Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 14:40

En ces jours de février, la neige et le froid règnent sur la Corse. Malgré la beauté réelle des paysages sublimés par l’harmonie blanche, les dégâts causés par les perturbations neigeuses est de nature à impacter le fonctionnement socio-économique de la Corse, tant certaines de nos infrastructures sont vétustes. Et que dire encore des personnes, humaines, qui meurent encore de froid dans nos pays occidentaux, auto-qualifiés de « civilisés » (n’est-ce-pas, monsieur Guéant ?)

Tout est relatif, certes, mais il n’est pas – pas encore – interdit de penser, de méditer, de réfléchir à de multiples sujets fondamentaux de l’existence humaine qu'il est habituel, pour ces messieurs qui nous dirigent, de considérer comme donnée parfaitement négligeable de peu de valeurs, au regard de ces maîtres-mots que sont les intérêts et les profits.

C'est en ces circonstances que me vient à l'esprit maints souvenirs historiques de cas similaires. Le plus évident à mon esprit concerne ce que l'on a appelé la « Grande Guerre », puis, plus communément par la suite, la « Première Guerre Mondiale », lorsque survint la seconde, et le sort particulièrement injuste et atroce qui fut fait à ces millions d’hommes, mobilisés pour la gloire des uns et des autres (demeurés à l’abri), pour sauver une Patrie qui n’était pas forcément la leur, sacrifiés sur l’autel de la toute-puissante raison d’État.

 

Ainsi, de mon point de vue, la Grande Guerre fut conjointement le triomphe des massacres monumentaux, l’inutilité de la Raison, la faillite du commandement, et surtout, l’échec même de la guerre.

Lorsque l’on en connaît les raisons originelles de cette guerre (les jeux des alliances entrelacées entre tous les chefs d’état de l’époque), on ne peut qu’éprouver un sentiment profond de compassion pour tous ces soldats qui y étaient engagés de force (la plupart n’étant absolument pas volontaires, quand bien même certains y partirent « la fleur au fusil » comme se plut à l'exalter la propagande de l’époque) et les récits des atrocités, témoignages de nos anciens ne sont que trop présents pour rappeler à quel point cela fut l’enfer sur terre. L’incompétence des généraux, et le peu de cas qui fut fait des vies humaines heurte considérablement l’idée que j’ai de l’Humanité.

Comment ne pas avoir le cœur resserré lorsque l’on pense à tous ses hommes qui passèrent des journées entières dans ses tranchées atroces, pouvant mourir à tout moment, tout en sachant que leur sacrifice ne pourrait au mieux que leur permettre de gagner quelques dizaines de mètres !

L’absurdité d’une telle situation fait ressortir à quel point le prix de la vie humaine fut à ce point tenu pour quantité négligeable pour tous ces décideurs demeurés quant à eux bien protégés au chaud dans leurs logis. Sans compter tout ces « fusillés pour l’exemple », qui ne voulaient tout simplement plus exécuter les ordres aberrants et mortifères qui leur étaient donnés, quand ils n’étaient tout simplement pas tirés au sort pour être tués pour intimider ceux qui subsisteraient.

 

En Corse, particulièrement, la saignée fut terrible. Jacques Gregori avait évoqué en 1975, le chiffre de 20.000 morts ou disparus. Je ne sais ce que vaut ce chiffre, qui me paraît parfaitement énorme, mais il est clair qu’avec cette guerre, la Corse fut presque entièrement vidée de toutes ses forces vives, ce qui contribua au moins en partie à la ruine de nombre de villages de « l’intérieur ».

Au delà même de ceux qui eurent la chance de survivre à la guerre, comment ne pas penser également à tous ceux qui en revinrent blessés, mutilés à vie, avec mille lots de souffrances atroces perpétuelles. Sans oublier bien sûr le traumatisme vécu, gravé pour toujours dans l'esprit de chacun de ces soldats, quand bien même eurent-ils la chance de revenir physiquement indemnes du conflit.

 

L’absurdité de la mobilisation forcée est d’autant plus éclatante lorsque l’on sait, effectivement, que les permissions étaient deux fois moins fréquentes pour les « appelés » corse que le chiffre national, et que furent souvent mobilisés des hommes en charge de familles parfois nombreuses, jusqu’à des âges parfois avancés pour l’époque.

Je ne parlerais pas ici de génocide,car il n’y eut à aucun moment une volonté d’extermination de tout un peuple par le biais de ces combats, mais je n’en suis pas loin, car si les intentions étaient différentes, les conséquences furent quasi-similaires.

Cependant, il est indéniable qu’en sabotant sciemment tous les secteurs de l’économie de l’époque (en Corse comme ailleurs, ne faisons pas de kyrnocentrisme qui ici ne serait pas pleinement justifié), et en détruisant tant de familles pour résoudre un conflit entièrement né des jeux des alliances entre têtes couronnées et politiciens, les instigateurs de cette guerre portèrent un coup très lourd aux peuples quels qu’ils soient, et les dommages causés n’en finissent pas d’avoir des répercussions encore aujourd’hui.

 

Je clos ici mon texte, je sais que je pourrais disserter des heures et des heures sur le sujet, non sans un dernier hommage, une dernière pensée, à tous ces hommes, qui étaient des hommes avant d’être des soldats, qu’ils fussent héros ou simplement martyrs, sacrifiés sur l’autel absurde de la logique d’État, considéré à un titre pire que du bétail conduit à l’abattoir.

Ch’e vo ripusate in pace per l’eternità !


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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 10:58

« La vraie puissance, c’est de savoir refuser la puissance ». Cette phrase, présente dans un livre de Jean-Paul Sermonte, je l’ai lue pour la première fois il y a presque vingt ans, et déjà à l’époque, je n’étais que trop pleinement conscient de la valeur de ces quelques mots.

Qu’est ce que la puissance ? Qu’est ce que le pouvoir ? Pour moi, la puissance est avant toute chose une notion comparative. L’on est puissant qu’à partir du moment où l’on peut faire ce que les autres ne peuvent.

Il s’agit donc de la consécration de l’égoïsme.

 

Mais à ce stade, c’est toute l’humanité qui est concernée. Ce n’est pas tant le désir de faire bien que le désir de faire mieux. Mieux que les autres.

Car, quelque soit le contexte, si le désir de faire bien, voire très bien le travail dont on est chargé est louable, le désir de faire nécessairement mieux que les autres est au contraire déjà pervertit par le sentiment égoïste de se placer au dessus des autres.

 

Ce sentiment, à mon sens, trouve son origine à la naissance de l’humanité, où la survie était une lutte quotidienne, où il fallait se battre en permanence pour assurer sa subsistance, pour se conférer le droit de rester en vie. C’est ainsi que, de générations en générations, se transmit ce mode de pensé, toujours plus étoffé, non pas de réussir sa vie, mais de la réussir mieux que les autres, de la réussir au détriment des autres, en considérant comme ennemi tout non-allié.

 

Pour cela, tout le système actuel repose sur un savant mais indigeste mélange de sélection naturelle et de loi du plus fort. L’objectif en soi n’est pas de réussir, mais bien de montrer que l’on est mieux que les autres, voire de les écraser.

 

Déjà, dès l’école, on transmet, consciemment ou non, aux enfants dès leur plus jeune âge le désir, non pas seulement de bien travailler et d’avoir de bonne notes (espérances parfaitement louables), mais de travailler mieux que les autres, et d’avoir de meilleures notes que les autres, sous peine d’avoir « raté sa vie ».

Ce sentiment continue encore à l’âge adulte, où le mieux est toujours privilégié au bien. Cela se justifie aisément d’un point de vue moral, lorsque le mieux et le bien s’applique à une même personne, et porte même le nom d’amélioration continue. Il est même salutaire d’apprendre, de savoir dépasser ses propres limites, sans quoi l’humanité n’avancerais pas.

Pour autant, privilégier le mieux par rapport à quelqu’un d’autre implique en tout premier lieu un sentiment de jalousie à l’égard de cet autre, doublé d’une volonté de prouver que l’on n’est, non pas bon, mais meilleur.

Cette réflexion peut s’élargir indéfiniment dans tous les domaines d’activités, et à plus grande échelle dans tous les pays du monde à tous les niveaux. Ce système n’est donc qu’un héritage de l’ancien temps, un temps si ancien qu’il n’en subsiste aucun témoignage, si ce n’est la persistance d’un système qui ne devrait plus se justifier, mais qui survit pour la simple raison que le premier à l’abandonner se mettrait aussitôt en situation de "perdant", et pour lequel la perte pourrait être extrêmement importante.

 

 

Un tel système est il viable dans le temps ? À court terme seulement, je pense, et il est sur le point de montrer ses limites.

 

Nous nous trouvons actuellement au sein d’une crise économique grave à échelle mondiale, et tandis que d’aucuns exaltent encore la pratique de la compétitivité effrénée pour la surmonter, bien évidemment au détriment des « autres », ceux-là même sont trop aveuglés pour voir qu’il les conduira plus ou moins vite à leur perte.

 

Ainsi, le système économique actuelle se fonde sur une croissance continue pour le bien être de tous. Cela me paraissait douteusement réalisable, ne serait-ce que parce que la croissance NE PEUT PAS être indéfiniment continue, et cela pour une raison très simple qu’un enfant de trois ans comprendrait sans peine, mais que des grands décideurs de portée mondiale s’obstine à éloigner de leurs yeux, et qui est que la population mondiale est en constante augmentation, alors que la taille de la planète Terre, elle, n’augmente pas. En de telles conditions, il parait difficile d’envisager que la croissance soit continue pour le bénéfice de tous.

En particulier avec cet état d’esprit toujours vivace, comme l’Hydre de Lerne, ou comme la bête immonde des œuvres de Berthold Brecht, que les plus forts font toujours tout ce qui est en leur pouvoir pour dominer, pour écraser les plus faibles.

Le constat en est alarmant : jamais à aucun autre moment de l’histoire de l’humanité, le contraste entre les plus riches, et les plus pauvres des hommes n’a été plus forts !

Manifestement, il y a quelque chose de pourri au royaume humain.

 

Cela sans compter que la pression humaine sans cesse plus forte sur les écosystèmes, de par les objectifs de croissance indéfinie, ne menace plus seulement la survie de nombreuses espèces animales et végétales qui sont trop nombreuses à avoir déjà disparue à cause de l’impact anthropique, ne menace plus seulement la beauté des harmonies des paysages, elle menace également la propre subsistance de l’homme !

 

Il n’est que temps d’en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard pour nous tous. De comprendre enfin que l’égoïsme de tous et le pouvoir de quelques uns, ce sentiment qui durant des millénaires permit à nos ancêtres de se maintenir en vie, ne peut que nous mener à notre propre autodestruction.

Le chemin est encore long pour accéder à cette sagesse. Il est à souhaiter qu’il ne soit pas plus long que le chemin qui nous conduit à la mort de l’humanité.


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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 11:29

Dans le calendrier usuel sous lequel nous vivons, Noël vient de se passer, plus ou moins bien selon les familles et les personnes, et déjà se prépare une autre occasion de festivité, la nouvelle année.

Pour autant, ce n’est pas là le sens de mon propos d’aujourd’hui, loin s’en faut, et ces triviales futilités me laissent un goût amer à l’âme lorsque je pense à ceux qui sont dans la détresse, dans la douleur, dans la maladie. Lorsqu’en particulier je pense au calvaire vécu par Lisandru Plasenzotti, sa famille et d’une manière plus générale tous ses proches dans l’inquiétude la plus noire.

 

Lisandru Plasenzotti, jeune homme sans histoires de 22 ans, au casier judiciaire vierge, fort apprécié, est, à ce jour, incarcéré, embastillé devrais-je dire, aux Baumettes à Marseille, à cause – soi disant – d’une empreinte digitale sienne qui aurait été – soi disant – trouvée sur un sachet qui aurait été retrouvé dans une cache d’arme ! Il était difficile de faire plus léger comme motif d’incarcération ! Et pourtant nous ne sommes que trop habitués aux juridictions d’exceptions, et aux motifs fallacieux d’incarcération. J’ai moi-même deux copains actuellement privés de liberté pour des prétextes factices, dans les geôles françaises, doublement éloignés de leurs familles respectives qui souffrent en silence depuis de trop longs mois, et je pense beaucoup à eux, comme à tous ceux que je ne connais pas qui sont en prison sans l’avoir mérité.

 

Concernant Lisandru Plasenzotti, il aurait également été prétendu que tout cela est également lié à une affaire de drogue, et que l’on aurait également retrouvé de la drogue dans la – soi disant – cache d’arme. Cela me paraît bien vague.

Certes, vous connaissez tous ici ma farouche opposition à toutes sortes de produits psychotropes, qui coupent l’homme de la réalité, l’empêchant ainsi de construire un avenir meilleur pour l’humanité et sa terre. Pour autant, tout cela me semble monté de toutes pièces et cette accusation de trafique de drogue ne tient pas la route une seconde, et les recoupements hasardeux et indirects réalisés par ceux chargés de faire progresser l’enquête m’ont tout l’air d’une invention. En outre, non seulement la présomption d’innocence n’est pas respectée dans cette affaire (comme dans tant d’autres, hélas !), mais il me semble bien que c’est une authentique présomption de culpabilité qui est ici à l’œuvre, savamment orchestré par les rouages de l’appareil répressif, qui n’a que peu évolué depuis l’époque de Clément Marot.

 

Dans cette affaire, d’autres personnes ont été interrogées qui sont ressorties au terme de leur garde à vue. Et certains qui paraissaient bien plus impliqués. Honnêtement, je n’ai pas eu connaissance des éléments du dossier, mais il est pour moi parfaitement clair que le dossier n’a pas été traité avec objectivité, que ce soit consciemment ou non.

Mais au-delà de l’incarcération, il y a le traitement intrinsèque qui est en cause. En dépit de la volatilité des charges à l’encontre de Lisandru Plasenzotti, il fut cependant déporté à la prison des Baumettes à Marseille, comme si le dossier ne pouvait être traité en Corse, puis placé à l’isolement, coupé du monde, comme un grand criminel qu’il n’est pas, et son instruction ajournée à une date non précisée.

Certes nous n’avons que trop l’habitude de ce genre de procédures fleurant bon l’iniquité, mais Lisandru Plasenzotti, dans le but de se faire entendre par tous les moyens possible, pour faire éclater la vérité, entama, il y a déjà plus d’un mois, une grève de la faim qu’il poursuit toujours à ce jour, après 50 jours de jeûne, après avoir perdu presque 20 kg et être au seuil de l’irréversibilité des séquelles.

Cela ne réveille cependant pas l’humanité des juges, dont certains sont « en vacances » et n’estiment absolument pas devoir interrompre leurs vacances pour la vie d’un jeune corse, à l’instar d’un certain Chamberlain (prédécesseur de Churchill), qui n’interrompit pas ses vacances au simple prétexte qu’Hitler avait envahit la Tchécoslovaquie !

On croit rêver !

 

Quoiqu’il en soit, au-delà de l’aspect strictement judiciaire de cette histoire, c’est l’aspect humain qui nous concerne le plus. Au delà du strict cadre judiciaire, au delà des seules sympathies politiques, nous touchons ici à l’humain, à l’humanité, la condition humaine (si chère à Malraux).

 

Il est de notre devoir d’êtres humains de sentir, de ressentir l’injustice flagrante de cette situation. Si certaines personnes en charge de ce dossier à un degré ou à un autre semblent en avoir oublié l’aspect humain, reniant ainsi l’humanité qui est en eux, il n’en est notre cas, à nous, simples humains, qui avons prit connaissance de cette triste affaire qui nous touche au plus profond du cœur et de l’âme.

 

En ces jours de fin de décembre, habituellement dédiés, en Corse, à moult festivités, réjouissances et gastronomie effrénée, il est impossible, à moins d’avoir un cœur de fer, de ne pas penser à ce jeune homme qui lui, n’a pas mangé depuis plus d’un mois – et d’une manière plus générale à tous ceux qui dans le monde ne mangent pas à leur faim et qui, à notre époque encore, agonisent de la famine – pour défendre sa dignité contre l’injustice d’exception.

 

Mais peut-on vraiment parler d’exception ? Est-ce réellement l’injustice qui est exceptionnelle, dans ce monde où nous vivons, qui ploie sous le poids du mal commis par l’homme dans le seul but immonde de satisfaire son égoïste et misérable soif de puissance ? J’en doute. Ainsi, en se limitant seulement à la Corse, qui n’est pourtant, loin s’en faut, le pays au monde où la misère, la pauvreté et l’iniquité frappent le plus fort, on ne peut que frémir en constatant à quel point l’injustice l’emporte si souvent sur la vrai Justice, à quel point la fausseté humaine domine tant de rapport entre humains, empoisonnant ainsi les richesses d’une humanité qui ne demanderait qu’à être pleine d’espérance pour un avenir meilleur à construire. Les exemples hélas, ne manquent pas, et sont si nombreux que j’ai peine à croire qu’un seul article suffirait seulement à survoler la question.

 

Pour en revenir plus spécifiquement à Lisandru Plasenzotti, sa situation cruciale, malgré une très large mobilisation populaire, n’a pas l’air de « choquet » aucunement le juge Claude « Chamberlain » qui ne se soucie guère de la santé du prisonnier qui parait réduit à une vulgaire note statistique sur son bureau, ce qui est tellement commode.

 

Et tandis que la santé du jeune homme continue de se dégrader, et que nos pensées sont conjointement dirigées vers lui et ses proches, et vers l’indécence de son maintien en détention dans de telles conditions, je ne puis cependant m’empêcher de songer à l’année 1981 au cours de laquelle dix Irlandais moururent dans d’atroces conditions dans les prisons britanniques, après plusieurs semaines de grève de la faim. À cette époque, le monde entier s’était indigné devant l’inhumanité du pouvoir britannique en place qui avait littéralement condamné ces dix hommes à mort, alors qu’ils ne demandaient même pas leurs libérations !

Ainsi était apparue aux yeux de la terre entière toute l’inhumanité d’une certaine Margaret Thatcher aussi sûrement que si elle avait elle-même signé les arrêts de morts de Bobby Sands et de ses neuf compagnons. Ainsi, de même que d’autres hauts responsables de cette époque, porta-t-elle sur les mains le sang de ces trop nombreux irlandais.

 

De même, s’il venait à arriver malheur à ce jeune homme, le juge et ses complices en porteraient la responsabilité. Il est souhaitable qu’il en soit conscient.

 

http://lisandruplasenzotti.blogspot.com/ 


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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 17:35

Dans une récente dépêche de presse sur la toile, j’ai récemment prit connaissance d’un fait d’une importance capitale qui se pourrait, s’il s’avérait confirmé, de changer radicalement toute la conception que nous avons du monde. Aussi, des chercheurs sont authentiquement parvenus à trouver un moyen permettant de faire rajeunir les cellules que l’on croyait pourtant proche de la mort cellulaire.

Inutile d’être un grand clerc ni un agrégé en biologie cellulaire pour comprendre l’immense portée potentielle de cette découverte extraordinaire. Ainsi, à condition que l’expérience soit aisément reconductible in vivo, cela offrirait la clef à de très nombreuses applications dans le domaine médical de lutte contre les maladies dégénératives que sont les cancers, Alzheimer, Parkinson, la sclérose en plaque, et tant de maladies génétiques.

En supposant que l’on pousse encore plus loin l’expérience, il n’est pas absurde d’imaginer, en appliquant l’ensemble du procédé à un organisme entier, que l’on puisse procéder à un rajeunissement à l’échelle humaine. En d’autres termes, il s’agit ni plus ni moins de supprimer la vieillesse !

Il est clair que le procédé, s’il s’avère aisé à mettre en œuvre – ce qui est encore loin d’être confirmé, mais à quelle vitesse ne va pas la technologie à l’heure actuelle ? – semblerait offrir la porte d’une nouvelle ère pour l’Humanité.

Nous pourrions ainsi voir éclore une nouvelle conception de l’humain ; un humain ayant vaincu la maladie et la vieillesse. Une sorte d’immortel – immortalité toute relative cependant – mais en total inadéquation avec tout ce que nous avons toujours connu. Étrange perspective s’il en est.

Mais est-ce vraiment souhaitable ? Je l’ignore.

Dans un premier temps car je ne saurais dire si l’homme est réellement conçu mentalement pour vivre indéfiniment, et si la vie ne finirait elle pas par lui peser. Je l’ignore, mais il est vrai, dans ce cas, que le choix lui resterait toujours de ne pas avoir recourt à cette technique extraordinaire, ou de mettre lui-même fin à ses jours. Pour autant, la problématique n’est pas dénuée de sens.

Dans un second temps, et pour des raisons beaucoup plus pragmatiques, parce que la mort est encore le meilleurs moyen de réguler les populations humaines.

Dans le monde actuel, en ébullition incontrôlée, il serait suicidaire de poursuivre indéfiniment une croissance des populations, alors que la capacité de saturation de notre planète, est à mon sens déjà atteinte.

 

La preuve en est la situation actuelle de la planète. Lorsque l’on se penche sur le monde, qu’observe-t-on ? Une planète assujettie à une anthropisation démentielle, à l’atmosphère empoisonnée de gaz et d’aérosols de la pire espèce, soumise à une augmentation de l’effet de serre qui n’a plus rien de naturel au point d’impacter dangereusement sur les écosystèmes. Ces mêmes écosystèmes qui n’en peuvent mais, soumis à des pressions effroyables liés à une pollution sans cesse croissante des sols, des eaux, des airs, et des êtres vivants. Contrairement aux apparences, rien n’est épargné. En outre, au-delà même de cette pollution, on assiste chaque jour un peu plus à une destruction des milieux naturels pour les besoins humains sans cesse croissants, et à une surexploitation telle des ressources vivantes que l’on se demande combien de temps encore la nature pourra-t-elle le supporter. Le constat est dramatique de vérité, et encore la situation s’aggrave.

D’un point de vue plus humain, avec cette augmentation sans précédent de la population de notre planète dont la superficie n’augmente parallèlement pas, la qualité de vie moyenne d’un être humain diminue sans cesse, de par la réduction inéluctable de la quantité de richesses à partager au sein d’une même humanité. Tout cela ne va pas sans créer des situations de crise sans cesse croissantes en intensité et en amplitude qui tendent à exalter – le système économique mondiale actuel aidant – les plus mauvais côtés de l’homme, qui pour réussir, se sent inconsciemment obligé de faire preuve de l’égoïsme le plus abject, dont le pire aspect est sans aucun doute l’anéantissement et l’asservissement de tout autre homme, potentiellement dangereux ou non.

D’où la crise économique mondiale, et la majorité des conflits qui se passent, par le présent, ou le passé, de par le monde.

 

Face à un tel constat, il est difficile, pour l’homme censé, de demeurer impassible, sans ressentir au plus profond de son être comme un sentiment confus de culpabilité – car nous sommes tous coupables – d’impuissance, et de désespoir le plus oppressant.

 

Mais dans ce cas, que faut-il faire ? Malheureusement, je ne saurais le dire. Pour autant, des solutions existent, et doivent exister pour endiguer la surpopulation mondiale, et les malheurs qui en découlent.

De tous temps, l’homme a trouvé sur son chemin l’épineux problème de contrôle et de partage des ressources à l’origine de ses malheurs et de nombreux conflits, irrigués par ses penchants les plus sombres. Le drame du monde actuel réside dans le fait que la portée bénéfique de l’immense progrès technologique fut largement contrée, dans le dessein inconscient d’apporter un bien être sans cesse croissant à l’humain, par une augmentation presque exponentielle de la population terrestre, divisant d’autant les bénéfices, au demeurant très mal partagés.

Aussi, et quoique l’on observe dans de nombreux pays particulièrement industrialisé, un certain ralentissement de la croissance de la population, il me semble qu’il n’y aura pas de salut pour l’humanité tant que l’on n’aura pas trouvé un moyen à l’échelle mondiale, de réguler la population humaine dans le respect de l’homme, de l’humain, et en douceur. Le propos peut sembler hardi, et l’objectif irréalisable, mais c’est là la seule chose à faire.

 

En attendant peut être une installation humaine sur d’autres planètes, pour suppléer à la non-augmentation de la surface terrestre par rapport à l’augmentation de la population terrestre. Qui sait.

 

D’un autre côté, on ne peut nier qu’une telle avancée technologique ne peut qu’améliorer le sort d’une Humanité qui ne souffre que trop de milles maux, milles deuils, et tant de larmes. Quel espoir serait-ce si l’on parvenait à soigner tant de maladies aujourd’hui incurables ! Que de réjouissances en perspectives ! Je n’ose pas même imaginer combien une aube nouvelle s’offrirait à nous dans ce cas.

 

Quant à la perspective de l’immortalité humaine, elle n’est pour l’heure, pas encore au programme à mon sens, et si un jour la question peut se poser, de par cette découverte ou les suivantes, alors là, bien des questions pourront se poser.


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Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 10:05

Tout dernièrement, au cours d’un discours, la candidate Eva Joly à l’élection présidentielle française sous l’étiquette écologiste a tenu des propos fort intéressants adressés à une large assemblée d’autonomistes de diverses régions françaises ou assimilées, qu’elle était très favorable à donner à l’ensemble des régions actuellement sous tutelle française, une large autonomie au cas par cas en fonction de leurs particularismes et leurs revendications ; autonomie qui serait associée à un apprentissage très encouragé des langues dites « régionales », une plus grande décentralisation, et la possible abrogation de la fonction préfectorale.

Inévitablement, de tels propos n’ont faits qu’engendrer, sur les différents sites d’informations sur lesquels elle a été publiée, un assez grand nombre de commentaires très chargés d’ironie voire de mépris. Les pires qui m’ont été donnés de lire se trouvant très certainement à la suite de l’article du Figaro.

 

Pourtant, c'est bien la voix de la sagesse qu'il me semble d'entendre par sa bouche. Personnellement, vous le savez très certainement si vous m’avez déjà lu, je suis partisan de l'indépendance pour la Corse, mais si déjà on commence à parler d’autonomie au futur proche et non plus au conditionnel, je pense que c’est déjà une bonne, une très bonne chose.

 

Beaucoup de personnes, que ce soit en France ou ailleurs, ont tendance à confondre autonomie et indépendance, et cela transparait dans leurs propos qui puent l’ignorance et la vacuité de personnes qui parlent de quelque choses qu’elles ignorent totalement. Personnellement, j’ai toujours fait la différence entre l’autonomie, qui est une notion relative, et l’indépendance, qui est absolue, et va bien au-delà d’une sorte d’ « autonomie plus poussée ».

Pour par part, en tant qu’indépendantiste, je considère que l’autonomie constitue déjà un bon début dans la bonne direction, même si elle n’est pas une fin en soit.

 

Si l’on regarde simplement au niveau français, il convient de préciser qu'à l'heure actuelle, la France est le pays d'Europe le plus centralisé, juste après la Grèce. Pourquoi les pouvoirs décisionnels français ont-ils si peur de l'autonomie, alors qu’elle semble être la règle générale dans toute l’Europe ?

Madame Joly m'a toujours semblé être une femme intelligente, voire très intelligente, au parcours éloquent qui plaide très nettement en sa faveur. Ses prises de positions, quoique je ne sois pas d’accord avec tout son programme, me paraissent judicieuses et bien au-delà de la logique libérale et mercantiliste de certains qui ont, il me semble, parfois tendance à oublier que les dimensions de la planète Terre ne sont pas extensibles à la mesure de l’ambition humaine, et qu’il convient à cet égard d’envisager au plus tôt une alternative réelle à l’échelle planétaire.

En tant qu’indépendantiste corse, je ne peux qu’applaudir aux déclarations, y comprit antérieures, de madame Joly, qui, il faut bien le dire, me semble au dessus du niveau habituel des Verts. C’est une femme intelligente et il est dommage qu’elle n’ait aucune chance de se retrouver à la présidence.

Si je me sentais un tant soit peu français, ce qui n’est pas le cas, et à ce titre ai-je toujours considéré que je n’avais pas plus à me mêler des affaires internes françaises que celles italiennes ou autrichiennes, ça aurait été pour elle que j’aurais voté aux prochaines élections.

En espérant également que son élection aurait été accompagnée d’un nouveau processus tel celui, trop tôt décédé de Matignon, pour l’élargissement des compétences législatives et peut être même régaliennes dont dispose aujourd’hui la Corse, processus qui se serait accompagné d’une amnistie de prisonniers politiques corses, privés de liberté depuis bien trop longtemps, ainsi que des avancées notables.

Oui, l’espérance fait vivre.

 

Je tenais aussi à annoncer effectivement qu’après presque un an d’absence, ceci pouvait être considéré comme une sorte de retour de ce site. Je ne sais quand sortira mon prochain article, mais j’espère que cela ne saurait tarder. De toutes manières, je n’écris que lorsque je me sens inspiré. Je tenais également à dire amicalement à la personne qui, sur son moteur de recherche, avait tenté de rentrer en contact avec Francis Natzsog qu’elle pouvait le faire par le biais de ce site.

À très bientôt.


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Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 19:51

Bonjour à tous !

Et oui. Déjà de retour. Il semblerait que je m’améliore. Que j’améliore ma fréquence d’écriture. Ne vous attendez cependant pas à me voir progresser, ou réellement faire mieux. Non, en fait, j’écris quand ça me vient, comme toujours. Et autant, la prochaine fois que j’écris, ce sera dans un mois ou deux, voire plus…

Aujourd’hui, si je prends la plume, c’est pour vous parler d’un fait qui me choque de plus en plus, dans notre monde à la dérive, au-delà de l’importance grandissante des grandes puissances commerciales toutes plus amorales les unes que les autres (pour reprendre un terme de Jean-Marie Messier ; un connaisseur !) et des dégâts toujours plus importants sur notre pauvre planète qui n’en peut plus, c’est de voir le degré toujours croissant de paranoïa de notre société actuelle. Dernièrement, j’ai eu l’occasion de lire, dans la presse française, qu’une crèche parisienne envisageait d’imposer sur chaque enfant placé sous sa responsabilité une puce électronique, afin de toujours être tenu au courant des moindres mouvements des enfants.

Non mais je rêve !!

Après l’installation de caméras de surveillance généralisée sur la voie publique (il y en a presque une tous les dix mètres), et un pistage total par Internet de tout ce qui se fait (mais je m’en fous complètement que vous sachiez à chaque instant ce que je fais et ce que je dis, messieurs les surveillants d’Internet ; je vais même vous dire mieux ; je vous invite à aller voir ailleurs si j’y suis, bande de crétins !), après les GPS intégrés dans tout ce qui est électronique pour suivre à distance les moindres mouvements de leurs propriétaires, après les contrôles qui sont de plus en plus fréquents, jusqu’à l’absurde, voilà qu’ils s’en prennent même aux enfants.

Comme si des bambins de deux à trois ans pouvaient se révéler délinquants en puissance ! On croit rêver.

Mais ne nous leurrons pas. Si cette mesure fait globalement l’unanimité contre elle (Dieu merci, les gens ne sont pas totalement lobotomisés par le libéralisme effréné et la société de consommation bêtifiante), il ne fait nul doute dans mon esprit qu’une telle idée n’est pas seulement un éclair de stupidité ayant subitement germé dans un cerveau faisandé, mais bien une étape, une de plus, vers un contrôle toujours plus total de l’humanité. Il ne leur suffisait pas de moucharder nos moindres appareils électroniques, il leur fallait encore aller plus loin dans l’asservissement. Pour nous y habituer toujours un peu plus.

Il y a déjà les détenus et les prisonniers qui en portent. Il y a déjà tous les prisonniers en liberté surveillée qui en portent. D’ici peu, j’imagine que tous les ressortissants étrangers à un pays seront tenus d’en porter, de même que tous les anciens détenus. Et puis, ce seront tous les proches des « personnes à risques », elles-mêmes déjà antérieurement fichés. Et puis les adhérents des partis politiques « dissidents », et ainsi de suite, jusqu’à ce que nous soyons tous pucés en permanence de façon à ce que ces messieurs qui commandent puissent toujours savoir ce que nous faisons. Alors, la liberté sera morte.

Pensez-vous que je sois paranoïaque ? Il est vrai qu’un tel discours peut sembler excessif, mais je puis vous affirmer que j’ai bien peur que ce ne soit pas le cas. Nous sommes déjà tous fichés par les services de l’Etat (quel qu’il soit, d’ailleurs), et chacun d’entre nous est déjà, depuis longtemps, suivit de milles manières différentes. Par ailleurs, à vous qui me lisez quotidiennement, et qui ignorez tout de moi, je suis parfaitement convaincu que les RG (ou leurs équivalents actuels) savent parfaitement qui se cache derrière mon pseudonyme, et se rient certainement de mes propos qu’ils savent parfaitement justes, mais parfaitement inutiles, dans la mesure où leur effet demeure très limité.

C’est bien dans le meilleur des mondes, de Aldous Huxley, que l’on se prépare progressivement à rentrer, ou celui imaginé par George Orwell dans 1984.

Le futur n’est absolument pas rassurant.

 

 

Dans le reste de l’actualité, il y a aussi cette réunion des élus de l’Assemblée de Corse avec notre chère Michèle Alliot-Marie, actuellement à la Justice, après avoir été à l’Intérieur et à la Défense, et encore, j’en oublie.

Cette réunion avait pour cadre le rapprochement des prisonniers, ce qui je le rappelle, n’est rien d’autre qu’une exigence de conformité avec la Loi française et européenne, et après toutes nos luttes populaires pour parvenir à nous faire entendre, point sur lequel même les élus de l’Assemblée de Corse nous avaient accordé un vote unanime, la ministre avait accepté de recevoir une délégation d’élus corses.

Au cours de cette réunion, il nous a finalement été promis que la prison de Borgu sera réaménagée pour accueillir 20 places de plus, et que d’autres prisonniers seront rapprochés, de la région parisienne à Arles (qui, je le rappelle, n’est pas en Corse).

Pour autant, peut-on réellement parler d’avancées ? Pour ma part, je répondrais par la négative. Et pour cause : ce ne seront pas seulement les prisonniers politiques corses, qui seraient concernés par un hypothétique rapprochement (soit une soixantaine), mais bien tous les prisonniers corses incarcérés en France, y comprit toutes sortes de droits communs (environ 250). À ce titre, me paraît-il limpide d’imaginer que statistiquement, une mesure concernant moins de 10 % des prisonniers corses ne pourra guère concerner plus de 10 % des prisonniers politiques. Par ailleurs, il est bien évident que seront privilégiés, une fois de plus les détenus de droit commun aux prisonniers politiques, car pour l’Etat français, il est clair qu’un gangster, fut-il corse, est nettement moins dangereux qu’un militant politique, et dans l’optique de continuer à saper toujours un peu plus les militants incarcérés et leurs familles, il vaut mieux rapprocher prioritairement les gangsters et autres droits communs.

Quant au pseudo rapprochement à la prison d’Arles, il s’agirait là d’un cadeau empoisonné, car au-delà du fait que cela ne réduirait pas les difficultés de déplacement pour les familles qui seraient toujours astreintes à prendre l’avion et trouver des moyens d’hébergement, la prison d’Arles est réputée pour être la pire prison de France.

Car un réel rapprochement est possible. En effet, au-delà de la seule prison de Borgu, qui ne serait pas, et de loin, la plus peuplée des prisons françaises, il y a Casabianda, cette authentique verrue dédiée à l’emprisonnement des criminels sexuels qui y jouissent d’un régime spécial de semi-liberté, dans la plus totale impunité, aux risques et périls de la population indigène locale, mais, de toutes manières, n’est ce pas ainsi que sont traités les autochtones des colonies ?

L’insulte suprême nous a été faite lorsqu’il nous a été dit que si les prisonniers politiques devaient être transférés sur Casabianda, il faudrait au préalable que cette « prison » soit sécurisée, ce qui nécessiterait de trop coûteux travaux. Il est bien sûr évident, pour ces messieurs qui décident, qu’un criminel sexuel est beaucoup moins dangereux qu’un militant politique. Je n’éprouve personnellement que du mépris à l’égard de ces personnes qui osent se permettre de vomir de telles immondes déclarations.

Aujourd’hui, il y a eu une conférence de presse de l’Associu Sulidarità devant la prison de Borgu, et les choses ne vont certainement pas s’arrêter là.

 

 

Et puis, il me faut également parler de la nouvelle centrale électrique de Lucciana, qui fonctionnera au fuel lourd ! Encore une nouvelle hérésie environnementale, mais nous ne sommes plus à cela prêt, car la Corse a toujours « bénéficié » de dérogation spéciale pour que les entreprises et instances étatiques installées sur notre terre, puissent polluer encore plus qu’ailleurs. Je pense une fois de plus, que ces messieurs qui décident, toujours prompts à s’extasier devant la beauté de ce pays qui seraient un paradis, s’il n’y avait pas ses habitants (ce sur quoi ils se révèlent mussolinistes), sont paradoxalement toujours prêt à tout faire pour détruire la Corse et les Corses. Peut être y trouvera-t-on là un sentiment refoulé de jalousie. Seul un psychiatre pourrait le déterminer avec précision, et personnellement, je ne suis pas psychiatre.

Pour en revenir au sujet principal, disons qu’après avoir officialisé le caractère vétuste, polluant, et incompatible avec la santé humaine de la centrale de Lucciana, les instances dirigeantes, et le préfet en premier lieu, ont décidé, avec l’accord complice de l’Assemblée de Corse, que la nouvelle centrale énergétique continuerait de fonctionner au fuel lourd !

Rappelons qu’il s’agit là d’une source d’énergie parmi les plus polluantes et les plus cancérigènes, et que le Peuple Corse tout entier, la rejette. Rappelons également qu’il existe des alternatives renouvelables et réalistes. Mais de cela, les décideurs se moquent allégrement. Au lieu de privilégier ce genre de projets novateurs, mais qui certes pourraient avoir un coût supérieur, les voici qui préfèrent une fois de plus sacrifier la santé publique et environnementale sur l’autel des intérêts financiers. Il est clair que certains sont persuadés d’avoir, en face d’eux, des sous-hommes.

Mais là encore, la mobilisation populaire ne va certainement pas s’arrêter là. Les Corses, quoique bon nombre d’entre eux soient largement lobotomisés au point de ne plus voir d’autre intérêt que l’intérêt financier, sauront pour certains, du moins je l’espère, s’opposer à ce mortifère projet.

Dans le cas contraire, notre peuple est déjà mort.

Si tel est le cas, qu’il meure !


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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 18:32

Bonjour à tous, lectrices et lecteurs.

Certes, vous pourriez remarquer que je ne suis pas vraiment un parangon de fidélité à chacun de mes sites et blogs. Peut être remarqueriez vous également que mon dernier article en date fut écrit il y a plusieurs semaines de cela,  voire même mois (ça fait si longtemps que je ne m’en rappelle même plus !)

Mais il est vrai aussi, qu’entre tous les sites que j’ai, entre ceux sur lesquels je suis présent et ceux que j’administre, en particulier mon forum de discussion, presque intégralement en langue corse (http://appuntamentu-corsu.forums-actifs.net), lieu que je vous invite à visiter et sur lequel je vous conseille de vous inscrire si vous n’y êtes pas déjà, il est vrai que je ne puis être de partout ; sans oublier de vous dire que j’ai moi aussi un travail et une vie personnel.

Mais arrêtons là les justifications, et place à l’article proprement dit.

 

Aujourd’hui, je vais vous parler du hui septembre, Fête de la Nativité, dédiée à la Vierge Marie. En guise d’introduction, je tiens à préciser que la Vierge Marie a une importance considérable en Corse. Au-delà de sa vénération séculaire et pieuse, inspirée par tant de congrégations religieuses et largement suivie par le peuple, il est bon de savoir que c’est sous sa protection que les patriotes corses de la première révolution corse ont choisit de placer la Corse, pour s’assurer une légitimité spirituelle contre les empires et les puissances terrestres.

Ce fut ainsi de cette manière que la Fête de l’Immaculée Conception, célébrée le huit décembre, fut officialisée comme étant la Fête Nationale Corse.

Au-delà de ces seules deux célébrations, les églises dédiées à la Mère du Seigneur sont en Corse très nombreuses, comme le sont les couvents et les confraternités.

D’une manière générale, l’importance de la Madone est considérable en Corse.

 

La Nativité est donc fêtée en Corse dans de nombreux  villages. À Lavasina, à Casamaccioli, et à Pancheraccia se tiennent les célébrations les plus connues.

J’ai déjà, dans un article passé, largement parlé de la Santa di u Niolu, fêtée dans le village de Casamaccioli, et peut être vous parlerais-je de Lavasina une prochaine fois, car aujourd’hui, j’ai choisit de vous parler de Pancheraccia, où je suis monté cette année pour célébrer le huit septembre.

 

La Fête de la Madone, à Pancheraccia, bien que généralement peu connue, est très particulière dans le sens que c’est le seul endroit en Corse qui fut le témoin d’une apparition de la Vierge, il y a plusieurs siècles de cela, par une enfant. Depuis lors, sur le lieu de l’apparition, une petite source située à un peu moins d’un kilomètre du village lui-même, fut construit une petite chapelle, devenant ainsi un lieu sacré de procession.

 

Village de la pieva de Rogna, da la vallée du Tavignanu, le deuxième fleuve le plus grand de Corse, le village de Pancheraccia se trouve juste sur la ligne médiane entre la Castagniccia (limitée au sud par le village de Zalana), et le Fiumorbu (représenté, à sa limite septentrionale par le village de Casevechje). Ce village, et le maquis forestier qui l’entoure, telle une frontière entre deux mondes, peut se concevoir comme un doux mélange entre la Castagniccia et le Fiumorbu, comme de nombreux villages de la vallée du Tavignanu, comme par exemple Pedicorti, Altiani, voire Erbaghjolu.

 

Parti le matin de bonne heure en voiture, en passant par la nationale et par cette plaine dite « orientale » (une expression qui plait beaucoup aux media français ; la « plaine orientale ») toute défigurée et bétonnée et complètement dépouillée de son âme corse. Puis, au niveau d’Aleria, il a fallut prendre la route montant à Corti, et ensuite, la route, plus petite, conduisant à Pancheraccia et aux autres villages de la pieva (Petraserena ou Ghjuncaghju, par exemple), et alors, entouré par cette nature presque vierge, et par ces vieilles maisons en pierres vénérables, ce sentiment d’amertume qui m’avait accompagné tout le long de la nationale m’abandonna complètement, car enfin je me sentais en harmonie avec ce qui m’entourait.

 

Ainsi, vingt minutes plus tard, sur une petite route ressemblant à toutes celles de la Castagniccia comme celles du Fiumorbu, entourée d’un maquis sauvage entrecoupé de peuplements forestiers, j’arrivai enfin au village de Pancheraccia, presque sous la pluie.

 

Bien que le lieu fût alors très chargé en voiture, il y avait cependant beaucoup moins de monde que pour la Santa à Casamaccioli, car cette célébration est avant tout religieuse, alors que la Santa du Niolu est à la fois religieuse et pastorale. N’oublions pas que c’était autrefois un rendez-vous annuel incontournable de tous les bergers corses qui y montaient pour acheter et vendre bêtes et équipement, et y passaient généralement plusieurs jours entrecoupés de soirées festives.

 

Le village en lui-même est un beau petit et antique village corse comme il en existe tant dans les régions semi-montagneuses de Corse, avec ses maisons en pierres, et ses habitants, qui toujours résistent aux trompeuses sirènes de la vie citadine ou de l’expatriation, mais qui préfèrent demeurer au village à faire vivre l’âme corse à leur manière et leur niveau.

 

Alors, sous la pluie (car il a bien plut, ce jour là !), j’ai traversé le petit village pour prendre le sentier qui conduit à la chapelle. Là bas, sous la pluie, la messe venait de commencer, ce qui, dans la mesure où elle se déroulait à l’extérieur, au vu du manque de place au sein même de la chapelle qui ne pouvait accueillir la centaine de personnes présentes, fut à l’origine de la naissance d’une forêt de parapluies ouverts. La messe en l’honneur de la Madone et de la Nativité fut prononcée par le prêtre, accompagné par les chants des confréries locales, et par Ghjuvan’Paulu Poletti, invité spécialement pour chanter la messe.

 

En ce lieu, en dépit de la pluie, ont été déposées un nombre important de cierges sous une statue de la Vierge, et se sont vendues de nombreuses bouteilles destinées à recueillir l’eau de la source. C’était une fête authentiquement sacrée.

 

Puis, à la fin de la messe, nous sommes tous partis en procession (toujours sous la pluie), jusqu’à l’église du village, à un peu moins d’un kilomètre de l’endroit où nous étions, pour la fin de la célébration.

 

Puis, au terme de cette procession, je m’en suis allé.

 

 

Pour parler de mon impression générale de cette fête, je dirais que j’y ai trouvé une authentique atmosphère sacrée de recueillement, certes sous assistance réduite, mais peut être plus pieuse. C’était une célébration plus intime et plus discrète que la Santa di u Niolu, et peut être que tout se serait passé au mieux s’il n’avait pas plut. Dans le cas général, la pluie ne me dérange absolument pas, et au contraire, me plait, mais là, pour une procession, ce n’était pas le temps idéal. Peut être le but était d’ajouter un sel de pénitence à cette festivité sacrée.

 

Enfin, il est vrai que nous nous rapprochons toujours plus de l’automne et de ses poésies.

 

En conclusion, je dirais que Pancheraccia est un très beau village, et que la célébration de la Nativité y est toute emplie de piété et de beauté traditionnelle. Je conclus en vous recommandant d’y participer au moins une fois dans votre vie.

 

En ce qui me concerne, j’irais peut être à Lavasina, l’année prochaine.


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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 17:13

Ce matin, le port de Bastia et l’aéroport d’Aghjacciu (Ajaccio) ont été bloqué par une bonne représentation de l’Associu Sulidarità, la fameuse association de défense des prisonniers politiques corses, pour en demander le rapprochement en terre corse (à défaut de la libération).

Cette situation fait suite notamment aux propos tenus par Michèle Alliot-Marie, qui avait osé affirmer que l’Etat français n’y était pas tenu, mettant ainsi la France en dehors de ses propres lois ! Cette déclaration faisant elle-même suite à l’affaire Thierry Gonzales.

Rappelons que le rapprochement des prisonniers est réellement une obligation dans la loi française, comme dans de nombreuses lois internationales, et que la France a déjà été condamnée par les instances internationales pour cela.

Rappelons également que la majorité des prisonniers politiques corses sont aujourd’hui incarcérés (j’ai même envie de dire « déportés », même si la parole peut vous paraître excessive) dans diverses prisons de France, et en particulier, à Fresnes.

La tristement célèbre prison de Fresnes où, la semaine passée, les prisonniers politiques corses ont refusé de prendre leurs plateaux repas et refusé de regagner leurs cellules en signe de protestation, risquant ainsi de sévères représailles de la part de l’administration pénitentiaire.

Nous sommes profondément las de tant de promesses jamais tenues de rapprochement.

Nous sommes profondément las de voir tant de familles privés des siens, astreints à dépenser tout leur argent à faire tant d’aller-retour, de la Corse à Fresnes (ou ailleurs), tous les deux mois.

 

Pour cela, en protestation, ont été bloqué, durant une bonne partie de la matinée, le port de Bastia et l’aéroport d’Ajaccio, tandis que parallèlement, suivit une distribution de tracts, pour faire prendre conscience aux gens, de tout cela.

Ceci dit, il est vrai que cela fut pénible pour de nombreuses personnes qui n’y étaient pour rien dans cette situation.

Enfin… non verrons bien ce que cela apportera.


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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 19:21

Thierry Gonzales, militant de Corsica Libera, du village de Guagnu (le fameux village de Circinellu) a été emprisonné de 2007 à 2009 à Fresnes, accusé d’avoir participé à une tentative d’attentat du côté de Tiuccia, deux ans auparavant.

En 2009, il fut assigné à résidence dans la banlieue parisienne, en attendant son procès, prévu fin 2011 au plus tôt, malgré ses demandes de rapprochements.

Il y restera un peu plus d’un an, jusqu’à il y a quelques semaines, lorsqu’il a quitté son assignation à domicile, a prit le bateau en toute légalité, pour revenir en Corse le 23 juillet, brisant ainsi sa liberté conditionnelle.

Là, avec l’accord du prêtre, il s’installa dans l’église Santa Croce de Portivechju, et là entama une grève de la faim en signe de protestation.

 

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En effet, Thierry Gonzales, 42 ans, est marié et père de famille de trois enfants de 8, 10 et 18 ans, qui depuis 2007 n’avaient presque pas vus leur père de par le coût occasionné par les incessants déplacements,    ne l’ont pas vu au cours de l’année écoulée, n’ayant pas les moyens financiers de s’installer sur place.

C’est devant le refus de l’administration compétente d’assurer son rapprochement que Thierry Gonzales est revenu en Corse, malgré les risques qu’il était pleinement conscient d’encourir par rapport à la police française.

Au-delà des faits en eux-mêmes, on ne peut en effet que s’indigner devant la lenteur d’une justice française qui non contente de briser et séparer les familles par des éloignements en totale illégalité par rapport à sa propre loi, fait preuve d’une lenteur procédurale inconcevable qui mine plus encore les prisonniers et leur famille.

Soutenu par le prêtre et par Corsica Libera, Thierry Gonzales a obtenu une « permission » de un mois. Pour autant, il n’en a pas arrêté sa grève de la faim, pour exiger une vraie solution politique, pour lui et tous les autres prisonniers ou assignés à résidences dans le même cas.

Signalons qu’il a été hospitalisé en début de semaine pour un malaise lié à sa grève de la faim, qu’il est ressorti de l’hôpital contre l’avis des médecins pour retourner à l’église, qu’il se dit prêt à retourner en prison s’il le faut, mais qu’il n’arrêtera jamais son combat pour le rapprochement, que d’ailleurs, l’Assemblée de Corse (qui n’est pas du tout à majorité indépendantiste, ni même autonomiste) a cautionné par un vote unanime sur le rapprochement.


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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 18:51

Je tenais à vous faire part d’une réflexion qui est mienne depuis déjà très longtemps, et qui a été ravivée par l’actualité récente. Il s’agit de vous parler de ces peuples que l’on nomme « indigènes », ce qui n’est rien d’autre qu’une manière de dire qu’il s’agit de peuples qui n’avaient jamais rien demandé d’autre que de vivre libres sur leur propre terre, et qui ont été envahit, colonisés, et parfois massacrés par plus forts qu’eux, pour être finalement relégué au rang de sous-hommes, parqués dans des réserves telles des bêtes curieuses ou sauvages, et dont la tragédie me touche tout particulièrement.

Ainsi, ai-je appris il y a quelques semaines de cela que le principal leader dit « indigène » du Pérou, Alberto Pizango, a été arrêté hier, à Lima, à son retour du Nicaragua où il s’était réfugié après être devenu personna non grata dans son propre pays depuis les violences survenues l’année passée entre son peuple – qui ne demande qu’à vivre libre sur sa propre terre, en respect de leur dignité et de leur identité – et les forces de répression d’un état autoritaire, peu enclin à considérer d’autres paramètres que leurs profits personnels liés à la corruption, aux compagnies multinationales prédatrices et à la loi du plus fort ; violences qui avaient entrainées la mort de plusieurs personnes. Je ne puis m’empêcher d’être inquiet pour son sort, quoique sa remise en liberté fût assez rapide, au regard de ce que l’on a coutume d’observer dans ces pays où la richesse conditionne la « justice », et j’espère de tout cœur qu’un jour viendra où lui et ses semblables seront enfin libres, reconnus dans leurs droits les plus fondamentaux, eux qui ont toujours su rester dignes, cette même dignité que l’on a toujours refusé de leur reconnaître.

L’injustice faite à ces peuples est criante, et la situation présente ne peut que m’évoquer le pauvre Leonard Peltier, un Amérindien en prison depuis plus de trente ans pour avoir simplement voulu défendre sa terre et y vivre librement en homme fier qu’il est d’un peuple qui n’a que trop souffert au cours des siècles passé. L’inique justice américaine, qui comme la française, n’a de "Justice" que le nom, l’a condamné à la prison à vie, loin de sa terre, pour le soi-disant meurtre de deux agents du FBI.

Dans de telles conditions, et quoique cela m’ait déjà été reproché, je ne peux qu’être admiratif devant le président bolivien Evo Morales, le seul président « indigène » de toute l’Amérique dite latine et qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour sortir son peuple, ainsi que tous les autres peuples appelés « indiens » qui ne sont autre que les vrais Américains, de la pauvreté et de la spoliation, en dépit des railleries, critiques et entraves des trusts et des gens qui osent se targuer d’être « biens pensants ».

Evo Morales est également l’un des rares chefs d’état de par le monde, qui bénéficie de tout mon soutient et dont je puisse dire avec confiance qu’il s’agit de quelqu’un de bien.

Aussi, lorsque je pense à tous ces peuples, qu’ils soient d’Amérique, d’Australie, ou d’ailleurs, je ne puis m’empêcher de ressentir une certaine mélancolie profonde, doublée cependant d’une admiration pour eux qui parviennent et sont parvenus à rester dignes dans l’adversité qui est leur. En espérant également qu’un jour viendra où leurs espoirs de reconnaissance et de dignités soient enfin réalisés de par le monde. Je ne sais trop si cet espoir s’accomplira un jour, et ne veux verser dans l’optimisme le plus béat, mais l’espoir est le plus souvent tout ce qu’il subsiste lorsque tout le reste a disparu.

Aucun rapport avec la Corse, me dites-vous ? Dans un premier temps, je tiens à vous dire que jamais je ne me suis engagé à ne parler que de la Corse, que ce ne serait pas la première fois que j’écris un article sans aucun rapport avec – après tout, ne suis-je pas sur mon blog ? – et dans un second temps, je vous inviterais à y regarder de plus prêt. Que sommes-nous, nous-mêmes, si ce n’est des « Indiens » en devenir ? Nous aussi avons subit une conquête – et même plusieurs – militaire, et aujourd’hui, pareillement à ces « Indiens », nous sommes aujourd’hui spoliés de nos terres par de riches investisseurs, enfants légitimes et multiformes de l’immonde libéralisme. Qu’ils s’agissent de peoples, de jet-setters, de millionnaires, de milliardaires ou, pire encore, de sociétés privés tentaculaires aux allures de maffia, tous tentent d’une manière ou d’une autre de s’accaparer de nombreuses terres, avec la complicité d’une administration « corse » qui demeure très passive, y trouvant un intérêt. L’effet pervers de cet intérêt sordide est, sans conteste, la montée en flèche des prix de l’immobilier, et la difficulté croissante des personnes de condition modeste, de se loger dans de bonnes conditions dans certaines zones de Corse. Jusqu’à il y a peu, on a pu penser que ce phénomène ne touchait que les bords littoraux de notre pays, mais la prédation s’exerce également dans les villages de l’intérieur. Ainsi, il y a quelques semaines de cela, il est parvenu à mes oreilles qu’un berger, du côté de Castellu di Rustinu (la commune sur laquelle se situe Ponte Novu ! Tout un symbole), ne pouvait plus faire paître ses bêtes sur des terrains destinés à cet usage depuis plusieurs siècles, parce qu’ils avaient été rachetés en vue de bâtir des édifices en béton !

Oui, il me semble parfois que nous soyons en effet des « Indiens » en devenir. J’espère de tout cœur me tromper.


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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 17:32

Aujourd’hui, mon discours portera sur une question particulièrement important : qu’est ce qu’être corse ?

La question peut paraître étrange, et la réponse même trop évidente ; mais si vous regardez bien, la réponse est nettement plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord, lorsque l’on réalise que tous les Corses n’habitent pas forcément en Corse, et que toutes les personnes présentes en Corse ne sont pas toutes corses. N’oublions pas non plus de parler des Corses d’adoptions, les vrais, non pas ceux qui se prétendent Corses d’adoption juste pour se vanter.

Oui, la question sur l’être corse nécessite une réflexion approfondie, non pas dans le but de rejeter tout ceux qui ne sont pas corses, comme pour ce qui concerne ce débat nauséabond, en France, sur ce qu’ils appellent l’identité nationale française, conduit par un homme qui a trahit les siens (Eric Besson), et qui fait les choux gras de l’extrême droite française qui se déchaîne comme jamais auparavant.

Pourtant, sans identité, un peuple ne peut exister, et pour cela, le peuple corse n’existe que par son identité, que l’on peut définir comme un ensemble de choses qui font qu’il existe et qu’il est ce qu’il est. Par ailleurs, il serait malsain de réaliser un parallèle entre une nation reconnue et indépendante qui veut d’accorder un sentiment de supériorité sur « les autres », et une autre, plus petite, qui lutte toujours pour obtenir un semblant de dignité et de respect. En fait, au lieu d’identité, je préfère parler d’Esprit Corse, ou d’Âme Corse, voire de « Corsican way of life ».

La question la plus importante sur ce sujet, et je la pose sans ostracisme, ni sectarisme, et surtout, sans racisme, c’est de savoir ce qu’est être corse. Qui peut se définir comme étant corse et quelles sont les caractéristiques de l’être corse.

Pour commencer le débat, je reprendrais la définition donnée par la Cunsulta Naziunale pour déterminer ce qu’il faut être, ou faire, pour être corse, ou tout au moins pour pouvoir prétendre à la Carte Nationale d’Identité. Ainsi, la Cunsulta Naziunale dit qu’est corse toute personne née en Corse et/ou née de parents corses, et/ou marié/e avec un/une Corse, et/ou qui vit en Corse depuis un minimum de dix ans de manière continue et qui témoigne de sa volonté de devenir corse par sa demande d’adhésion à la Cunsulta Naziunale.

Pour moi, et comme je ne l’ai déjà que trop dit, ici ou ailleurs, si je pense que cette définition est très pratique et ne me déplait pas, il n’en demeure pas moins qu’elle reste imparfaite, quoique difficilement perfectible d’un point de vue pratique.

À mon sens, est corse toute personne qui se sent corse au plus profond d’elle-même, avec ce lien indestructible avec sa terre, à tel point qu’il serait incomplet de seulement dire que la Corse appartient aux Corses, mais également que les Corses appartiennent à la Corse.

Aux sources de l’être corse, ou de l’esprit corse, se trouve le fait que tout Corse, au plus profond de lui-même, ressente en effet qu’il est de cette terre de Corse et qu’il lui appartient au moins autant qu’elle lui appartient. Pour paraphraser le célèbre chanteur français Renaud, qui dit que ce n’est pas l’homme qui prend la mer mais la mer qui prend l’homme, je dirais moi aussi qu’être corse n’est pas seulement une question de sang ou de titre de propriété. Certes, celui qui est né de parents corse, et qui plus est qui vie en Corse a, en temps normal, davantage de chances d’être corse qu’un autre, mais pas forcément.

C’est là une relation de niveau spirituel, et non pas nécessairement une question de sang, car il existe également de nombreuses personnes, nées de parents corses et qui peuvent s’enorgueillir d’une présence en Corse depuis de longues générations, mais totalement dépourvu, au plus profond d’eux-mêmes, du plus minime sentiment d’appartenance à cette terre, et de cette conscience commune que nous partageons tous. À contrario, il existe de très nombreux Corses d’adoptions, qui n’ont, à l’origine, aucun lien particulier avec la Corse et son peuple, mais qui ont réussit à acquérir, à moins que ce ne fut inné, ce sentiment très profond dans leurs cœurs et leurs âmes qui font d’eux des Corses.

Pour parler un peu de moi, ce sentiment de double appartenance est exactement celui que je ressens en n’importe quel lieu de Corse, et tout particulièrement dans les vieux villages, dans le maquis ou dans la forêt. Au contraire, à chaque fois que je me suis déplacé en dehors de Corse, pour aller en France ou ailleurs, j’ai toujours eu l’impression de me trouver en terre étrangère pour laquelle c’était moi l’étranger.

 

Être corse n’est pas une manière de se tenir, ou une manière de s’habiller, ou même une manière de conduire sa voiture. Être corse, peut se définir, certes par ce lien charnel avec la terre corse, mais également par l’accomplissement d’actes traduisant ce lien de manière concrète. Non pas nécessairement des actes héroïques, car nous n’en sommes pas tous, mais même de petites choses qui font que nous sommes ce que nous sommes.

J’ajouterais également que nous n’avons aucunement à nous excuser d’être corses, d’être ce que nous sommes, même si par le passé, et encore dans le présent, il y a eu, et il y a ce fameux maudit complexe du colonisé qui ne nous a que trop desservit.

Le pire demeure encore tous ces Corses fourbes, escrocs, voleurs et spéculateurs, toujours prêts à vendre ce qui ne peut moralement être vendu, ou à trafiquer ; des hommes que je me répugne à considérer comme Corses ; ai-je tord ? Je l’ignore. À mon sens, ces gens là, et plus encore que leurs homologues étrangers, sont les pires ennemis de la Corse.

 

En conclusion ?

En conclusion, je dirais que pour moi, être corse constitue une vrai réalité, et que l’on ne peut guère être à demi corse, car il s’agit là d’un concept absolu et binaire. Il s’agit d’une chose qui réside dans l’esprit de chacun d’entre nous, et qu’il est difficile à évaluer de l’extérieur.

Voilà ce qui pour moi est l’être corse.

Je ne vois plus trop ce que je pourrais ajouter à tout cela, mais s’il vous plait, je vous invite à poursuivre le débat que je ne saurais être le seul à tenir, sans oublier que je me sentirais profondément flatté de lire le fond de votre pensée à ce sujet.


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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 19:49

Cari amichi, è fratelli, eccu una piccula testimunianza di certe pratiche di certi stati « dimucratichi ». Quand j’ai vu ça, j’ai été un peu choqué (je dis "un peu", car choqué sous-entends qu’il y a eu une surprise, et là, je savais déjà que ce genre de pratique était monnaie courante, donc, je n’ai pas été surprit), mais en revanche, ce texte m’a mit hors de moi, non seulement à cause de la violence « légale », mais également de la dénomination de « pays démocratique ».

 

« Pendant le trajet vers Madrid, ils me donnaient des coups sans arrêt et me mettaient le sac sur la tête; quand nous sommes arrivés à Madrid, ils m’ont dit qu’on était à la Direction Générale ou quelque chose comme ça. Aussitôt que nous sommes entrés, ils m’ont fait me déshabiller entièrement et m’ont masqué les yeux (…).

Après un jour et demi, ils m’avaient déjà obligé à faire des milliers de flexions pendant qu’ils me donnaient des coups sur la tête, sur le dessus et sur les côtés, avec quelque chose qui ressemblait à un annuaire téléphonique ou quelque chose comme du caoutchouc. Quand ils me donnaient des coups avec cette sorte d’annuaire, je voyais des lumières. Ils me mettaient un sac sur la tête et y faisait entrer de la fumée de tabac. Ensuite ils le fermaient, jusqu’à l’asphyxie (…). Je crois qu’un jour et demi était passé depuis l’arrestation quand ils ont commencé à me faire la baignoire, en plus de tout le reste. Ils m’ont attaché à une sorte de matelas en caoutchouc et me mettaient la tête dans de l’eau glacée. Après ils ont commencé à faire ce qu’ils appelaient aguapark. Ils m’allongeaient sur un matelas, me tenaient les jambes, les bras et la tête, et me jetaient l’eau d’un seau dans la bouche et le nez. Quand je n’en pouvais plus, j’avais besoin de respirer. À ce moment ils me jetaient tout le contenu d’un récipient d’eau au visage et j’étouffais. À ce moment et alors que je me trouvais dans cette situation, j’ai du griffer quelqu’un en essayant de bouger. À partir de ce moment, ils m’ont maintenu les chevilles attachées avec du scotch, et m’ont attaché aussi les poignets après y avoir mis des sortes de protection. J’étais nu, et ils m’obligeaient à écarter les bras. Ils me jetaient de plein récipients d’eau glacée. Je tremblais, ils disaient que j’étais l’ange nerveux.. Alors que nous en étions à deux jours et demi et qu’ils me faisaient l’aguapark et l’ange nerveux, ils m’ont mis à quatre pattes sur le sol et ont essayé de me rentrer un bâton dans l’anus. Comme ils n’y arrivaient pas, ils m’ont allongé sur le ventre et ils m’ont rentré le bâton dans l’anus. À un moment ils m’ont attaché à un matelas, ils m’ont attaché un câble au gros orteil et un autre avec du scotch à la main droite. J’entendais le bruit de décharges électriques mais je ne sentais rien. Je voyais le médecin du tribunal tous les jours, mais quand il m’interrogeait sur le traitement et sur mon état, je ne lui racontais rien. J’avais peur de ce qui pouvait arriver (…). Le jour de l’arrestation, ils m’ont mis le sac sur la tête plus de cinquante fois. Ils m’ont fait faire plus de 10.000 flexions. La baignoire, ils me l’ont fait deux fois. Le seau d’eau souvent. Le simulacre d’électrode deux fois. Les coups sans arrêt (…) J’ai fait trois dépositions devant la Guardia Civil. Ils les avaient déjà préparées. Ils m’ont dit que c’était pour qu’il n’y ait pas de problème. Si j’oubliais quelque chose de ce qu’ils avaient préparé, l’agent instructeur me le rappelait. Et c’est comme ça que toutes les dépositions ont été faites. Si j’oubliais quelque chose de ce qu’ils avaient préparé, ils me le rappelaient. Ils m’ont dit que j’aurai un avocat, mais je n’osais pas regarder. Je ne sais pas s’il y avait un avocat pendant ces dépositions. Je crois que j’ai fait ces dépositions le samedi, le dimanche et le lundi (…). Quand j’ai fini la troisième déposition, ils m’ont ramené au cachot et ils m’ont dit qu’ils allaient me laisser tranquille. Moins d’un quart d’heure plus tard, ils m’ont emmené dans une autre pièce où se trouvait quelqu’un qui n’avait pas participé aux autres interrogatoires. Je m’en suis aperçu à cause de sa voix. Il m’a dit qu’il avait une fonction. Que sa fonction était de me faire sortir ce que je n’avais pas encore dit jusque là. Il a commencé à me frapper au visage, des deux côtés, ce qui me provoquait des blessures à l’intérieur de la bouche. Il m’a attaché le pénis et les testicules avec une corde et il a commencé à tirer. Il tirait aussi avec la main. À ce moment j’ai commencé à saigner sur le pénis. Je l’ai dit au médecin du tribunal, il en a pris note. »


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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 15:20

Bonjour à tous.

Alors, mon site est il mort, ou pas mort ? Ceux qui seraient tenté de répondre par la première hypothèse sont dès lors exclus de la suite de la conversation. Non mais ! Je n’ai peut être pas beaucoup de lecteurs, mais au moins, je me réserve le privilège de les choisir (et de cette manière, je risque d’en avoir de moins en moins, si cela est encore possible).

Bref… nouvel article, qui ne sera pas un copier-coller, cette fois ci (quoique j’espère quand même que mon précédent article ne vous ait pas déplu pour cette raison).

Ah, le printemps ! Saison du renouveau et du retour du soleil… enfin, des fois, parce que cette année…

Tout n’est qu’un éternel recommencement, et les saisons ne durent généralement que le temps qu’il faut pour parvenir à nous lasser et à nous émerveiller du changement de saison. Ceci était une pensée de Maître Phoenix, un grand philosophe chinois du premier millénaire, que tout le monde, à part moi, a oublié. Quel dommage !

Bon… parlons un peu sérieusement, cela me changera. Quoi de neuf depuis la dernière fois ? Oh, plein de choses… tout plein de chose…

Déjà, par rapport à mon précédent article, l’Assemblée de Corse nouvellement élue commence à prendre ses marques et à établir les responsabilités de chacun. Je n’irais pas jusqu’à faire preuve d’angélisme béat, mais j’attends pour voir…

Au niveau de l’actualité mondiale, il y a eu, tout naturellement, cette horrible marée noire en Louisiane et en Floride, énorme catastrophe écologique – une de plus – dont les dégâts risquent d’être sans précédent. Mais tout va bien, du moment que les grands groupes pétroliers sont, quant à eux, en bonne santé.

C’est comme cette étude réalisée sur la dangerosité des téléphones portable. Le résultat a été que les téléphones portables sont sans aucun danger pour la santé des grands groupes de téléphonie !

Et puis il y a eu cet accident survenu à l’avion présidentiel polonais et la mort d’un très grand nombre d’officiels polonais, y comprit leur président. Au-delà du drame en lui-même, ce qui m’a le plus interpelé dans cette affaire, c’est ce journaliste français qui affirmait, à une question posée, qu’une telle chose était impossible en France, dans la mesure où la plupart des responsables politiques français ont tous leur avion privé ! Et après ils essaient de nous faire croire qu’il n’y a plus d’argent dans leurs caisses et que le citoyen de base, celui que l’on appelle le français moyen (et ceux qui ne sont pas français, comme par exemple nous), doit se serrer la ceinture…

C’est comme ce qu’il se passe en Grèce. Le peuple paye à présent des erreurs de gestions (pour utiliser un euphémisme) de leurs gouvernants. Comment s’étonner qu’il soit amer ? Comment un système tel que l’actuel peut-il persister lorsqu’il est fondé sur l’inégalitaire ? Ainsi, en France, et de source sûre, (INSEE), les 1% les plus riches représentent 40 % du patrimoine français, Les 10 % les plus riches 70 % du patrimoine, et les 90 % qui restent se partage très mal le reste, puisque les 10 % les plus pauvres se répartissent 1 % du patrimoine français. Les inégalités entre les plus pauvres et les plus riches n’ont jamais été aussi importantes. Comment un tel système peut-il encore tenir debout ? C’est la question que je me pose, et je n’ai pas la réponse.

Au niveau de la Corse, il y a eu également beaucoup de choses, depuis la dernière fois, dont certaines particulièrement tragiques, dont je n’ai pas nécessairement envie de parler, et qui montrent une fois de plus que l’homme – certains hommes, en tout cas – peut parfois être un monstre abominable.

Et puis, le procès Colonna. Non pas le premier, ni même le deuxième, mais le procès de ceux qui l’ont aidé durant sa cavale. Procès inique, s’il en est, de l’hospitalité et de l’amitié. Cinq personnes se trouvent aujourd’hui dans le box des accusés (sans compter Yvan Colonna lui-même, en procès pour détention d’arme, chose qui à mon avis, est bien le dernier de ses soucis). Si je peux, à la rigueur, comprendre que l’on puisse effectivement penser qu’Yvan Colonna ne soit pas aussi innocent qu’il le dit et le penser coupable, je ne puis en revanche admettre que l’on fasse un procès à des personnes dont le seul crime est d’avoir fait preuve d’amitié et d’avoir été fidèles en amitié. Et d’aucun de dire qu’ils risquent jusqu’à 10 ans de prison pour avoir seulement aidé un ami, et d’autre de se réjouir d’un tel état de fait voire même de pleurnicher devant « l’insuffisance des sentences ». Allez tous voir ailleurs si j’y suis, si tel est votre état d’esprit ! Car je n’ai jamais accepté la haine à l’égard de quiconque, a fortiori lorsqu’elle s’enrobe d’un relent nauséabond de fascisme.

Mais il est clair qu’un état comme l’état français, pour qui l’amitié n’existe qu’à partir du moment où il y a un intérêt en jeu, à partir d’un certain nombre de billets de banque, ne peux comprendre que l’on puisse aider un ami dans le besoin sans rien attendre en retour. Et quand bien même il me serait rétorqué qu’Yvan Colonna n’est pas un personnage « recommandable », je répondrais à cela que la France a, par le passé, offert généreusement l’hospitalité à l’ayatollah Khomeiny, ainsi qu’à Jean-Claude Duvalier, et qu’elle a même hébergé le colonel Kadhafi, tous grands démocrates devant l’éternel ! Dans une telle situation, l’état français, durablement discrédité, ne peut guère se poser en donneur de leçon.

J’ajouterais également que les personnes aujourd’hui jugées pour leur amitié sont au nombre de cinq. Parmi elles, se trouve notamment Patrizia Gattaceca, la chanteuse bien connue que j’ai eu l’honneur de rencontrer il y a quelques temps de cela, et même avec laquelle j’ai échangé quelques pas de danse sur un concert de Jean-Charles Papi. Aussi, espère-je sincèrement que cette affaire se conclura par un acquittement général, la seule solution honorable pour l’état français, si tant est que ce soit l’honneur qu’il cherche. Aussi espère-je

Je conclurais sur le sujet en affirmant que moi aussi, j’aurais ouvert ma porte à un ami dans le besoin, et ce quelques soient les circonstances. Et si vous n’êtes pas capables de comprendre cela, c’est que nous n’avons vraiment pas les mêmes valeurs.

Et puis il y a eu, tout récemment encore, ces arrestations du côté de Portivechju, de trois militants de Corsica Libera, Olivier Sauli, Jean-Claude Jecker et Olivier Lefèvre qui ont été immédiatement déporté sur Paris. Comment ne pas voir dans ces arrestations à répétition, le plus souvent à l’aube et avec brutalités, la preuve d’un authentique harcèlement du mouvement national ? Surtout lorsque l’on sait que les gangsters de droit communs ne sont que très rarement inquiétés (bon… un peu plus maintenant, mais il en aura fallut, du temps).

À noter que les trois interpellés ont immédiatement commencé une grève de la faim et de la soif, ce qui constitue un moyen extrême d’appeler à l’aide, et que deux d’entre eux ont par ailleurs été hospitalisés pour cela, mais cet état de fait ne semble guère émouvoir la police politique française.

Puis, il y a eu les libérations ; deux sur trois. Olivier Lefèvre a été libéré sans aucune charges, Jean-Claude Jecker a été libéré, quoique sous contrôle judiciaire, tandis que Olivier Sauli est à présent officiellement incarcéré à la prison de Fresnes, rejoignant ainsi tant d’autres prisonniers politiques corses. Notons également qu’Olivier Sauli, que je salue au passage (car le connaissant personnellement), fait également partie de l’exécutif de Corsica Libera, et qu’il n’a déjà que trop souffert, par le passé, de la répression liée à son engagement politique.

C’est là que la malignité du système français ne peut qu’apparaître au grand jour, puisqu’il s’agit toujours, comme lors des arrestations du début de l’année, de rafler très largement, de façon à induire chez nous un réflexe pavlovien de satisfaction, lorsque la plupart des interpellés sont libérés, quelques jours plus tard.

Quand on vous dit qu’il y a acharnement !

 

À la prochaine fois…


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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 21:27

Cari amichi, fratelli, è lettori.

Aujourdhui, loin de mes propos habituels, je vous propose la lecture d’un cri d’alarme des plus inquiétants, daté d’il y a déjà quelques années, d’un apiculteur breton, quant à la menace que représente les pesticides et leurs industries, sur notre monde. Parce que d’immenses profits sont à la clefs, nombres de très gros patrons préfèrent hypothéquer la santé des peuples et l’avenir du monde sur l’autel de leurs intérêts.

Aussi, à cet égard, ce temoignage, et toutes sortes d’autres témoignages analogues, ne sont que des armes trop précieuses pour savoir dénoncer, et résister à ces gens là, chose que je ne cesserais, à titre personnel, jamais de faire.

Un très grand merci à monsieur Pierre-Henri Carboni, lui-même apiculteur, pour m’avoir communiqué ce texte et autorisé à en assurer la publication sur ce site (ainsi que sur d’autres, ce qui reste encore à faire et sera fait dans les prochains jours).

Mais place, à présent, au texte :

 

 

 

 L’abeille disparaît à cause des pesticides, il est malhonnête de le contester…

Et la situation continue à se dégrader… Le Grenelle de l’environnement a viré au Grenelle de l’empoisonnement. L’industrie agrochimique remplace les anciennes molécules moins rentables par de nouvelles bien plus lucratives et d’une toxicité encore jamais vue.

 On ne mesure plus le toxique en mg/l, ou en ppm, mais maintenant en ppb (partie par milliard).

 

 Exemple du Cruiser récemment autorisé : la fine pellicule d’enrobage d’un grain de maïs contient 0,63 mg de thiaméthoxam (source Syngenta), ouvrez un ce ces sacs de semences Cruiser, prenez un grain de maïs, un seul, balancez le dans une cuve de 5000 litres d’eau, vous atteignez une contamination de 0,126 µg/L, soit au dessus de la norme européenne de 0,1 µg/L pour l’eau potable. Le thiaméthoxam est hypersoluble dans l’eau (jusqu’à 5 g/L d’eau).

 

 Semé à 100.000 grains/ha, le potentiel de contamination d’un ha de maïs Cruiser correspond donc à la contamination potentielle d’un demi-milliard de litres d’eau à 0,126 µg/L. Une partie de ce thiaméthoxam arrivera inéluctablement à votre robinet. Une partie aussi, c’est l’objectif, se diffusera dans la sève de la plante, et cette fois ce sont nos petites abeilles et tous les insectes pollinisateurs qui resteront sur le champ. Et quel impact d’un tel poison sur les vers de terre et toute la flore microbienne du sol 

 

 Les firmes chimiques connaissent l’extrême toxicité de la molécule ainsi que sa rémanence : « une utilisation seulement tous les 3 ans », « pas de plante attractive pour les abeilles dans la rotation des cultures » (et le maïs ?), « installer des déflecteurs sur les semoirs pour que les poussières ne s’envolent pas », « remplissez le semoir à plus de 10m du bord du champ », « semer par vent faible », « portez des équipements qui protègent les yeux, la bouche et le nez, notamment un masque, des gants, une combinaison à capuche… »

 

 Seraient-ce « les graines de la mort » pour exiger de l’agriculteur tant de précautions ?

 Vous pouvez consulter toutes les précautions d’emplois à l’intention de l’agriculteur … à vous donner froid dans le dos… (1)

 

 Veulent-ils exterminer les apiculteurs, ces témoins gênants ? Les abeilles disparaissent en quantité depuis une dizaine d’années, ce qui correspond à l’arrivée des néonicotinoïdes dont le fameux Gaucho que tout le monde croit interdit mais dont la molécule, l’imidaclopride, est de plus en plus présente dans les sols français. Elle est toujours utilisée pour les céréales, pour la betterave à sucre, pour des fruitiers… sous une vingtaine de marques commerciales, liste que vous pouvez trouver sur le site du Ministère de l’agriculture (2).

 

 Elle est présente partout. Une étude en 2002-2003 relevait que 60 à 70 % des pollens de végétation spontanée contenaient de l’imidaclopride à des doses suffisantes pour constituer une toxicité chronique.

 

 La plupart des apiculteurs sont convaincus de ces faits mais ce n’est pas facile pour eux de le prouver : les abeilles ne revenant pas à la ruche, il est difficile de les faire analyser. On assiste de plus en plus à une dépopulation des ruches tout au long de la saison, avec beaucoup de problèmes de fertilité (beaucoup de ruches bourdonneuses…).

 Et que sait-on aujourd’hui des effets synergiques de plusieurs molécules ? On retrouve un tel cocktail dans la nature, même dans l’eau de pluie !

 Voir étude 1999-2002 (3).

 

 Une récente étude en Italie a prouvé l’extrême toxicité des exsudats de maïs traités aux néonicotinoïdes, de l’ordre de 1000 fois la dose fatale à l’abeille.

La plupart des apiculteurs sont écœurés du refrain de l’AFSSA : « les mortalités d’abeilles sont dues à des causes multifactorielles ».

L’apiculteur était-il plus compétent autrefois ? Il y a moins de 20 ans, des « papis » produisaient du miel en se contentant de soulever le toit de la ruche 2 fois par an, une fois pour poser la hausse, une fois pour l’enlever. Leur principal souci était d’avoir des ruches vides pour installer les essaims naturels qui se présentaient. Aujourd’hui malgré les élevages de reines et les nombreux essaims que nous faisons sans cesse, nous avons en permanence des palettes de ruches vides.

L’évolution est dramatique depuis quelques années. D’ailleurs les chiffres officiels l’annoncent : moins 15 000 apiculteurs amateurs au niveau national entre 1994 et 2004 (source audit GEM) et depuis le déclin s’est accéléré…

Les maladies, parasites ou champignons divers existaient avant, ils ne sont pas la cause première de nos soucis mais plutôt la conséquence de l’affaiblissement par les pesticides. Méfiez-vous de la désinformation perpétuelle pratiquée par le lobby agrochimique dans les médias, sur Internet avec ses liens sponsorisés. Quand vous tapez « abeilles, environnement… » vous avez www.jacheres-apicoles.fr financé par BASF et les grands semenciers, vous y trouvez tout sur les menaces pesant sur l’abeille mais bien sûr un dédouanement des pesticides.

Nous avons face à nous la puissance de l’industrie chimique. Des « journalistes agricoles » tel Gil Rivière-Wekstein leurs sont totalement dévoués… Ils réussissent même à établir une « collaboration » avec des collègues apiculteurs tel Philippe Lecompte, apiculteur, bio de surcroît. Doit-on encore considérer ceux-ci comme « apiculteurs » ou d’abord comme « consultants » pour ces firmes chimiques ?

L’UIPP « l’Union des Industries de la Protection des Plantes », organisme de propagande des pesticides siège à l’AFSSA, ainsi l’on comprend mieux pourquoi l’AFSSA peine tant à accuser les pesticides… Sa présence est-elle compatible avec un fonctionnement indépendant ? (4)

Hier, je suis resté très perplexe à la lecture de la dernière fiche « Avertissements agricoles » sur l’utilisation du Cruiser, émise par le SRPV (Service Régional de la Protection des Végétaux) : juste les précautions d’emploi minimums concernant l’aspect technique… absolument rien sur la forte toxicité du produit, même pas pour l’agriculteur… aucune consigne pour demander de restreindre ce traitement des plus polluant aux parcelles à risque avéré.

Récemment en Bretagne (et ailleurs sans doute) une grosse propagande a eu lieu pour inciter les agriculteurs à commander des semences traitées Cruiser, propagande de l’industrie chimique très bien relayée par certains revendeurs. Ils parviennent à convaincre nombre d’agriculteurs de jouer la sécurité, on met de la semence traitée même ou il y a très peu de risque de taupins, pour ça il y a même des promotions…

Pourtant un technicien agricole expérimenté, libre et indépendant, vous dira que de nombreux agriculteurs conventionnels ne connaissent pas de dégâts sérieux dus aux taupins. Il vous dira que les risques déclenchant sont bien connus : dégradation des matières organiques en anaérobie, pH insuffisant, déséquilibre des sols… Il est aussi évident que ces agriculteurs savent depuis longtemps incorporer les matières organiques au sol bien avant le semis…

Soyons tous bien conscients que ce ne sont pas les 1 à 2 % de parcelles à risque qui sont visées par Syngenta mais bien toutes les surfaces de maïs. Dans leurs documents publicitaires, avec des arguments partisans et mensongers, ils promettent des rendements meilleurs dans toutes les situations. La lutte contre le taupin n’est qu’un prétexte et une porte d’entrée pour convaincre les agriculteurs d’acheter leur poison. Le matraquage systématique par la diffusion de bulletins « Alerte taupins » auprès de techniciens agricoles et dans les journaux agricoles a préparé le terrain depuis quelques années. Ils avaient annoncé un pullulement de taupins suite à l’interdiction de certains produits jugés trop toxiques.

Comme ce ne fût pas le cas, il fallait aux firmes chimiques maintenir la pression, communiquer tous azimuts sur les parcelles touchées, sinon l’absence de traitements (et de taupins) aurait pu habituer l’agriculteur à se passer de ces produits que les firmes veulent rendre indispensables.

Les agriculteurs italiens, eux aussi, ont dû faire face à ces stratégies commerciales offrant certains hybrides quasi exclusivement en semence traitée avec insecticides. Les agriculteurs étaient ainsi contraints d’acheter, bon gré mal gré, de la semence traitée…

Mais en Italie, suite à des hécatombes d’abeilles, toutes les semences enrobées insecticides sont aujourd’hui interdites (Gaucho, Cruiser, Poncho, Régent…). Auparavant, une expérience pluriannuelle, 2003–2006, menée sur un échantillon représentatif des conditions du maïs dans la plaine Padane, avait montré que le traitement avec des insecticides (Gaucho, Cruiser…) n’avait pas d’incidence significative sur les rendements et la production du maïs (Université de Padoue).

L’expérimentation avait mis en évidence que les rendements de maïs obtenus à partir de semences traitées avec fongicides seuls tendent à être supérieurs à ceux obtenus avec des semences traitées avec insecticides, alors qu’il n’y avait aucune différence de production significative entre le maïs provenant de semences traitées avec insecticides et les non traitées. Cette étude contredit tout ce qui est annoncé par Syngenta… En outre, les semences sans insecticide ont tendance à germer plus rapidement.

Malgré l’expérience italienne il va falloir à notre tour qu’on subisse ces hécatombes d’abeilles, qu’on accepte une pollution des sols, de l’eau, de l’air… Tout ça pour les seuls intérêts de Syngenta.

Nos responsables agricoles ne peuvent pas ignorer ces études… On peut donc s’interroger sur le rôle joué par la puissante FNSEA dans cette désinformation. Ses dirigeants roulent-ils exclusivement pour les firmes chimiques et les grands semenciers ? Que font-ils pour défendre, un tant soit peu, les vrais intérêts des agriculteurs ?

Cette année, le produit miracle est chez nous, il s’appelle « Cruiser », et la lutte contre le taupin – ou plus souvent son fantôme - va battre son plein. Après enquête auprès de coopératives je constate, que les pourcentages des surfaces de maïs Cruiser ne sont pas liés au risque taupins mais bien plus en adéquation avec la politique commerciale de la coopérative, et avec son application sur le terrain par des commerciaux plus ou moins scrupuleux. Il n’y a aucune logique agronomique…

Si certaines coopératives n’en ont pas proposé, ou alors très peu, d’autres, telle la Cooperl (producteurs de porcs de Lamballe), atteindront 50% des surfaces…

L’on constate aussi les mêmes écarts au niveau des commerciaux d’une même coopérative : certains commerciaux de Coopagri en limitent l’usage aux parcelles qu’ils jugent à risque tandis que d’autres en sont à plus de 50 %... Soit suffisamment pour qu’on puisse suggérer la commercialisation prochaine d’un beurre « Paysan breton au Cruiser ».

Sur nos 4 départements le maïs couvrira plus de 400 000 ha. 100 000 ha avec Cruiser ? Ou plus ? Qui s’en intéresse ? Imaginez pourtant la quantité de ce poison de thiaméthoxam balancé dans la nature et qui fatalement nous reviendra à la figure… par l’air, par l’eau, par notre alimentation…

Quels seront les dégâts pour nos abeilles déjà trop malmenées ?

Qui peut dire quelle part de ce thiaméthoxam aboutira dans nos rivières ?

Quel est l’avis du consommateur et du contribuable ?

Qu’en pense le conseiller régional quand il doit trouver des millions d’euros pour le programme « Bretagne eau pure »… ou lorsqu’il vote d’importants crédits pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement ?

Tout ceci se fait en usant de formules injustes et malhonnêtes « L’agriculture durable et raisonnée » dit une publicité Cruiser expédiée aux agriculteurs (1). Alors que c’est tout l’inverse du raisonné, puisque l’on pellicule le grain d’insecticide et de fongicide sans savoir s’il y aura attaque d’insectes ou champignon éventuel. C’est le summum du traitement systématique et déraisonné.

L’abeille est le témoin malheureux de ces pratiques inconscientes. Quel éleveur, quelle que soit la production, survivrait économiquement et psychologiquement à des pertes régulières de son cheptel de l’ordre de 30, 40, et parfois au-delà de 50 % ? Des collègues sont désespérés, va-t-il falloir des drames humains, des drames familiaux pour que l’administration française arrête de nous traiter avec mépris. Dans tout rapport officiel sur l’apiculture, une soi-disant incompétence des apiculteurs prend plus de place que les conséquences de l’usage des pesticides. Quand j’ai démarré, il y a 25 ans, quasiment sans formation et sans expérience, la taille de mon cheptel progressait sans difficulté. Aujourd’hui, malgré les techniques que j’ai acquises, les moyens plus importants dont je dispose, je me sens aussi désarmé que le débutant. En cette fin mars, lors de mes premières visites ce printemps, la situation est toujours aussi préoccupante…

Le récent rapport de Martial Saddier « pour une filière apicole durable » ne nous donne aucun espoir. La limite des investigations est fixée dans la lettre de mission du Premier Ministre, Mr Fillon, en une phrase : « sans préjudice de la nécessaire prise en compte de la protection sanitaire des cultures », en d’autres termes : « rassurez les apiculteurs ! Occupez-les ! Mais interdiction au député de mettre en cause les pesticides ». Ces consignes ont été respectées, vous pouvez le constater dans le rapport (6).

Face aux défis que nous devons affronter, les moyens d’actions de notre syndicat sont dérisoires. L’adversaire est puissant mais nous avons pour nous notre bonne foi et notre conscience, et surtout un fabuleux atout : l’opinion publique ! Car de plus en plus de personnes sont victimes de ces poisons jusque dans leur chair et ils doivent, en plus, payer les dépollutions. Nous avons besoin d’être épaulés, nous manquons de moyens financiers pour communiquer, pour combattre l’hypocrisie des lobbyistes de l’agrochimie.

L’urgence et l’enjeu sont de taille, ils concernent chacun d’entre nous.

Le maïs dans nos campagnes bretonnes est une catastrophe pour la planète :

  •  
    • C’est une plante exigeante en eau, en engrais, en pesticides… donc des plus polluantes.
    • C’est une plante déséquilibrée pour l’alimentation de nos troupeaux, obligeant l’agriculteur à compléter les rations alimentaires avec du soja OGM, produit à l’autre bout de la planète au détriment des forêts et des cultures vivrières… affamant encore un peu plus les populations démunies (7).

Diffusez ce message, alertez vos élus car le cruiser :

  •  
    • Constitue une grave menace supplémentaire pour nos abeilles
    • Constitue une grave menace pour l’eau, de nos rivières jusqu’à notre table.

José Nadan

Apiculteur professionnel depuis 1984,

Président du SAPB

Jose.nadan@wanadoo.fr

(1) Guide des bonnes pratiques Syngenta, adressé aux agriculteurs, les 4 pages qui suivent, et site

(2) Site du Ministère de l’agriculture

(3) « Produits phytosanitaires dans les eaux de pluie de la Région Nord–Pas-de-Calais », 1999-2002 l’étude ne semble plus téléchargeable (résultats peut être trop inquiétants ?). Nous pouvons vous la transmettre si vous désirez.

(4) Lire « Pesticides, révélations sur un scandale français. »

(5) Site de la Cooperl

(6) Rapport Saddier

(7) Voir le film « Herbe » (à voir : Le Titanic Apicole - La Terreur Pesticide).


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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 20:56

Bonjour à tous, chers lecteurs quotidiens qui êtes venus tant de fois en ce lieu de perdition à guetter quelques rares nouveautés, et qui toujours êtes repartis déçus de par la stagnation de ce blog ; et qui êtes toujours revenus de moins en moins nombreux, toujours dans l’espérance d’un article neuf, mais qui toujours êtes repartis déçus, pour revenir, de moins en moins nombreux.

 Aujourd’hui, votre peine s’achève. Aujourd’hui, enfin, j’ai quelque chose à vous conter. Aujourd’hui, enfin, j’escompte publier quelque chose, et je pense qu’il n’est que trop temps si je ne veux vous voir tous vous en aller.

 Cumu site, voi, dapoi u tempu ? Moi, je vais bien. J’ai pas mal de travail en ce moment, et c’est uniquement pour ça que je n’avais plus écrit depuis longtemps. Mais arrêtons de chercher des excuses, et place au discours.

 

Depuis la dernière fois que j’avais écrit sur ce blog, il s’en est passé, des choses. Entre une averse de neige, une tempête de neige, quelques belles photos de neiges, et surtout malheureusement des villages de montagnes complètement bloqués durant quelques jours par la neige, il a fait très froid.

 

Mais aujourd’hui, depuis ces dernières semaines, le froid paraît s’en être plus ou moins allé, et l’on sent comme un souffle printanier qui déjà assure la transition entre la poésie hivernale et la poésie printanière dont le but sera de nous conduire à la poésie estivale.

Et au milieu de tout cela, l’élection territoriale !

 

Comment ? Qu’entends-je ? Vous me demandez de quelle élection je parle ? Aiò, aiò ! Vous me macagnez, j’espère… Ils n’ont parlé que de ça, les journalistes, à la télévision, durant le mois précédents, et encore plus durant les récentes semaines, et encore plus durant… oui, vous avez comprit ? Il était temps !

Ah ? En fait, vous aviez comprit depuis le début, mais vous avez juste fait ceux qui ne compreniez rien parce que vous en aviez marre d’entendre parler de partout de cette élection, où chacun dit la sienne. Je peux le comprendre. Vous en avez certainement eu marre d’entendre tous ceux que vous connaissez vous demander de voter pour l’un ou pour l’autre, de retrouver tant de prospectus apposés durant votre absence sur votre voiture, ou d’entendre tant de discours politiques à chaque fois que vous allumez votre télévision.

Mais c’est comme ça ! La Corse est une terre de politique ! Et de football, aussi !

Mais aujourd’hui, pour le football, au vu des résultats de nos équipes, je pense qu’il est mieux de parler de politique.

Voici donc…

 

 

Dans un premier temps, il est primordial de préciser que cette élection, appelée régionale en France, mais territoriale en Corse depuis la mise en place de la Collectivité Territoriale de Corse, la fameuse CTC (c’est vrai que nous ne jamais faisons rien comme les autres nous, mais peut être est-ce parce que nous ne sommes par français), est celle qui présente l’intérêt le plus important pour nous tous.

Rien d’étonnant lorsque l’on sait que c’est cette élection qui se rapproche le plus de l’élection d’une sorte de pouvoir corse, même si les pouvoirs de l’assemblée territoriale sont bien restreints, il faut bien commencer par quelque chose. De plus, c’est la seule élection où l’on puisse espérer une représentativité de toutes les forces politiques corses, et pour cela, son intérêt est plus important encore.

 

Je commencerais donc par présenter les forces politiques en présence sur les listes. Bien évidemment, je commencerais par la présentation des clanistes, ceux qui détiennent le pouvoir depuis bien trop longtemps.

Le plus beau d’entre eux, et le premier qui me vient à l’esprit, est tout naturellement Emile Zuccarelli, le maire de Bastia. Surnommé Milou a Zucca, ou plus méchamment Scruccarelli, il détient la mairie depuis 1989 (je ne parlerais pas de la brève époque durant laquelle il a abandonné son titre de maire à un adjoint pour devenir ministre ; c’est sans intérêt). Avant lui, de 1968 à 1989, le maire de Bastia était Jean Zuccarelli, son père. Avant la guerre, le maire de Bastia était Emile Sari, parent par alliance avec Jean Zuccarelli (qui était déjà antérieurement maire de Santa Lucia di Mercuriu dans le Boziu). Mais attention, cela ne s’arrête pas là ! Car Emile Sari était déjà le neveu d’Auguste Gaudin, maire de Bastia au XIXème siècle !

Pour savoir qui était maire avant Auguste Gaudin, il faudrait piocher dans les archives, mais je préfère vous annoncer tout de suite que je n’ai pas la réponse.

Mais maintenant qu’Emile II Zuccarelli commence à se sentir un peu vieux, surtout après sa défaite aux législatives de 2007 (au cours desquelles il perdit contre Gandolfi-Scheit (le maire, de droite, de Biguglia), il semble se préparer à laisser le pouvoir à son fils Jean (il faudrait dire Jean II), 44 ans, agent d’assurance, habitant en Corse depuis 2006 (ce qui lui aurait largement laissé le temps de bien connaître son pays), conseiller municipal à Bastia depuis 2008, chargé des décorations de Noël (poste d’une importance extrême !), et très bien placé, au premier tour, sur la liste de papa. Notre Jean Sarkozy à nous !

 

Pour reparler du père, j’ajouterais également qu’il a passé les vingt dernières années de sa vie à toujours s’opposer à toute avancée, à toujours voter contre tout ce qui aurait pu faire changer quelque chose pour la Corse ; un partisan de l’immobilisme parmi les plus caricaturaux !

 

Bien entendu, nous pouvons nous demander comment un tel personnage puisse demeurer en place sans aucun programme électoral. La réponse n’est que trop simple : le clan ; le système du clan ; le clanisme. C’est cela qui le maintient en place. À chaque élection, il est toujours prêt à donner quelques sous à ses électeurs, promettant un emploi à l’un, un logement social à l’autre, une place de parking à un troisième,… voire même des réfrigérateurs ! (ne riez pas, l’exemple des réfrigérateurs est authentique !), mais tout cela sans aucun programme réel. En réalité, il s’agit d’utiliser son pouvoir d’élu pour continuer de demeurer élu. La plus belle définition qui soit d’un politicien démagogue. La route de la facilité, car il est toujours plus facile de faire des petits cadeaux que d’avoir de véritables idées.

C’est de cette manière là qu’il se maintient à la mairie de Bastia (c’est également ainsi que bien d’autres se maintiennent). Pourtant, s’il est très bien implanté sur la ville de Bastia, où il remporta une très large majorité, presque absolue, des suffrages, durant les municipales de 2008, sa popularité dans le reste de la Corse s’est quasiment effondrée par rapport aux précédentes territoriales, le faisant passer de 18 % (en 2004) à 8 %.

Belle déroute lorsque l’on sait que c’était lui qui, avec son complice, le sénateur Nicolas Alfonsi, était à l’origine du haussement de la barre minimal pour le maintien au second tour, de 5 % à 7 %. Cela dans le but de se débarrasser une fois pour toutes des nationalistes et des communistes. Pourtant, avec son petit 8 %, il a fait moins que les deux listes nationalistes et la liste communiste. Ça lui va bien !

 

Malheureusement, Emile Zuccarelli est loin d’être notre unique chef de clan, car il y a aussi les autres, qui fonctionnent de la même manière, mais qui sont là aussi. Celui qui vient juste après ne peut être que Camille de Rocca Serra, député de Porti Vechju, ville dont il est également maire par procuration (puisque le maire actuelle n’est rien d’autre qu’un homme de paille, placé à ce poste dans la mesure où la loi contre le cumul des mandats le lui interdit). C’est le fils de Jean-Paul de Rocca Serra, le renard argenté (mort en 1998 à 87 et demeuré au pouvoir jusqu’à sa mort), qui était déjà le fils de Camille Ier de Rocca Serra, fils de Jean Paul Ier de Rocca Serra, qui était déjà apparenté avec la famille Abbatucci, détentrice du pouvoir à Porti Vechju avant les de Rocca Serra.

Une autre dynastie maintenue en place par le système du clan et du clientélisme. Le même système qui a si bien profité aux Zuccarelli.

Sans avoir ni le charisme ni l’intelligence de son père, Rocca Serra junior, à la tête de l’Assemblée de Corse depuis 2004, fit la brillante démonstration de sa totale incompétence en matière de politique et de gestion. Il se fit tout particulièrement remarquer en téléphonant systématiquement à Sarkozy à chaque fois qu’il y avait une décision importante à prendre. Il se fit également remarquer avec son PADDUC, très certainement élaboré par des amis à lui, projet dont je n’ai que trop parlé. C’était lui, le très jet-set et bling-bling (pour reprendre une expression consacrée) politicien qui entendait faire de la Corse une réserve pour les riches, les affairistes, et les spéculateurs… un grand ami de Nicolas Sarkozy et de Christian Clavier.

Il avait fait, au cours de sa mandature, tant de dégâts à la tête de la Corse, que même plusieurs hommes politiques de droite ont publiquement déclaré avoir honte de lui (comme Jean Baggioni, par exemple), et que même arrivé en tête à l’issue du premier tour, il était clair qu’il était le grand perdant des élections, car il n’avait aucune possibilité d’alliance avec personne. Il a même été battu par la liste autonomiste dans sa ville de Porti Vechju ! Et au cours des deux tous, en plus !

Une déconfiture historique qui, je l’espère, se poursuivra au moins jusqu’aux prochaines municipales.

 

Nous en arrivons au principal vainqueur de ces élections, et qui est également le dernier grand chef de clan qu’il nous restait encore à voir : Paul Giaccobi.

Fils de François Giaccobi, lui-même fils de Paul Ier Giaccobi, lui-même fils de Marius Giaccobi, fils de Formose Giaccobi,… dynastie qui remonte au début du XIXème siècle ! Encore une vielle famille du clan.

Au contraire de son père qui était antinationaliste primaire, à l’instar de l’Emile Zuccarelli actuel, Paul Giaccobi, lui, parait toujours beaucoup plus ouvert au dialogue et à la discussion. Mais ne nous y trompons pas ! Cela signifie juste qu’il est beaucoup plus malin que Zuccarelli, car au lieu de ressembler à un bâton inflexible, qui pointe toujours dans la même direction (un proverbe français dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis), et dont la seule politique, outres son clientélisme patenté, consiste en une condamnation inconditionnelle du mouvement national, Giaccobi, quant à lui, a toujours fait celui qui voulait faire avancer les choses. Il n’en est que plus dangereux que Zuccarelli, car plus intelligent et plus subtil, car sous ses allures d’anguille, il est très rusé.

Ah oui ; j’ai oublié de vous le dire : Paul Giaccobi est au PRG, au même titre qu’Emile Zuccarelli, d’ailleurs. Cela dit, lorsque l’on parle du clan, le parti politique n’est qu’accessoire, puisque la politique demeure la même.

 

Il reste encore à parler des listes non-claniques. Au-delà de la liste communiste, de celle de Simon Renucci et des petites listes, je veux bien sûr parler des listes du mouvement national ; autonomistes et indépendantistes, pour lesquelles, je tiens à dire, dans un premier temps, qu’il n’y figure aucune pratique du clanisme traditionnel ; car là, on a quelque chose à proposer. Il est possible d’être partisan, ou au contraire, détracteur des propositions formulées par chacune des listes, mais il est en revanche impossible d’affirmer qu’elles n’ont pas de programme. Ainsi, Femu a Corsica ne peut s’assimiler au seul Simeoni comme Corsica Libera au seul Talamoni, ou tout au moins, tel est mon avis.

Il n’y a eu, à aucun moment, la réalisation d’une alliance entre les deux listes. Personnellement, une alliance ne m’aurait pas à proprement parler déplu, mais je considère cependant qu’ainsi, les choses sont claires ; les autonomistes à Femu a Corsica, et les indépendantistes à Corsica Libera. De toute manière, les deux listes ne sont pas ennemies, et nous pouvons toujours discuter.

 

Au premier tour, comme je l’ai déjà dit, la droite a été défaite. Emile Zuccarelli s’est effondré, tandis que les grands gagnants de ces élections furent Paul Giaccobi, les communistes, et les nationalistes. Pour parler de ces derniers, il faut dire qu’avec un total de presque 29 % des voix, on peut parler d’une élection historique.

 

Les jours qui suivirent le premier tour, Giaccobi organisa l’union de toute la gauche (lui-même, les communistes, les zuccarellistes, et ceux qui avaient suivit Simon Renucci, le maire socio-bonapartiste d’Ajaccio) dans son village de Venacu (choisit pour bien montrer qu’il était maître) pour la création d’une liste commune, sur laquelle il s’imposa tête de liste. Dominique Bucchini obtint la future place de Président de l’Assemblée de Corse, et Giaccobi celle de Président du Conseil Exécutif, demeurant ainsi l’homme fort de la Corse. Emile Zuccarelli se retira purement et simplement de la liste (c’est déjà ça), mais il parvint à placer son fils en bonne position sur la liste d’union de la gauche. Je pense que l’on peut avoir confiance en ce self-made-man bastiais qui, même s’il n’avait pas été le fils de qui vous savez, se serait quand même retrouvé à la cinquième place de la liste.

 

Dans le même temps, la droite, aux abois, organisa elle aussi quelques réunions. La peur ne manqua pas de leur inspirer quelques conn… Ainsi, Stéphanie Grimaldi déclara, sans rire, qu’avec Bucchini, un communiste (sacrilège suprême pour la droite) à la tête de l’Assemblée, la Corse deviendrait comme Cuba ou la Corée du Nord ! (même si ce n’est pas une blague, vous pouvez rire). Quelqu’un d’autre déclara également qu’avec les autonomistes au pouvoir, les jeunes auraient l’infâme obligation d’apprendre à parler corse ! (si seulement ça pouvait être vrai)… C’en était pathétique !

 

Au second tour, Giaccobi fit, comme prévu, un très bon score (quoique sans obtenir la majorité absolu qu’il avait tant désiré), suivit par de Rocca Serra, par les autonomistes, et par l’indépendantistes (qui à eux deux obtinrent un total de voix supérieur à la droite, et presque autant que la gauche, à seulement mille voix près).

Pour moi, cette élection marqua réellement l’effondrement de l’immobilisme et de la droite façon Sarkozy. Enfin de nouvelles perspectives semblent s’ouvrir.

Quelques jours plus tard, Bucchini fut élu, sans surprise, Président de l’Assemblée de Corse, et Giaccobi, le nouveau vrai maître du jeu, Président de l’Exécutif. Ainsi donc, le grand gagnant du pouvoir fut donc Paul II de Venaco. Certes, je pense qu’il pourra difficilement faire pire que ses prédécesseurs, mais pour être totalement francs, je n’ai aucune confiance en ce trop mielleux personnage, adepte de la langue de bois et des promesses à répétition, qui manque totalement (volontairement ?) de clarté pour un vrai chef.

Enfin, on verra bien.

 

Je conclu cette revue par la liste de tous les élus de la nouvelle Assemblée (sans évoquer le Conseil Exécutif, qui à l’heure actuelle, n’est pas encore élaboré) :

 

 

Liste d’union de la gauche :

 

Paul GIACOBBI

Emmanuelle DE GENTILI

Dominique BUCCHINI

Vanina PIERI

Jean ZUCCARELLI

Marie-Thérèse OLIVESI

Jean-Louis LUCIANI

Maria GUIDICELLI

Pierre GHIONGA

Pascaline CASTELLANI

Antoine ORSINI

Marie-Hélène PADOVANI-VALENTINI

Michel STEFANI

Josette RISTERUCCI

Paul-Marie BARTOLI

Rosy FERRI PISANI

Jean-Charles ORSUCCI

Viviane BIANCARELLI

Balthazar FEDERICI

Simone CALENDINI

Jean-Baptiste LUCCIONI

Laetitia CASALTA

Etienne BASTELICA

Annonciade NIELLINI

 

 

Liste Rocca Serra :

 

Camille DE ROCCA SERRA

Anne-Marie NATALI

Ange SANTINI

Stéphanie GRIMALDI

Jean-Jacques PANUNZI

Diane BEDU

Antoine SINDALI

Christine GUERRINI-LIMONGI

Marcel FRANCISCI

Nathalie RUGGIERI

Etienne SUZZONI

Marie-Antoinette SANTONI-BRUNELLI

 

 

Liste Femu a Corsica

 

Gilles SIMEONI

Nadine NIVAGGIONI

Jean-Christophe ANGELINI

Agnès SIMONPIETRI

Jean BIANCUCCI

Christine COLONNA

Xavier LUCCIANI

Mattéa LACAVE

Hyacinthe VANNI

Fabienne GIOVANNINI

Michel CASTELLANI

 

 

Liste Corsica Libera:

 

Jean-Guy TALAMONI

Véronique SCIARETTI

Paul-Félix BENEDETTI

Josépha GIACOMETTI.


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