il était prévu de très longue date que j’aille à Bonifaziu, très exactement à Balistra… mais oui, vous savez, pour la manifestation contre les spéculateurs (à ce titre, je vous conseille cet article http://cumpalliols.over-blog.com/article-17401976.html)... C’était prévu de longue date et j’ai toujours la ferme intention d’y aller… et bien figurez vous qu’aujourd’hui, je suis malade ! Rien de très grave, juste une grosse crise d’allergie, apparemment, et j’espère toujours pouvoir y aller demain, mais ça tombe franchement très mal.

C’est comme la dernière fois… vous savez, la manifestation à Aiacciu en janvier… mais oui, celle qui avait débouché sur l’occupation pacifique de l’Assemblée de Corse, sur diverses rafles et arrestations et sur cet autre article écrit par moi-même : http://cumpalliols.over-blog.com/article-15596636.html (oui, je sais, je suis un gros monta sega de placer au même niveau mon article avec l’occupation de l’Assemblée de Corse)… et bien figurez vous que là non plus je n’y étais pas… et pourquoi ? Parce que j’étais en visite de deuil ! (et, que vous me l’accorderez, je pouvais difficilement faire autrement).

Enfin, j’espère de tout cœur pouvoir venir demain, que comme ça, je pourrais vous raconter… on verra bien la portée de cette réunion.

 

Enfin bref, pour en revenir à l’actualité plus actuelle, il me faut aussi vous parler de cette inondation peu ordinaire (j’irais même jusqu’à dire « spectaculaire ») qu’il y a eu à Aiacciu il n’y a pas si longtemps. Tous nous avons été étonnés devant tant de dégâts, devant une telle montée des eaux. Et au dire des meilleurs spécialistes du changement climatique, le phénomène ne risque pas d’être exceptionnel, mais tendrait plutôt à devenir de plus en plus courant.

Pour ma part, encore que cette réflexion risque de ne pas plaire à tout le monde, je considère que les inondations d’Aiacciu ne sont pas uniquement due à un caprice de la nature, voire au changement climatique, mais également à une urbanisation anarchique et aberrante, quelque peu en dépit du bon sens, (encore que le mot soit faible). Ainsi, si j’ai bien remarqué, les bâtiments inondés à Aiacciu étaient tous des bâtiments neufs, construits pour la plupart il y a moins de vingt ans… Au-delà de l’impact paysager certain qu’ont ces bâtiments sur notre terre et sur notre patrimoine, il ne serait tmême pas venu à l’esprit, de ces éminents urbanistes et architectes que s’il n’y avait rien de construit à ces endroits, c’est bien pour une raison précise ! Les urbanistes et architectes, de même que la municipalité ont construits n’importe quoi n’importe où, à présent, ce sont les pauvres gens qui n’avaient pas les moyens de se loger ailleurs qui en payent les conséquences. Car soyez certains que tous les sgiò d’Aiacciu, responsables pour certains, de mauvais choix de gestion à l’origine de la situation actuelle… eux, ils sont bien tranquillement installés dans les quartiers bourgeois de la plus grande ville de Corse, ils s’en fichent des problèmes des ajacciens modestes qui en sont réduits à habiter des immeubles hideux construits en zone inondables.

Pour illustrer ma thèse comme quoi beaucoup de bâtiments neufs, ceux en bétons, sont construits sans respect pour la sagesse des anciens, je vous ferais remarquer que lorsqu’il pleut, même lorsqu’il pleut beaucoup, tout nos antiques villages et toutes nos antiques maisons bâties en pierre, sont indemnes : il n’y a pas, ou très peu d’inondation… en tout cas, c’est comme ça, chez moi.

 

Puisqu’on parle de la mauvaise gestion d’Aiacciu, il m’était impossible de parler aujourd’hui sans parler du tragique accident survenu à Aiacciu dont fut victime Pierre Coggia, militant du STC, décédé tragiquement, tombé par la fenêtre de l’hôpital, en voulant accrocher une banderole. Au-delà du drame, et à ce titre, je présente, quoique quelque peu tardivement, toutes mes condoléances à la famille et aux proches de Pierre Coggia, c’est la direction de l’hôpital d’Aiacciu qui est indirectement coupable de cette mort. Pourquoi ? Parce que leur gestion calamiteuse de cet hôpital fut à ce point catastrophique, que l’hôpital, lourdement endetté, avait prévu un plan de licenciement de 320 travailleurs (car il est bien évident que lorsque les patrons commettent des fautes graves de gestion, ce sont les employés qui en paient le prix), ce qui était à l’origine de cette grève, et ensuite parce que la direction, convaincu qu’elle était d’avoir parfaitement raison de s’en prendre à des gens qui ne faisaient que défendre leurs emplois, refusaient toute négociation, prolongeant ainsi la grève et l’état de fatigue général. Ainsi, il a fallut d’une mort pour que la direction scappe et que des négociations soient entamées… C’est très triste, mais malheureusement, avec le système actuel, c’est encore trop souvent comme ça.

À dumane (o dopu dumane) per a seguita di st’articulu, chì sta sera, sò troppu stancu per scrivellu sanu sanu.

par Cumpà publié dans : Attualità corsa
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Mercredi 28 mai 2008

Bona sera à tutti. Oghje, a ghjurnata, ben’che nivulosa, hè verramente stata calda. Pour la toute première fois de l’année (hormis bien sûr, quand je faisais du sport), je me suis mis en manches-courtes… De plus, j’ai de moins en moins d’allergies, signe que l’été s’approche…

Mais assez parlé de moi, ce n’est pas là le but de ce site.

Bref, pour en revenir à des considérations plus générales, comme je le disais, l’été s’approche, et de ce fait, approchent également d’autres choses moins joyeuses, comme la canicule, l’invasion des taons, et l’invasion des touristes. (Personnellement, je sais que c’est une peur irrationnelle, mais j’ai horreur des taons).

Pour parler d’évènements plus récent, je ne peux m’abstenir de parler des dernières arrestations dans le sud, et surtout, le manque total de synchronisation de la presse française ou corse (certains disaient que ces arrestations avaient pour alibi un attentat contre une structure hôtelière, d’autres encore, un mitraillage de bâtiments publics…). N’ayant pas (beaucoup) plus d’informations à ce sujet, je m’abstiendrais donc de faire part de mes commentaires.

Sinon, au milieu de tout le reste, il y a aussi les bonnes nouvelles. Ainsi, la relaxe de trois des quatre militants du Rinnovu qui avaient été mis en examen arbitrairement pour l’incendie du bureau d’Ange Santini ; mise en examen, je le rappelle, totalement fantaisiste, puisque là encore, le dossier était totalement vide (et d’autre part, il faudrait que l’on m’explique pourquoi il y avait une telle réserve d’alcool dans les locaux de l’Assemblée de Corse). Donc, je ne peux que saluer cette relaxe, en espérant que le quatrième, dont le procès a été reporté, sera relaxé à son tour. Je conclu sur ce point en saluant tout particulièrement Félix Benedetti (pourquoi lui ? parce que c’est le seul des quatre que je connaisse personnellement. Oui, je sais ; c’est injuste pour les trois autres, mais c’est comme ça !).

Comment ne pas parler non plus de l’exploit sportif réalisé par l’athlète Etienne Meloni, qui tout dernièrement, s’est lancé le défi « A Sfida », de parcourir, non-stop, la distance de Ersa (au nord au nord, pour ceux qui sont nuls en géographie), à Bunifaziu (au sud au sud), là où il habite. Cette épreuve, ce défi, pourrait être qualifié de marathon… si la distance à parcourir, 250 km, n’était pas beaucoup plus importante que celle d’un marathon. Il faut dire qu’Etienne Meloni n’en était pas à son premier exploit sportif. Ainsi, en 2006, il avait déjà réalisé, en crawl, le trajet Nice-Calvi (soit 52 heures de nage) ; et en 2004, il avait déjà fait un triple tour de la Corse (en courant, en nageant, et à vélo)… Je ne vois pas ce que je pourrais dire d’autre, hormis que je suis profondément admiratif (surtout que quand moi, je fais, seulement une heure de vélo, je suis fatigué après, alors…).

Il me fallait également vous parler de cette récente décision, à l’Assemblée nationale française, qui a valu que ces langues que l’on appelle « régionales » soit inscrites dans la Constitution française comme parties intégrantes du patrimoine français… et encore, cette décision a soulevé bien des oppositions ; ce qui montre à quel point le jacobinisme rétrograde français est encore très ancré dans les instances dirigeantes françaises, et au-delà, peut être même dans une partie de la société française… Pour ma part, cette décision me laisse quand même un arrière goût amer : car d’une part, il est profondément hérétique de considérer notre langue corse comme une langue « régionale » : et je considère qu’il est de mauvais gout, après avoir tout fait pour nous anéantir à tous points de vu, après avoir tout fait pour éliminer purement et simplement notre langue, la faire passer pour du « patois », de l’« italien dégénéré » ; à présent que presque plus personne ne parle corse, les hautes autorités éminentes de l’état français de France assimilent de force notre langue dans le patrimoine français ! Si au moins cette « reconnaissance » pouvait s’accompagner de mesures sérieuses en vue de sa sauvegarde (tels que l’apprentissage obligatoire à tous niveaux à l’école, ou encore une généralisation du bilinguisme) ; mais autant vous le dire franchement, je n’y crois pas trop.

Je tenais également à vous faire part d’une réflexion curieuse qui m’est venue récemment, lisant la presse française. Ainsi, j’ai appris que des militants basques avaient été arrêtés, et que déjà dans la presse, malgré des preuves plutôt ténues, on parlait déjà de membres d’ETA, sans aucune considération pour la présomption d’innocence. D’un autre côté, alors que pendant plus d’un mois, s’est tenu le procès d’un être que j’ai du mal à considérer comme un homme, considérant qu’il relève davantage du diabolique que de l’humain ; vous l’avez comprit, je parle de Michel Fourniret ; un être parfaitement démoniaque dont la culpabilité ne fait aucun doute, et qui fut très justement condamné aujourd’hui même à la réclusion criminelle à la perpétuité… et bien, sachez que ce matin même, j’ai entendu un journaliste parler de lui comme d’un tueur présumé ! Oui, vous avez bien lu, « d’un tueur présumé »… Drôle de système où la présomption d’innocence s’applique à des monstres, mais pas à des militants politique.

Enfin, je tenais à conclure mon article d’aujourd’hui par une nouvelle plutôt alarmante que j’ai appris en recherchant sur Internet des informations sur Etienne Meloni pour compléter mon article ; des informations qui nous viennent de Casabianda… vous connaissez, Casabianda, encore une nouvelle agression contre notre peuple que cette prison en semi-liberté qui accueille en grande majorité des pédophiles et autres dégénérés, alors que nos patriotes demeurent en déportation dans des prisons très dures… enfin bref, à Casabianda, il y a eu une évasion ; l’information vient d’Alta Frequenza :

 

« Un appel à témoin a été lancé par le juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Bastia afin de retrouver la trace d’un homme qui s’est évadé du pénitencier de Casabianda. C’est à l’occasion d’une permission de sortie que le détenu s’est fait la belle. Ce dernier n’est jamais revenu au pénitencier. Les faits se sont déroulés voici plusieurs semaines, mais n’ont été révélés qu’hier. »

 

Ce qui signifie donc qu’il y a un individu dangereux, peut être même très dangereux, pour nos enfants, en liberté sur notre terre (où il n’a rien à faire, de surcroit)… et qu’on nous l’a caché jusqu’à présent.

Je vous laisse seuls juges…

par Cumpà publié dans : Attualità corsa
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Dimanche 25 mai 2008

Comme je vous l’avais promis, voici, ici-même, une copie de différents projets du PADDUC que je considère personnellement comme hérétique, à la fois sur le plan environnemental, et sur le plan patrimonial. En outres, j’ai du mal à croire que de tels projets participeront à l’économie corse ; à l’économie de quelques manghjoni, peut être.

Je tenais également à vous préciser que je tiens ces informations de l’association U Levante, qui à bien des niveaux, fait un travail remarquable :

 

-          Aleria (Mare e stagnu) : 322 logements et hôtel de tourisme sur un espace remarquable

-          Prunelli di Fium’Orbu (Calzarellu) : 400 appartements, 2 hôtels sur un espace remarquable

-          Borgu (Marana-Pinetu) dans la pinède classée : 200 appartements, 30 villas, 1 hôtel, 100 mini villas soit plus de1000 lits sur un espace remarquable

-          Poghju Mezana : 140 logements sur un espace remarquable

-          Grossetu Prugna Purtichju : espace remarquable disparu et des travaux ont débuté pour un complexe touristique

-          Ulmetu : sur terres agricoles et espace remarquable ou coupures vertes : golf/villas/hôtel, résidences diverses

-          Coti Chjavari : disparition d’espace remarquable sur les cartes du PADDUC favorisant des constructions édifiées sans permis de construire

-          Siscu : L’espace remarquable au nord de la marine devient constructible

-          Lumiu : Une grande partie des espaces littoraux classés agricoles depuis 1979 sont classés urbanisables dans le PLU

-          Olmeta di Tuda : Complexe de grande envergure avec golf, projets de « villages » : village tropicalisé, village des golfeurs, village équestre et, tenez vous bien, « village corse » sur terres agricoles

-          Bunifaziu : Sperone, Piantarella, Balistra (nouveau golf et 5 zones constructibles), « Les Marinas » de Santa Manza, La Tonnara, etc.

-          Porti Vechju : 2 projets de golfs nouveaux, des complexes touristiques sur des terrains agricoles, un PLU pour 100 000 habitants non permanents

 

Voilà donc comment de Rocca Serra et ses complices bradent toute notre antique terre de Corse aux trusts et au gros tourisme de masse, non pas à l’échelle humaine, mais au contraire, totalement déshumanisé, et sans aucun bénéfice pour la terre de Corse et pour le peuple corse.

Il y a quelques années, Antoine Ciosi, un de nos plus célèbres chanteurs, (en tous cas un des plus prolifiques, avec plus de deux cents chansons à son actif), chantait une chanson, écrite par les frères Vincenti, chì s’intitulait « Chì fà ? », autrement dit ; « Que faire ? ».

Si la question paraît tout à fait indiquée, que l’on peut raisonnablement se demander ce que l’on peut faire face à un tel désastre, ce que l’on peut faire pour protéger sa terre des appétits spéculatifs, quand tous les recours légaux ont échoués ; je me garderais bien de répondre, si vous voyez ce que je veux dire…

par Cumpà publié dans : Pulitiche
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Vendredi 9 mai 2008

Pas plus tard qu’hier, je vous ai conté la tragique (mais néanmoins glorieuse) bataille de Ponte Novu, au cours de laquelle la destinée de la jeune nation corse démocratique, et surtout, indépendante, s’est jouée contre un état colonial et absolutiste. La bataille, commencée le huit mai, s’est achevée le neuf, (mais pour des raisons pratiques, nous préférons la commémorer le huit, puisque, par un singulier hasard du calendrier, c’est férié). Ainsi, c’est le neuf mai qu’à retenu le groupe « I Voci di a Gravona » pour sa magnifique chanson « Novi di maghju », retraçant avec puissance et émotion les évènements de Ponte Novu.

D’une certaine manière, le mois de mai, mois au cours duquel s’est déroulée cette bataille décisive, revêt également, une symbolique particulière. Il s’agit du mois où la nature, réveillée de son sommeil hivernal au cours des deux mois précédents de mars et d’avril, s’épanouit dans toute sa splendeur, déployant tout son arsenal de fleurs, prémisse à un été où naîtront les fruits. Et puis il ne faut pas non plus oublier que c’est généralement un mois où la chaleur revient (j’ai bien dit « généralement » ; surtout ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit), assez douce, pas encore suffocante comme elle peut parfois l’être en juillet ou en août.

Bref, tout ça pour dire que le mois de mai symbolise, d’une certaine manière, le renouveau.

Pour ma part, je trouve qu’il est profondément triste que ce renouveau ne fût pas celui de la Corse à l’époque.

D’ailleurs, le mois de mai est souvent évoqué en filigrane, dans les chansons corses. Ainsi, dans la fameuse et brillante chanson « Sò elli » de l’Arcusgi, le mois de mai évoque, d’une certaine manière, l’éclosion, voire le renouveau, du combat nationaliste (ce que l’on peut peut être corréler avec le fait que le FLNC est né le 5 mai). La non moins célèbre chanson des Chjami Aghjalesi « Culore di maghju », extraite de l’album réalisé en duo avec e Duie Patrizie, assimile également le mois de mai au renouveau, mais d’un renouveau entravé par la répression et la prison.

Mais mai est également un mois trompeur. Car c’est un mois souvent très changeant où le froid peut revenir, surtout si le mois d’avril a été particulièrement doux. Ainsi, je citerais le fameux proverbe « Nè pà maghju, nè pà maghjonu, ùn ti caccià u to pilliccionu ! ». En outre, pour qualifier un temps incertain, on parle toujours de « tempu à chjarasgie » (littéralement « temps à cerise », et si vous vous rappelez bien, en quel mois elles sont, les cerises ?). En outre, on dit également que les mariages de mai sont voués à l’échec (est-ce une allusion au fait que le mois de mai est trompeur ?)

Pour finir cette petite réflexion qui n’était pas (trop), dénuée d’intérêt, je conclus sur une citation, qui pour une fois, n’est pas d’un auteur corse mais d’un auteur anglais, très connu, un certain Tolkien, qui dans son œuvre, faisait dire à l’un de ses personnages : « Joyeux est le mois de mai, mais nous tournons le dos aux légendes et rentrons chez nous ». (cette citation n’est pas gratuite, car l’un de mes projets les plus fous serait de parvenir à écrire un roman, en langue corse, voire bilingue, un peu dans le même style que « Le Seigneur des Anneaux », mais en l’adaptant à la Corse avec tous les mythes corses et les légendes corse… videremu, que pour le moment, je n’ai même pas le commencement d’une idée…)

À prestu.

par Cumpà publié dans : Tradiziunale
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Jeudi 8 mai 2008

Per a seconda volta di a ghjurnata, salut’à tutti... Après être resté près d’un mois sans vous donner de nouvelles, il était parfaitement normal que je me rattrape, en écrivant coup sur coup, deux articles... Non ?

Aujourd’hui, c’est le 8 mai. Et c’est aujourd’hui que nous commémorons l’anniversaire de la défaite de Ponte Novu, le 8 et 9 mai 1769, deux jours qui marquèrent à jamais le destin de la Corse (je préfère ne pas dire « qui scellèrent à jamais », car j’ai toujours en moi de l’espérance), deux jours qui sonnèrent le glas de la jeune démocratie corse face à l’absolutisme précolonial français.

Comme ce triste épisode de l’Histoire de la Corse est fondamental, il m’a parut essentiel, primordial, même, avant même que je ne monte aux cérémonies de commémoration, vous décrire ce qu’il s’y est passé…

Je ne reviendrais pas sur le fait que de 1755 à 1768-1769, la Corse fut non seulement indépendante, mais également l’une des premières démocraties moderne ; ça je l’ai déjà dit.

Pas plus que je ne reviendrais sur le fait que Gêne, n’étant plus en mesure de continuer la guerre contre nos armées, pour maintenir son illégitime tutelle, fit appel à la France pour envoyer sur place ses troupes (à ce titre, je rappelle qu’à l’époque, la France avait les armées les plus puissantes du monde… quand on voit ce qu’il en est aujourd’hui, on se dit qu’ils sont tombés bien bas), pour anéantir l’appétit de liberté du Peuple Corse… une marée humaine de soldats français fut alors vomie sur nos côtes, dans le seul but d’écraser les Corses… Les Corses, en très nette infériorité numérique, et nettement moins entrainés qu’une armée de métier, se démarquèrent entre autres choses par leur bravoure aux combats ; ainsi, je ne peux que rendre hommage à Ghjacumu Casella, qui défendit à lui tout seul, la tour de Nonza, dans le cap ! Comment ne pas parler également de la bataille de Borgu, qui fut, en 1768, une superbe victoire du Peuple Corse sur l’armée française, malgré de fortes différences entre l’équipement, les effectifs, et l’entrainement des deux belligérants.

À la suite de cette brillante victoire qui résonnait comme un camouflet dans les hautes sphères du pouvoir français de l’époque, le chef des armées françaises, le marquis de Chauvelin, fut remplacé par le comte de Vaux, et la guerre devint véritablement féroce ! Les soldats français avançaient vers l’intérieur, détruisant tout sur leur passage, ravageant des villages entiers, brulant des maisons, massacrant des femmes, des enfants, de vieillards, détruisant des châtaigneraies, des oliveraies… la guerre dans toute son atrocité, et qui me fait quelques fois penser au calvaire que vécurent les Lakotas (Indiens d’Amériques) face aux colons…

Face à cette avancée des troupes françaises, les Corses se battaient avec toute l’énergie du désespoir, subissant de très lourdes pertes humaines, pour contrer l’avancée des bouchers de de Vaux. L’énergie déployée par les patriotes corses était telle qu’en un peu moins d’un an, les armées royales françaises, qui se déplaçaient vers Corti, n’avait guère fait plus de quelques kilomètres. Mais on ne peut Puis, tandis que les armées françaises progressaient vers l’intérieur, ravageant tout sur leur passage, les positions corses cédaient les unes après les autres. Ainsi, peu de jours avant la date fatidique du 8 mai, les positions de Lentu et de Canavaghja étaient tombées aux mains des français. Il restait à défendre le passage du fleuve, le Pont dit de « Ponte-Novu », dépendance du village de Castellu di Rustinu. À ce titre, le Général de la Nation, Pasquale Paoli, réunit toutes ses armées à proximité du pont, se préparant au pire, face à trois armées françaises, très supérieures en nombre. Mais ce n’était pas encore le pire, car c’est alors que certains officiers corses se mirent à trahir, appâtés par l’argent français. Ainsi, le commandant Rafaelli, au lieu de rejoindre Ponte Novu, demeura inexplicablement à Cannavaghja, tandis que, plus grave encore, le général Gaffori, qui dirigeait l’aile droite de l’armée corse, au lieu de se rendre à Lentu et à Bocca à Tende pour barrer le passage à l’armée française, était resté à Ponte Leccia, où il n’y avait aucun combat à attendre ! (trahison confirmée par la suite lorsque Gaffori se rallia à Louis XV).

Puis dans la journée du 8 mai, une première vague française attaque Ponte Novu. La lutte s’engage, et les patriotes corses sont victorieux… Mais hélas, les patriotes n’avaient fait que repousser le premier assaut, car peu de temps après, le gros des troupes françaises, guidées par le traître Grimaldi, qui avait ouvert aux français le passage de Cannavaghja, assaillirent le pont, suivis peu après par les cavaliers et les canons du comte de Marbeuf, sous-chef de de Vaux. Les commandants corses, voyant leur immense infériorité numérique et matérielle, commandèrent la retraite, mais, l’arrière-garde des patriotes corses, des mercenaires prussiens commandés par de Gentile, qui avaient reçu l’ordre de ne reculer sous aucun prétexte, continuaient d’avancer…

Le neuf mai, au matin, c’était la débâcle. Cette triste bataille fut un carnage sans nom, qui fit plusieurs milliers de morts dans les rangs corses ; de fiers patriotes corses ardents défenseurs de leur liberté et de leur patrie perdirent la vie, et de leur sang, teintèrent les eaux du fleuve en rouge, emportant avec eux les grandes espérances d’une nation vaincue.

Devant un tel massacre, Pasquale Paoli, conscient qu’il ne pouvait plus continuer la guerre face à tant d’injustice, fit cesser les combats et partit en exil pour l’Angleterre. Les français prirent Corti peu de temps après. Venait alors de commencer une nouvelle période de l’Histoire de la Corse, faite de sang, de deuil de douleur, de tristesse et de désolation.

Voltaire dit de cette bataille : « Le courage des Corses fut si grand qu’ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de charger derrière eux et leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On ne voit de telles choses que chez les peuples libres. »

 

C’est pour cela que tous les ans, nous commémorons la bataille de Ponte Novu, et que jamais, jamais nous n’oublierons le calvaire de nos ancêtres qui se battirent pour leur liberté.

 

« O Corsu, ùn ti scurdà di a to storia ; ùn ti scurdà di Ponte Novu. »

 

Sè tù passi pè isse sponde

Pensa à salutà la croce.

 

Qui sò cascati l’antichi

Cantendu à alta voce.

 

Pè difende a liberta

Contr’à u francese feroce.

par Cumpà publié dans : Storia
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Jeudi 8 mai 2008

Je pense qu’on peut le dire, je suis resté très longtemps sans poster, cette fois-ci… Oui, on peut le dire… Oui oui qu’on peut le dire… Mais rassurez-vous, j’existe toujours. Je ne suis pas mort, je ne suis pas malade (encore qu’aujourd’hui, je me suis prit une belle crise d’allergie, à aller couper l’herbe hier pendant une heure (j’aurais coupé plus longtemps si je n’avais pas eu d’allergie), je suis toujours en liberté (j’ai échappé à cette vague d’arrestation qui a récemment secouée notre île)… en bref, je suis de retour.

Alors, aujourd’hui, depuis la dernière fois que je vous ai écrit, ou plus exactement parlé, il s’en est passé des choses (et il n’y a rien que de très normal, que la dernière fois que j’avais écrit, c’était il y a un mois). Tout d’abord, la reprise des rafles et des déportations d’une dizaine de jeunes corses, accusés « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », évidemment ; le fameux chef d’accusation fourre-tout que nous ne connaissons que trop bien. Et il ne fait aucun doute, dans mon esprit, que ces jeunes corses, désireux de défendre leur terre et leur identité, risquent fortement de passer les prochaines années en prison, pour rien… Et pendant ce temps, un directeur d’école primaire de Bunifaziu a été arrêté pour avoir violé sa propre fille, mineure, pendant des années, et vous allez voir que ce salaud (j’aurais bien mit des mots pires, mais j’ai peur que ça ne passe pas) va s’en sortir avec quelques maigres années de prisons, et pourra donc recommencer à sa sortie… La justice française n’a de Justice que le nom.

En outre, il y a aussi, toujours à Bunifaziu, la reprise de la spéculation immobilière et de la dépossession foncière avec Séguéla, qui tient à tout prit à se construire un palais à Bunifaziu, même si pour cela, il lui faut bétonner et détruire un espace protégé. Finalement, le tribunal a donné raison aux bétonneurs milliardaires, au détriment des défenseurs de l’environnement et de la Corse, mais bon, vous savez comment on dit : « Cù i soldi è l’amicizie, si torce u nasu à la ghjustizia » (traduction : avec les sous et les amis hauts placés, on tord le nez à la justice)… Cette affaire ponctuelle, quoique très médiatisée ne doit pas nous faire oublier le PADDUC tel qu’il est conçu par de Rocca-Serra et ses amis, qui, prévoyant une vaste bétonisation de notre terre au profit exclusif du secteur touristique et de la jet-set, passant au passage par la réduction comme peau de chagrin des espaces naturels protégé, est une véritable hérésie, aussi bien environnementale, que patrimoniale (destruction d’espaces remarquables ancestraux), sociale (puisque seul les privilégiés en profiteraient), et légale (la loi littorale totalement ignorée), et bien entendu serait profondément néfaste pour la Corse et les Corses, si un tel document venait à être appliqué, pour le seul bénéfice de monsieur de Rocca-Serra, maire de père en fils depuis des générations, et de ses amis plus hauts placés. Contre un tel système reposant sur l’assistanat et le clientélisme, la Justice est parfaitement impuissante, quoique nous soyons dans notre bon droit à contester les puissants… Pour parler franchement, il semblerait que les recours légaux soient épuisés pour faire entendre notre voix, et il semble même très fortement que je ne sois pas le seul à penser cela, si vous voyez ce que je veux dire… (Prochainement sur ce site, une copie de quelques éléments du PADDUC, que vous mesuriez de vous-même l’ampleur des dégâts).

Sinon, à part ça, il y a aussi quelques bonnes nouvelles, en particulier l’affaire Kebe, (voir un de mes précédents messages), où finalement, les points sortis au SCB lui ont été restitués, et ce n’est que Justice, après tout, si vous vous rappelez de ce que j’avais dit à ce sujet…

Je conclurais ce message par cette nouvelle que j’ai apprit hier, comme quoi, les gendarmes ont voulus prendre l’ADN à toute une station de radio, RCFM ! Umbeh ! Je dirais presque que ça se passe de commentaires, comme l’arrestation de Stéphane Colonna parce qu’il photographiait la prison où est enfermé son frère… Il y a vraiment une grosse différence entre les policiers français, et ceux des séries américaines qui fleurissent en ce moment…

Aller, à vedeci, mà micca per troppu tempu…

Mon prochain article, que je vais écrire aujourd’hui même, sera consacré à la bataille de Ponte Novu, et j’ai intérêt de me dépêcher de l’écrire, si je veux avoir le temps libre cet après midi, pour me rendre à Ponte Novu pour la commémoration.

par Cumpà publié dans : Attualità corsa
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Jeudi 10 avril 2008

Bona sera à tutti. À la demande d’Albert, l’un de mes commentateurs, j’ai introduit l’option « Newsletters » dans ce blog. Donc si ça vous tente, servez vous, inscrivez vous, et surtout, commentez mes articles (même si c’est pour critiquer).

Sinon, dans l’article d’aujourd’hui, en toute honnêteté, je dois vous avouer que je n’ai rien préparé de bien spécial. Je n’ai rien de spécial à vous dire, mais je vais quand même essayer.

Pour commencer, si vous vous rappelez de mon précédent article, dans lequel je parlais de la drogue, et que je déplorais son usage répandu, j’ai une excellente nouvelle à vous annoncer, c’est que depuis la dernière fois, une dizaine de dealers ont été arrêtés, sur notre belle île. Dix de moins, c’est déjà ça. Maintenant, là où c’est effectivement problématique, c’est que ces gangsters ont été incarcérés d’office à Borgu, où parait il, il n’y a aucune place, en tout cas, c’est ce qu’on nous raconte comme alibi au non-rapprochement des prisonniers politiques, qui subissent la double peine de l’incarcération et de la déportation, parfois additionnée à une triple peine financière. Je suppose que c’est pour nous parler de cela que madame Alliot-Marie est si gentiment venue nous rendre visite.

De sa visite, parlons en, également ; elle est venue hier, elle a fait quelques visites, elle a rencontré quelques personnes, et elle est repartie… Je ne vois pas ce que je peux en dire de plus… quelques déblatérations habituelles, vides de sens, dans la plus pure lignée de la déclaration-politique-française-à-l-égard-de-la-Corse, sans compter l’inévitable leitmotiv, comme quoi, il paraît que le rapprochement des prisonniers politiques est en cours… Ah bon ?…Ce n’est pas cette visite qui restera dans les anales… euh, scusate… dans les annales (je vous le jure, c’était involontaire).

À noter également l’arrestation de maître Mariaggi sous un faux prétexte. Certes, il est toujours facile de dire que l’arrestation est sous un faux prétexte, et j’en vois déjà, d’ici, les futurs anti-corses, arrivés par hasard sur mon site, qui bien protégés par l’écran de leurs ordinateurs, pourraient me rétorquer qu’il est bien connu que tous les Corses sont innocents… et bien, contrairement à ce que vous pourriez supposer, je ne prendrais même pas le temps de leur répondre, car je n’ai pas que ça à faire…

Sinon, pour en revenir à l’arrestation de maître Mariaggi, je pense qu’il s’agit effectivement d’un coup monté, car en effet, cet avocat fut conjointement le défenseur des prisonniers du Rinnovu, lors de l’affaire de l’occupation de l’Assemblée de Corse (voir à cet égard, l’article que j’avais écrit à ce sujet), et qui à ce titre, avait été molesté par les CRS qui avait fait irruption dans le tribunal (véridique !), en balançant des grenades lacrymogènes (véridique aussi !!), et partie civile pour le procès des maffieux impliqués dans le meurtre de Nicolas Montigny, et qui ont véritablement écopés de peines plus que légères… Je sais que c’est peut être excessif, mais il est quand même bizarre qu’un homme, qui s’était attaqué conjointement à la répression coloniale, et à la maffia se retrouve d’un coup dans le collimateur de la justice (« j » minuscule, s’il vous plait), mais bon, cela ne me surprend pas.

À prestu…

par Cumpà publié dans : Attualità corsa
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Jeudi 3 avril 2008

Bonghjorn’à tutti, dop’à’ssa longh’assenza, sò di ritornu, per almenu un’articulu : quessu.

La dernière fois que je m’étais exprimé sur ce blog, c’était… Eh ! C’était il y a au moins deux semaines ! Piombu !

Et depuis, plus rien. Nunda nunda. On dirait que mon blog tend à s’empoussiérer

Mais autant vous le dire franchement, si je suis resté muet tant de temps, c’est aussi parce que je n’ai pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Certes j’aurais pu parler de l’actualité, après tout, il y en a eu, des faits marquants, récemment ; de la répression coloniale au Tibet (dont j’ai parlé dans mon autre blog), à la semaine sainte (dont j’ai également parlé dans mon autre blog), en passant par la grotesque arrestation de Stéphane Colonna, coupable de… aller, essayez un peu de deviner… de… d’avoir prit des photos de la prison où se trouve son frère ! Non mais quel crime abominable ! Décidément, les forces de répression (pour ceux qui ne seraient toujours pas habitués à mes expressions, je parle là des forces de l’ordre, enfin, quand je dis « ordre », c’est une manière de parler) n’ont pas peur du ridicule ; et heureusement que le ridicule ne tue pas… Enfin, si je me permets de sourire de la bêtise des fonctionnaires de police qui l’ont arrêté, c’est uniquement parce qu’il a vite été libéré…sinon, je râlerais, avec la ténacité cumpallienne que vous me connaissez.

Quant aux décevantes élections municipales, rien de spécial à en dire ; comme je l’avais prévu, les clans sont restés en place, même si l’on ne peut que se réjouir du fait qu’ils aient quand même tremblé à Purti Vecchju. (Désolé Paul Krent, il n’est pas à proprement parler prévu que je m’attarde sur Venacu, mais si toi, tu veux écrire un article, rien ne t’en empêche, tu n’as qu’à le mettre en tant que commentaire, et je m’occupe du reste).

Sinon, je tenais également à vous parler, sur un ton beaucoup moins trivial, d’une chanson du groupe l’Albinu, reprise dernièrement par le groupe l’Abbrivu ; cette chanson, s’appelle Sciringa. Bon, j’en vois déjà qui se moquent de moi, qui disent qu’il était temps que je la découvre, cette chanson, étant donné qu’elle est sortie pour la première fois en album (qu’à l’époque, on appelais 33 tours), en 1987. Et bien moi, je vous répondrais que je fais comme je peux, moi aussi… et puis j’ai pas que ça à faire d’écouter de la musique ; je travaille, moi aussi (enfin, des fois…).

Bref, Sciringa, moi, je ne savais pas ce que voulais dire ce mot… On ne va quand même pas en faire toute une histoire, même pour quelqu’un, comme moi, qui parle bien le corse, je ne peux pas connaître tous les mots ; quant à prétendre que vous, (ainsi que moi, d’ailleurs), vous connaîtriez tous les mots corse, voire tous les mots français, je considère que cela relèverait du prosélytisme-œcuménique-substantiel-structuraliste de base (si quelqu’un a une idée de ce que ça veut dire, merci de bien vouloir me l’apprendre).

Bref, pour en revenir à la chanson Sciringa, je dirais, pour être tout à fait exact, que je l’avais plusieurs fois déjà écoutée, aussi bien la version originale que la reprise, et que, porté par la mélodie et la musicalité des mots, je n’avais jamais vraiment écouté ce que disaient vraiment les paroles, quoiqu’il m’avait toujours semblé que cette chanson était triste (mais très belle).

Il y a quelques temps, je me suis penché en vrai sur les paroles, avec le texte sous les yeux, et, lisant clairement ce qu’il y avait écrit, j’ai enfin comprit, non sans horreur, de quoi parlait réellement la chanson.

Si le premier couplet peut sembler généraliste, le second couplet, qui commence, par « quella pulveretta bianca ind’e lu sachitellu, durante una stonda ti face sunnià » (pour ceux qui ne comprennent rien au corse, voici l’équivalent en français, et non pas la traduction littérale : cette poussière blanche, dans le sachet, pendant un instant, te fait rêver, quoique ce soit moins poétique en français), puis plus tard : « mà sopr’à tutti li tuvoni di li to bracci, ùn sai quanti manghjoni si lascianu ingrassà » (mais au-delà de tous les trous de tes bras, tu ignores combien d’ordures (ce n’est pas la traduction exacte du mot, mais j’adapte) s’enrichissent) ne laisse guère de place au doute quant à savoir de quoi parle cette chanson : elle décrit (et dénonce) tout l’enfer de la drogue, qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, fait bien des ravages, dans notre belle île ancestrale, contribuant ainsi à enrichir toute une clique de gangsters et maffieux, sans âme et vendeurs de mort, qu’il nous faudra bien, un jour ou l’autre, combattre. Mais au-delà de ma condamnation solennelle des trafiquants de drogues, il faut également se demander pourquoi certains jeunes sont à ce point tentés par les paradis artificiels, qui se révèlent en fait être un enfer réel ? Pour faire comme les copains ? Pour passer pour des durs ?, Ou pour fuir une réalité devenue insupportable ? Mais dans ce dernier cas, quelle est donc cette réalité si insupportable ? Ne vivons nous pas sur une terre idyllique, riche en traditions ancestrales et en patrimoine, forte d’une histoire glorieuse, plusieurs fois conquise, jamais soumise, et qui toujours continue de se battre, pour maîtriser, plus que jamais, les rennes de son destin ? Certes l’on peut penser qu’il existe, sur cette terre de Corse, de nombreux points négatifs, comme la disparition souhaitée par l’Etat français, de notre culture, l’augmentation du coût de la vie, l’absence de projets à long terme, la dépossession immobilière, la bétonisation littorale, l’urbanisation effrénée non contrôlée des villes, l’exil, en France, de nombreux Corses, la fraude électorale massive, qui accompagnée par un clientélisme forcené, maintient le clan au pouvoir, sans aucune perspective d’avenir, la répression coloniale effrénée (qui comme par hasard, rechigne à s’en prendre aux gangsters, maffieux et trafiquants de drogue, alors qu’elle emprisonne de nombreux défenseurs de la Corse ; pas de problème, on a très bien comprit de quel côté se trouvait en réalité ceux qui se prétendent « les forces de l’ordre »)… Mais justement, puisqu’il y a tant de problèmes, pourquoi, au lieu de les fuir dans l’enfer de la drogue, ne pas les affronter en face, en vue de construire une Corse meilleure ? Il y a tant de choses à faire pour faire de notre pays un véritable paradis, pourquoi rester inactif ? C’est la question que je pose.

Cependant, la chanson Sciringa (au fait, j’ai cherché, Sciringa, ça veut dire « seringue », évidemment), se termine sur une note plus optimiste : « À’ssa manu tesa contr’à la to morte, u spinu ùn li girà » : littéralement : ne tourne pas le dos à ceux qui te tendent la main pour échapper à la drogue, et ainsi, à ta mort. Exactement ce que j’ai dit.

par Cumpà publié dans : Pulitiche
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