Mercredi 17 juin 2009

Bonjour à tous. De toute évidence, j’ai tendance à ralentir exagérément le rythme de publication de mes articles. D’un autre côté, c’est assez inévitable, lorsque l’on a quelque chose à faire (que voulez-vous ? J’ai du travail, moi ! Je n’ai pas le loisir de passer mes journées à l’ordinateur à écrire des pages et des pages.

Et quand bien même cela fut le cas (car je ne peux nier avoir également des moments de libres), je préfère généralement passer mes moments de libres dans le monde réel, si vous voyez ce que je veux dire.

Aiò ! Ne vous vexez pas. S’il vous plait… Je ne voulais pas vous vexer.

Vous m’en voulez ?

 

Bon, très bien. Pour me faire pardonner de mon manque d’assiduité, je vais vous offrir une petite analyse complète de l’actualité à divers échelon, comme au bon vieux temps (non… je ne peux quand même pas dire ça… ça me vieillit trop)… enfin, je veux dire, comme à une certaine époque (c’est déjà mieux).

 

Pour commencer, je tenais à réagir à chaud face à un évènement assez récent, certes peu important à long terme, mais emblématique d’une certaine situation. Je veux parler du fait que Nicolas S. aie été hué lors de son passage au Gabon pour l’enterrement du très sympathique et très estimable Omar Bongo, grand démocrate devant l’Eternel (non… je ne peux quand même pas écrire ça…)…

Pour en revenir à l’évènement proprement dit, je dirais que, pour moi, le fait que Sarkozy ait été hué au Gabon constitue une bonne chose.

En effet, au delà de la personnalité même du personnage, et bien au delà de la simple période actuelle que constitue la présidence de ce bien-aimé Commandant Suprême, l’Etat français a, de par son colonialisme immonde, profondément contribué à enfoncer toujours plus les Africains dans la misère. Dans un premier temps, au XIXème siècle, par un colonialisme que les théoriciens racistes de l’époque justifiaient par une prétendue "supériorité" des occidentaux sur les Africains ; colonialisme qui consistait purement et simplement en la négation des peuples (quand ce n’était pas pire) dans toutes leurs composantes, accompagnée d’un endoctrinement des mentalités, et un authentique pillage des ressources.

Puis, avec la décolonisation, les pays colonisateurs ont cependant réussit à maintenir en place des systèmes politiques abjects basés sur la manipulation, maintenant des liens avec leurs anciennes colonies, et mettant en place des dictateurs immondes (tels ce Bongo, enterré récemment), contre la volonté des peuples, et permettant ainsi de pérenniser le pillage institutionnalisé de tout un continent, dont les peuples continuent encore aujourd’hui d’être, pour beaucoup, sous le seuil de la pauvreté, tandis qu’une petite élite vendue aux anciens pays colonisateurs, continue de s’enrichir honteusement au détriment des peuples, et à l’instar de nombreux trusts néo-colonialistes.

Pour tout cela, et pour toutes autres sortes de raison que je pourrais tout aussi bien développer ici même, je me réjouis de voir que des Gabonais se révoltent (même si le terme paraît excessif pour de simples huées, au demeurant méritées) contre le colonialisme et le néo-colonialisme.

Il est temps, il est grand temps que ces systèmes tombent.

« On ne négocie pas avec un système colonialiste ; on l’abat. » fin de citation (Edmond Simeoni).

 

Sinon, en ce qui concerne l’international, il y a aussi les récentes élections en Iran qui n’en finissent pas de susciter l’évènement, comme on dit. Pour ma part, sans évoquer les politiques qui dirigent ce pays par force manipulations, je dirais simplement que j’ai beaucoup de peine pour le pauvre Peuple Iranien, qui n’en finit plus de souffrir, tant sous la dictature du Shah, que par la suite celle, radicalement différente, mais tout aussi sanguinaire, des Ayatollahs, et qui aujourd’hui encore et toujours, continue de souffrir.

 

À l’échelle de la Corse, divers évènements sont également à retenir. Ainsi, hier, à l’Assemblée de Corse (mais oui, l’assemblée régionale corse, relai local de la voix du Commandant Suprême Nicolas Ier, et organe prodigieusement inutile en l’état actuel des choses), devait avoir lieu le débat sur le PADDUC (rappelez-vous, ce projet de développement durable des intérêts particuliers de certains spéculateurs, corses ou non).

L’exécutif en place, d’obédience UMP sarkodépendante, se sachant en minorité sur ce point précis, décida purement et simplement de ne pas débattre du projet et de ne pas le soumettre au vote !

Bien évidemment, une telle absurdité suscita une grande colère de la part des opposants à ce projet, à tel point que la séance dut s’interrompre.

 

On est en droit de s’interroger jusqu’où pourront aller les décideurs pour contrer au mieux la volonté d’un peuple qui a déjà refusé ce PADDUC.

 

 

Et puis il y a aussi les bonnes nouvelles. Ainsi, c’est aujourd’hui qu’eut lieu le verdict du procès en appel de Félix Benedetti, Anthony Bozzi, Michel Terrachon, et Maxime Susini, accusés soi-disant d’avoir allumé l’incendie dans le bureau d’un des toutous locaux de Nicolas S. : Ange Santini. Les charges qui pesaient contre eux étaient totalement fantaisistes et bouffonnes, mais néanmoins dangereuses, puisque DEUX ANS DE PRISON FERMES avaient été requis à l’encontre de ces militants sur de simples présomptions plus que fumeuses (c’est le cas de le dire), car il faut bien le dire, en dépit des manipulations de certains, les dossiers contre ces militants sont totalement vides ! Il y avait là un véritable acharnement de l’Etat français à nuire à ces militants, puisqu’il y avait déjà eu un premier procès et un premier acquittement ; mais un tel verdict ne convenait, de toute évidence le parquet avait fait appel.

J’ai le plaisir de vous écrire ce soir que ces quatre militants de Corsica Libera ont été définitivement acquittés !!

Par Cumpà - Publié dans : Attualità corsa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 1 mai 2009

Bonjour à tous, si je prends aujourd'hui la plume, c'est pour faire remonter un fait qui constitue, selon moi, un fait très important, tout en me permettant de continuer ma série entreprise sur l’environnement. 

 

Aussi, je prends aujourd'hui pour cible Veolia (je pense qu'il est inutile de vous rappeler ce qu'est Veolia).

Cette firme tentaculaire, qui se fait appeller Kyrnolia en Corse (en espérant acheter quelques indigènes naïfs), qui gère en délégation les réseaux d'eau sur le concept de l'affermage. Le concept de l'affermage signifie qu'une commune, ou un groupement de commune, fait appel aux services d'une société pour assurer la distribution d'eau. Pour autant, la société en question n'entreprendra aucune construction d'ouvrage à cet égard (réservoir, station de traitement,...), et aura toute la liberté pour fixer le prix de l'eau comme elle l'entend, occasionnant souvent de très importants abus.

Le libéralisme dans toute sa splendeur !

Un énième abus du système actuel !

 

Exemple concret vérifié, et certifié authentique : dans la région de la Balagne, la station de traitement de Codole y traite les eaux du barrage éponyme pour les rendre consommables. Le traitement y est très poussé (je ne le détaillerais pas ici, à moins que vous ne désiriez en davantage). Puis, une fois traitement, l'eau est vendue à Veolia au tarif de 0.60 €/m3.

Puis, Veolia s'occupe ensuite de revendre cette eau aux communes de Balagne au tarif qu'elle désire.

Ainsi, pour prendre un seul exemple, à Santa Riparata di Balagna, village situé à proximité du barrage et soumit à un contrat d'affermage, l'eau coute 3.50 €/m3 !

 

Le Barrage de Codole

 

La statin de traitement de Codole


 

Ce qui signifie que Veolia, sans même effectuer un seul traitement sur l'eau potable, (puisque la station de Codole permet de fournir de l'eau parfaitement potable à Veolia), se permet de quintupler (et même plus), le prix réel de l'eau, dans le seul but de faire des bénéfices !

Je vous laisse juger...

Par Cumpà - Publié dans : Pulitiche
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 25 avril 2009

L'environnement, c'est important.

(belle introduction, d'une banalité époustouflante, mais belle introduction quand même).

À l'heure actuelle, aucun parti, aucune idéologie, aucun projet de société qui se veut réaliste ne peut plus, comme par le passé, se concentrer exclusivement sur le présent, mais également sur l'avenir.

L'objectif du développement durable, définit par les Nations Unis, est de concevoir un développement qui satisfasse à nos besoins présents sans pour autant compromettre les capacités qu'auront les générations futures à satisfaire les leurs.

En d'autres termes, il s'agit également de concilier l'efficacité économique avec l'équité sociale, et la soutenabilité environnementale (oui, "soutenabilité" existe).

À cet égard, j'entame une série (qui ne sera peut être pas continue dans le temps), pour parler d'environnement.

Première cible : la Centrale EDF du Vazziu, à Aiacciu.

La Centrale EDF du Vazziu


Centrale fonctionnant au fuel lourd, mise en place voilà une bonne vingtaine d'année, et constituant déjà, à l'époque de sa mise en place, un modèle périmé. Cette centrale, à l'instar de sa consoeur situé à Lucciana, sont deux hérésies environnementales, toutes deux classées risques Seveso, dont les émissions de gaz polluants comme le dioxyde de soufre et le dioxyde d'azote sont fréquemment trois fois supérieures aux normes. Pourtant, en Corse, EDF bénéficie d'une dérogation spéciale l'autorisant à polluer plus.

Il est également utile de préciser que la centrale du Vazziu est considéré comme l'établissement le plus polluant de France ; tout comme il est primordial d'ajouter que dans les quartiers environnants situés sous le vent, le nombre de cas de cancers et d'asthme chronique y est beaucoup plus élevé qu'à la normale.

Depuis des années, nombreux sont ceux (et je suis fier d'avouer que j'en fais partie) qui se battent pour obtenir la fermeture pure et simple de ces deux poubelles. Malheureusement, l'Etat français ne veut rien savoir, et les projets de substitutions par énergies renouvellables ne sont guère encouragés par les autorités publiques, bien que des études de faisabilité démontrent que ces projets alternatifs soient en mesure de fournir de l'énergie à la Corse entière, se passant donc des deux centrales thermiques périmées.

http://levante.fr/vaziu/vaziu_dossier_280602.html

C’est ce genre de situation qui nous conforte, nous autres indépendantistes corses, dans ce sentiment que l’état français n’a aucun respect pour nous, qu’il nous traite comme des sous-hommes (l’expression peut choquer, mais c’est réellement ce que j’ai l’impression qu’il pense de nous), et qu’il est grand temps pour nous de prendre le large. (et je vous dis cela sans haine pour quiconque).

Par Cumpà - Publié dans : Pulitiche
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 4 avril 2009

Bonjour à tous. De toute évidence, je ne brille guère par la quantité de mes articles. Espérons qu’au moins je brille par leur qualité (on peut toujours rêver !).

Après le mois de février dont j’ai abondamment parlé qui, bien qu’il soit le plus court, m’aura semblé quant à moi particulièrement long (pour des raisons strictement personnelle concernant exclusivement mon actualité personnelle), est venu le mois de mars, et nous sommes aujourd’hui dans les premiers jours du mois d’avril. Il est dit, dans une légende corse, que le mois de mars avait demandé au mois d’avril de lui prêter ses premiers jours. Pour cette raison, les premiers jours d’avril ressemblent généralement aux jours du mois de mars (avril n’a jamais porté plainte contre mars qui ne lui a jamais rendu ses jours). Je dois dire que c’est un mois assez fatiguant que le mois de mars : il ne fait pas chaud, mais il ne fait pas froid, et le temps et la température varient tant qu’il est courant de se changer jusqu’à trois ou quatre fois par jour !

 

Dimanche 29 mars, à 15 heures, à l’Università di Corti, s’est tenue la Ghjunta de Corsica Libera. La Ghjunta, constituée de l’ensemble des délégués des sections locales (à raison de un délégué pour 5 militants), est l’un des organes décisionnels du mouvement. L’ordre du jour de cette réunion était, entre autres choses, la mise en place d’une direction au mouvement. À ce titre, la Ghjunta a procédé à l’élection du Président de la Ghjunta de Corsica Libera, et de ces deux Vice-présidents.

  • Eric Simoni fut élu Président de la Ghjunta
  • Joseph Colombani Premier Vice-président
  • Paul Medurio Deuxième Vice-président

Puis, la Ghjunta, ainsi que les militants présents, sont allé manifester devant la sous-préfecture de Corti pour protester contre la répression en Corse, et tout particulièrement la situation de harcèlement de Cédric Courbey qui avait été arrêté pour une prétexte fallacieux (une perquisition avait trouvé une douille 9 mm chez lui !), mais malgré cela déjà expédié sur Paris, siège de « l’antiterrorisme ».

Puis, quelques jours plus tard, Cédric Courbey a été libéré, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui (ancu di grazia !)

Bref ; la « routine ».

 

Pour autant, il s’est passé, cette semaine, lundi très précisément, un évènement d’une extraordinaire gravité que je ne pourrais pas taire : une authentique tentative d’assassinat.

Ainsi, depuis l’annonce du verdict à l’encontre d’Yvan Colonna, de nombreuses manifestation de soutient et de dénonciation de l’arbitraire de la « justice » avaient spontanément éclaté en Corse. Lundi, à Bastia, une manifestation de collégiens et de lycéens a littéralement tournée au drame ! À la tragédie !

Outre la violence inouïe des CRS et gardes mobiles envers des mineurs, et passages à tabacs à plusieurs hommes adultes et entrainés contre des adolescents moins aguerrit, beaucoup de choses scandaleuses (et le mot est bien faible) se sont déroulées :

Tout d’abord, il y a eu au moins 4 ou 5 arrestations. Dans l’un de ces cas, l’adolescent avait plusieurs fractures, occasionnées par les mauvais traitements des CRS (les forces du désordre), et n’a même pas bénéficié de soin, puisqu’il a été conduit au commissariat après un très bref détour par l’hôpital !

Le pire reste encore ce jeune collégien de 12 ou 14 ans, qui a reçu un tir de grenade lacrymogène en pleine tête, tiré à bout portant !!!

LE CRS EN QUESTION, A TIRE SUR UN ADOLESCENT, À TROIS MÈTRES DE DISTANCE, EN LE VISANT DELIBEREMENT À LA TÊTE, ET SELON LES TEMOINS, AVEC UNE FROIDEUR DECONCERTANTE DE SADISME, À L’ENCONTRE D’UN ADOLESCENT À PEINE SORTI DE L’ENFANCE.

LONGTEMPS, CE COLLEGIEN EST RESTEE DANS LE COMA ENTRE LA VIE ET LA MORT.

LE PRONOSTIC VITAL A ETE LEVE, MAIS IL EST CLAIR QU’IL CONSERVERA TOUTE SA VIE DURANT DES SEQUELLES DE CET ACTE DE BARBARIE POISSEUX DE CRUAUTE ;

C’EST TRÈS CLAIREMENT UNE TENTATIVE D’ASSASSINAT !

CE CRIME NE DOIT PAS DEMEURER IMPUNIT !!!!

 

Une manifestation a été organisée dans le feu de l’action à Corti devant la sous-préfecture, car nous nous devions de réagir, et puis une autre à Bastia cet après-midi.

Le Peuple Corse se devait de réagir face à cette intolérable agression et montrer qu’il existe toujours.

Lorsqu’un peuple est en danger de mort, il est en légitime défense.

On ne transige pas avec un système colonialiste ; on l’abat.*

Car si nous ne montrons pas aux gens que nous avons en face que nous ne mobilisons pas pour défendre un être à peine sortit de l’enfance et de ses émerveillements, mais qui a déjà sa vie gâchée du fait de l’incroyable barbarie de la répression policière, il y a fort à parier que plus jamais nous ne serons respecté en tant que Peuple, et que les forces de répression nous piétineront jusqu’à nous exterminer. Pour cela, le rassemblement d’aujourd’hui était plus que prépondérant, et de lui dépendait l’avenir de tout un Peuple.

 


 

 

* NB : je parle d’abattre un système, nullement d’abattre des hommes ; ne déformez pas mes propos, s’il vous plait.

Par Cumpà - Publié dans : Pulitiche
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 14 février 2009

Bonsoir à tous, je crois bien que c’est la première fois que j’écris ici aussi tard. Pour autant, je crois que j’ai perdu en régularité quant à ma fréquentation de ce site. Pourtant il y en aurait des choses à dire… non que je me présente en un Unique Diseur de Chose, mais il faut quand même reconnaître qu’il m’arrive de le faire. Enfin bref…

Nous sommes donc en hiver. Rien de très original, me diriez-vous. Cependant, et c’est une constante chez moi, je suis très saisonnier. Entendez par là que je suis très attaché aux quatre saisons, et que je suis toujours heureux quand le printemps vient, quand l’été vient, quand l’automne vient, et enfin, quand l’hiver vient. Parce que chaque saison a son charme unique et particulier.

Ainsi, l’hiver est par excellence la saison du froid, la saison des longues nuits au chaud (l’écriture de ces quelques lignes font naître dans mon esprit une pensée attristée pour tous ceux qui n’ont pas cette chance d’avoir un endroit chaud où dormir), la saison des agrumes en général et des oranges en particulier, la saison des bons feux de cheminée, la saison de l’utilisation de tout ce qui a été récolté en automne (telle la farine de châtaigne)… enfin et surtout, la saison de la neige.

Car il a neigé… assez peu, par rapport à d’autres années, mais il a quand même neigé. Au-delà de l’aspect gênant que peut avoir la neige dans certains endroits isolés, risquant de bloquer une route, un passage, j’ai toujours considéré que la neige apportait toujours un surplus de poésie à tout paysage recouvert de neige.

 


Mais ce n’est pas l’hiver de partout. Ainsi, ces derniers jours, à la télévision (que je n’allume quasiment plus que par hasard tant les programmes me paraissent de plus en plus stupides… à moins que ce ne soit moi qui devienne de plus en plus intelligent… Comment savoir ?), il a beaucoup été question de la Guadeloupe et de la grève générale qui la paralyse. Les journalistes ont surtout parlé des touristes déçus et des directeurs de club de vacances qui galéraient. Quasiment pas un mot sur les nombreux Guadeloupéens qui se révoltent légitimement du coût exorbitant de la vie, et de nombreux autres abus dont ils sont les premières victimes (quand je vois comment c’est chez nous en Corse, je me dis que ça doit être pire encore là bas à ce niveau là, et à ce titre, je les soutiens). Certains semblent prendre le problème à l’envers. Volontairement ou involontairement ? Je ne saurais l’affirmer avec précision, mais il va de soi qu’il est normal que les Guadeloupéens en aient marre depuis des années (si ce n’est plus) d’être victimes d’abus en tous genres (tel, même si dans le cas présent, cela n’a rien à voir avec la grève, l’immonde scandale des pesticides non autorisés en « métropole », qui semble présenter un petit air de famille avec le coup du nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté à la frontière française, ou encore, le sang contaminé). De même, les Guadeloupéens ont parfaitement raison de ressentir qu’ils constituent l’une des dernières colonies de « l’Empire Français », et qu’on les traite toujours comme des colonisés. Et s’ils réclament leur Indépendance, ce serait leur droit le plus légitime (en fait, Corses et Guadeloupéens sommes assez similaires, sur ce point de vu là).

 

Au-delà de la Guadeloupe, il faut dire que toute l’équipe du Commandant Suprême semble littéralement faire l’exact inverse du roi Midas de jadis : tout ce qu’ils touchent se transforme, non pas en or, mais en difficulté. À ma connaissance, il n’y a pas un corps de métier qui ne soit en opposition plus ou moins marqué avec cette gouvernance à coup de gesticulations. Sarkozy a réussit la prouesse de faire en sorte que Chirac soit regretté. Espérons seulement que le prochain ne poursuive pas dans cette logique, en faisant en sorte que Sarkozy soit regretté…

 

Et puis, comme autre fait marquant de l’actualité, il y a le fameux procès en appel d’Yvan Colonna. Je m’étais personnellement promis de ne pas en parler trop (ou tout au moins de ne pas redire exactement les mêmes choses que j’avais déjà dites lors du premier procès), mais dans le cas présent, force est de constater que les circonstances sont très différentes : Yvan Colonna semble plus « nerveux » que la première fois, face aux juges (ce que l’on peut comprendre si l’on se souvient de la « première fois »), et surtout, il y a ce témoignage bizarre totalement nouveau.

Un ancien proche collaborateur de Claude Erignac avait déclaré savoir que deux personnes ayant participé, d’une manière ou d’une autre (témoignage non précis) à l’assassinat étaient encore en liberté ! Les avocats d’Yvan Colonna parlent donc de suspendre le procès.

Voilà qui serait susceptible de faire bien des vagues et de bouleverser bien des poncifs et des procédures. Cela dit, dans l’expectative, je me garderais bien d’ajouter quoi que ce soit.

Si je puis me permettre, je dirais que le meurtre de Claude Erignac ressemble de plus en plus à celui de John Fitzgerald Kennedy, dans le sens où l’on n’y comprend rien, et que plane l’ombre d’une « vérité caché ». Conspirationisme, ou pas ? J’espère que l’avenir le dira.

 

À échelle plus corse, il y a aussi également beaucoup de chose à dire. Ainsi peut-on parler de mouvements de grève dans certaines structures éducatives de la Corse, des douze ans de la revue littéraire corse Bonanova (assortis d’une fête à laquelle j’eus l’honneur de participer)… et du congrès officiel de fondation de Corsica Libera… auquel je n’étais pas, parce que ce jour là, j’avais la grippe…

Tout le charme de l’hiver…

Par Cumpà - Publié dans : Attualità corsa
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 30 janvier 2009

Il y a quelques temps de cela, le procureur José Thorel se réjouissait que l’année 2008 ait vu une baisse singulière du nombre de plasticage à caractère politique (-50 % par rapport à 2007).

C’est exact.

Pour autant, 2008 connut :

-          24 homicides ou tentatives sur toute la Corse (plus de 2 fois plus que l’année précédente)

-          Une très forte augmentation de la cocaïne et d’héroïne en Corse

-          Une nette augmentation du nombre de braquages.

Apparemment, la maffia se porte très bien. Son emprise semble même en augmentation.

Le  « coté obscur de la Corse » (bien que je n’aime pas trop les références trop simplistes, je dois avouer qu’il m’arrive de céder à la facilité, j’espère que vous me le pardonnerez), étend de plus en plus ses tentacules dans de nombreux secteurs, corrompant tout ce qu’il touche.

Il ne semble pas trop gêné par les « forces chargées de faire respecter l’ordre », qui semblent s’en prendre préférentiellement aux militants politiques.

Tout va bien, on vous le dit.

 

Hier, à l’Assemblée de Corse (en d’autres termes, la salle à la rosace au sol), Véronique Sciaretti, élue indépendantiste (Corsica Libera) a déclaré qu’elle entreprendrait une grève de la faim symbolique (qui durerait, selon ses propres termes, au moins pendant toute la durée de la visite ministérielle de Michèle Alliot-Marie) dans le but de dénoncer la répression policière à l’encontre des militants indépendantistes (tandis que, dans l’autre sens, les maffieux sont généralement relativement épargnés), s’intéressant tout particulièrement au cas de Paul Istria.

Paul Istria, militant indépendantiste d’une cinquantaine d’année, incarcéré depuis le 7 juillet 2008, était alors soigné pour une grave maladie. Or, depuis son incarcération, il n’a bénéficié, en prison, d’aucun soin ! Parallèlement, la sœur de Paul Istria, qui depuis l’incarcération de son frère n’avait cessé de réclamer qu’il soit soigné, ne reçut pas d’autre réponse qu’une garde-à-vue de 48 heures !

Pour tout cela, Véronique Sciaretti a écrit une lettre à Michèle Alliot-Marie, et entamé une grève de la faim.

Comme madame (ou mademoiselle, je dois avouer que je ne suis pas totalement informé  à ce sujet) Sciaretti l’a évoqué, cette affaire ressemble trop singulièrement à une autre, plus grave : celle de Michel Henry. Arrêté en 1994 pour l’affaire de Sperone, Michel Henry se plaignit, en prison, d’atroces douleurs. L’administration pénitentiaire le « soignèrent » avec des dolipranes (désolé, marque déposée, je sais ; ceci dit, qu’est ce que vous auriez dit, vous ? Des analgésiques ?) alors qu’il souffrait d’un cancer. Libéré un an plus tard pour raisons médicales évidentes, il devait mourir quelques semaines après sa libération.

Cette dramatique affaire ne peut que nous inciter à ne pas nous laisser faire.

 

Sinon, à part ça, c’est dimanche le congrès fondateur de Corsica Libera, et le procès en appel d’Yvan Colonna, en février. Ce n’est, malheureusement, pas le seul prisonnier corse politique, mais c’est le plus médiatique, et pour cette raison, j’en parle.

Saviez vous que Michèle Alliot-Marie est venue passer quelques jours (déplacement à titre individuel et « villégiature ») en Corse ?

J’ai un peu de mal à croire que ce déplacement soit sans rapport avec ce procès à venir.

 

 

Mais que cela ne vous inquiète pas. Tout va bien, tout va très bien.

Par Cumpà - Publié dans : Attualità corsa
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 29 décembre 2008

Bonjour à tous, me voilà donc de retour pour ce message, et, lorsque l’on voit la fréquence accélérément ralentie à laquelle j’écris ici, vous pouvez légitimement vous demander si je ne suis pas un peu fainéant sur les bords… oui, peut être un peu.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, je suis là, et bien là, et si je suis là, c’est pour vous parler de l’année qui se meurt.

Déjà 2008 s’achève.

Pour être totalement franc, je ne l’ai pas vu passer, cette année. Tout au long de l’année, j’avais constamment l’impression d’être encore en 2007. Pourquoi ? È chì ne sò, eiu ?

Mais pourtant, malgré mes impressions personnelles, 2008 fut riche en évènements… c’est indéniable.

Si l’on s’en tient à la Corse (ce qui est encore le plus facile à faire de mon point de vue surtout, car sinon, ce serait trop difficile, et surtout trop long), ce fut une année d’élections municipales, mais est-il utile d’en parler lorsque l’on sait qu’il n’y a eu aucun changement notable et que les mêmes systèmes sont restés en place même si certains ont quelque peu tremblés.

On peut également souligner une importance accrue de la prise en compte de l’aspect patrimonial et environnemental de notre terre de Corse ; oui, s’il y avait un évènement à retenir de cette année, c’est bien ça : mobilisation salutaire pour refuser un projet mortifère de développement durable des sgiò et spéculateurs (le terme durable s’appliquant bien sûr aux sgiò et spéculateurs, non pas à la Corse), mobilisation contre la prolifération des résidences secondaires de luxe (Séguéla, Clavier, BNP…) ; pour une fois, le Peuple est parvenu à faire reculer le Pouvoir ; si seulement ça pouvait toujours marcher comme ça… Espérons que cela continue.

Au niveau politique, on peut noter la fondation de Corsica Libera, une authentique bénédiction, après des années et des années de divisions stériles, de même que l’élection de la première Cunsulta Naziunale depuis Pasquale Paoli.

 

 

Non… en fait, je ne suis pas bon appréciateur ! Car bien que 2008 ne m’ait pas marqué plus que cela, ce fut une bonne année.

Et même un défi à battre pour 2009, pour faire en sorte que cette année soit meilleure encore.

Par Cumpà - Publié dans : Attualità corsa
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 14 décembre 2008

Malgré toutes ces vississitudes, au delà de la triste époque de la guerre fratricide, Natale Luciani ne perdit pas et ne perdit jamais son idéal profond de liberté, et ses convictions personnelles, car ce n’était pas parce que des hommes avaient faillit, que l’idée avait perdu toute sa valeur. Dans son école de chant, s’il continuait à enseigner à la jeunesse corse les valeurs de l’âme corse et tout ce qui s’y rattache, il leur apprenait également, et plus que jamais, à conserver un esprit critique à l'égard des hommes et des structures. Rinvivisce, le même album dans lequel se trouve Chjaruscuru, nous offrit également une autre de ses créations, particulièrement douce et poétique : D’un volu (d’un vol), que je vous présente là.

 

 

Ligera più chè lu ventu

Ch’ella sà ammaistrà

Sopra à le cime d’argentu

Fin’à u mare o l’aldilà

L’ala maestosa è lena

Vola l’acula marina

Vola l’acula marina

 

È lu to sensu s’infrebba

D’ùn pudè la accumpagnà

Chjosu da l’umbriccia niedda

Di l’umana falsità

À goda l’aria serena

Cum’è l’acula marina

Cum’è l’acula marina

 

Oghje sì chì la vita hà bisognu di sperà

Ricusà u presente è a dutrina nera

È purtà d’altre lotte

À l’orisont’accesi

È scunghiura la sorte

Rinvivisce un paese.

 

 

Plus légère que le vent

Quelle sait maîtriser

Par-dessus les cimes argentées

Jusqu’à la mer et au delà

L’aile majestueuse et légère

Vole l’aigle marin [la mouette]

Vole l’aigle marin

 

Et ton être regrette

De ne pouvoir l’accompagner

Enfermé dans l’ombreuse ornière

De la fausseté humaine

À jouir de l’air pur

Comme l’aigle marin

Comme l’aigle marin

 

Aujourd’hui, oui, la vie à besoin d’espérer

De refuser le présent et la doctrine obscure

Et porter d’autres luttes

Jusqu’à l’horizon embrasé

Et conjurer le sort

Redonner vie au pays.

 

 

D’un volu : http://www.dailymotion.com/video/xhvfy_canta-u-populu-corsu-aux-bataclan

Enregistrement au bataclan en 2005 (D’un volu est la première chanson, suivie de Cantu à Pablo Neruda, et de Lettera d’Argentina)

 

 

Après Rinvivisce, sorti en 2002, Canta u Populu Corsu fit encore un autre CD : Giru 2003 (Tournée 2003), un enregistrement public de leur tournée de 2003, comprenant, outres un certain nombre des chansons déjà enregistrées dans Rinvivisce et dans Sintineddi, une interprétation de l’Armata di l’Ombra, de même qu’une création de Jean-Charles Papi : Sinfunia nustrale, au rythme entrainant.

 

Natale Luciani est décédé dans la nuit du 7 au 8 décembre de cette année là. Alors qu’il conduisait, de Buccugnà (où venait de se terminer a Fiera di a Castagna, la Foire à la Châtaigne) à Tavera, son village (situé à proximité de Buccugnà), il fit un malaise cardiaque grave et sa voiture, sans contrôle, bascula en contrebas. J’ignore s’il est mort de son malaise cardiaque ou de l’accident de voiture, mais une chose était sûre, c’est que la Corse venait de perdre un grand homme, pur, honnête, et droit.

Il n’avait que 54 ans, mais sa mémoire n’est pas prête de s’éteindre, et, comme on dit chez nous, « Natale Luciani sempre vivu ».

Par Cumpà - Publié dans : Storia
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 14 décembre 2008

Libéré en 1989 (Armistice Rocard-Joxe) après 5 ans de détention, il reprend aussitôt ses activités politico-culturelles, au sein de son école de chant et du mouvement nationaliste public. Sans succès, il tente de relancer Canta u Populu Corsu. Malgré cela, il procède à quelques enregistrement, notamment un 45 tour de l’Armata di l’Ombra, et d’une autre de ses chansons phares, In Memoria :

 

 

Per un populu vivu

Chi un vole esse domu

Per un zitellu chi

Dumane serà omu.

 

Per quellu chi d’amore

Vole pudè campà

Per quellu chi in prigiò

Un ci hà nunda à chi fà.

 

Per lu pezzu di terra

Chi deve firmà nostru

Per lu celu turchinu

E stu mare d’inchjostru.

 

Per una casa vechja

Chi ùn vole sprufundà

Per una strada novà

A meza oscurità.

 

Un aspettà dumane

O fratè, ùn aspetta

Quale essa sia a manera

Di lotta, dumane.

 

 

Pour un peuple vivant

Qui ne veut pas se soumettre

Pour un enfant qui

Demain sera grand

 

Pour celui qui veut

Pouvoir vivre d’amour

Pour celui qui est en prison

Sans l’avoir mérité

 

Pour ce morceau de terre

Qui doit rester à nous

Pour le ciel bleu

Et cette mer d’ancre

 

Pour une vieille maison

Qui ne veut pas s’effondrer

Pour cette voie nouvelle

Que l’on construit dans l’obscurité

 

N’attend pas demain

Mon frère, n’attends pas

Quelque soit ta manière

De lutter ; n’attends pas demain pour lutter.

 

 

In memoria chantée par Natale Luciani :

http://www.youtube.com/watch?v=3hBrwPPNOWk&feature=related  

 

  

Hélas, les choses ont profondément changé, et sans que l’on ne comprennent ni quand, ni comment, ni pourquoi, le mouvement nationaliste corse, petit à petit, a perdu en pureté, et,  à cause de l’appétit personnel des uns et des autres, ce mouvement, jadis unitaire, éclate en plusieurs morceaux. Natale Luciani se retire alors des structures publiques qui, pour lui, ont perdu leur âme et leur idéal.




La descente aux enfers des mouvements nationalistes corses n’en finit plus. Entre dérives affairistes et mafieuses, les militants demeurés sincères ne peuvent faire entendre leurs voix. La situation, de dramatique, devient tragique, avec les premiers assassinats. Ce fut la Guerre Fratricide. Un mouvement idéologique de revendication de dignité et d’identité était devenu un ensemble de bandes rivales, et la tragédie était quasi-quotidienne. Natale Luciani plus que jamais, se désolidarisa de ce mouvement dans lequel il ne se reconnaissait plus.

En 1995, cependant, il parvint à reformer le mythique groupe Canta u Populu Corsu, avec son ami Ceccè Buteau, et un certain nombre de jeunes nouveaux talents. C’est la sortie du CD Sintineddi (Sentinelle), et le relancement de la dynamique de Canta u Populu Corsu.

Quelques année plus tard, sort un nouveau CD : Rinvivisce (Revivifier, ressusciter), dans lequel la chanson Chjaruscuru (Clair Obscur), écrite par Natale Luciani, met en opposition le coté clair des militants nationalistes demeurés purs, à ceux qui ont sombré dans des dérives affairistes et maffieuses, sombrant ainsi dans le côté obscur (parler de côté obscur peut faire penser à Star Wars, mais cette définition était parfaitement conforme à la réalité des faits).

 

 

D’una lotta naziunale          

N’aveti fattu un spavechju

Ch’ellu si sbrumi lu spechju

Di la vostra infideltà

 

Di tante parolle linde

N’eti spizzatu l’essenza

Essendu più ch’omu pensa

Un arte di falsità

 

Quandu u camisgiu di seta

Piatta una maschera umbrosa

Vergogna à chì stà à l’ascosa

Intimuritu à trimulà

 

Tinti à quelli chì sò cascati

Per l’unu o l’altru di voi

Ùn saranu mai eroi

Chì disguastu è chì pietà

 

Torna una cria

Cercu una via

Raghju di sole chì caccerà

In tempu duru

Lu chjaruscuru

È tante piaghje da risanà

Cercu sfidatu

D’un altru latu

L’anticu solcu da suminà

 

D’impustura in tradimentu

S’annunziava lu sfragellu

Chì stilittava u « fratellu »

L’amicu di longu andà

 

[…]

 

Quandu chì lu chjaruscuru

Ci vulterà alba chjara

Brusgendu d’un altra fiara

Senza voi, dumane, chì sà.

 

 

D’une lutte nationale

Vous en avez fait une terreur

Que se brise le reflet

De votre trahison

 

De tant de paroles pures

Vous en avez sorti l’essence

Déployant plus qu’on ne pense

Tout un art de fausseté

 

Quand une cagoule de soie [sous-entendu, de luxe]

Cache un visage maléfique

Honte à qui s’abrite

Apeuré et tremblant

 

Malheureux ceux qui sont tombés [assassinés]

Pour l’un ou l’autre de vous

Ils ne seront jamais héros

Que de gâchis, quelle pitié

 

Encore une fois

Je cherche la voie

Le rayon de soleil qui chassera

Dans cette époque triste

Le clair-obscur

Et toutes ces plaie à refermer

Je recherche, méfiant

D’un autre coté

L’antique sillon qui avait ensemencé

 

Entre une imposture et une trahison

Le massacre s’annonçait

Qui tuerait le « frère »

L’ami de longue date

 

[…]

 

Quand le clair-obscur

Laissera place à une aube claire

Brillant d’un autre éclat

Sans vous, demain, qui sait ?

 

 

[Je suis profondément désolé ; malgré des recherches poussées, je n’ai pas trouvé de clip de Chjaruscuru sur Internet]

Par Cumpà - Publié dans : Storia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 14 décembre 2008

Parallèlement à cet engagement politico-culturel au service de la Corse, Natale Luciani, conscient que la jeunesse représente l’avenir, ouvre, en 1981, une école de chant corse, pour apprendre à la jeunesse, la langue, la culture, et l’âme corse ; pour constituer une relève pour reprendre le flambeau. L’école remporte un vif succès, et beaucoup de chanteurs corses actuels furent forgés à cette école.

Natale Luciani ne fit ni de l’endoctrinement, ni du bourrage de crane, mais au contraire, essaya de contribuer au mieux à instruire les jeunes corses qui venaient à lui. Cette notion d’éducation de la jeunesse transparait bien dans cette chanson (extrait ci-dessous) du début des années 1980, sortie en album en 1982 dans le dernier 33 tours de Canta u Populu Corsu : C’hè dinù : Sonniu (rêve).

 

 

Apri lu to core o ghjuventù

Nantu à tanti valori è virtu

Per fà chi dumane

Schiarisca e funtane

Di la vita.

 

Sonniu di tanta sperenza

Chi disceterà

Un aria di libertà

Forza di tanta credenza

Chi sustenerà

E ragione di luttà.

 

 

Ouvre ton cœur jeunesse

Aux valeurs et à la vertu

Pour que demain

Jaillissent les fontaines

De la vie.

 

Ce rêve d’espoir

Répandra

Un air de liberté

Cette immense foi

Nous donnera

La force de poursuivre notre lutte

 

 

Sonniu : http://www.dailymotion.com/video/xhl8m_canta-u-populu-corsu-bataclan_music

Enregistrement au Bataclan en 2005, postérieur à la mort de Natale Luciani ; Ceccè Buteau présente la chanson, et Dumè Gallet la chante ; La chanson Sonniu est ensuite suivie, dans cet enregistrement, par la chanson Sintineddi.




Cependant, le climat se détériore. L’état français, de plus en plus féroce, ne reconnait plus aux prisonniers corses le statut de prisonnier politique. Les incarcérations se succèdent, et des militants nationalistes perdent leur vie (Guy Orsoni, Etienne Cardi). Plus croît la répression, plus le nationalisme corse se radicalise.

En 1984, alors que Canta u Populu Corsu bat de l’aile, Natale Luciani est arrêté par la police antiterroriste, qui découvrira chez lui des charges explosives et des documents. Au cours de son procès, il déclarera à ses juges :

«  Ce tribunal est pour moi une tribune, et si vous comptez faire à travers moi le procès du FLNC, je ferais moi le procès de votre institution, que je ne reconnais pas. Comme mes camarades incarcérés, je ne suis pas un détenu, mais un prisonnier. […]. Je refuse cette appellation de terrorisme, qui dans la lutte que mène le peuple corse, est un artifice de langage usité par les media. Nous sommes des gens responsables et réaffirmons avec force que nous souhaitons un règlement progressif du problème corse. Notre combat est une réponse normale à la violence culturelle, économique, sociale et policière qui sévit en Corse ; violence que vous ne pourrez jamais sanctionner, vu que l’Etat que vous représentez, s’en fait le complice. Que pensez de ces méthodes si démocratiques ? Moi j’appelle cela du terrorisme. Enfin, à ceux qui disent qu’aucune idée ne vaille que l’on utilise la violence, je réponds que le combat pour la pérennité d’un peuple va beaucoup plus loin que ce que le terme étriqué d’idéal ne peut qu’imparfaitement évoquer. […]. C’est pourquoi, lorsque j’entends ce mot terrorisme, je réponds résistance ; à ceux qui disent activisme, je réponds légitime défense. »

Il sera condamné à sept ans de prison, en maison centrale !

Sa chanson Missaghju (Message), de l’album C’hè dinù, semblait curieusement présager la détresse qui serait la sienne lors de son incarcération.

 

 

Tanta suffrenza

Spaspersa in lu mondu

L’omu chi vole campà

A me sperenza

In missaghju mandu

Quellu chi cerca à lutta.

 

Fratellu ormai

A to lutta hè mea

T’avvii mezu à l’aversità,

Cunnosci i guai

Per fà chi l’idea,

Splendi per a libertà.

 

Cresce la voce

Sopra à le fruntiere,

Purtendu a sperenza quallà

Dannu, veloce,

Canzone straniere,

Chjamendu a sulidarità.

 

 

Que de souffrances

Infligées dans le monde

À l’homme qui cherche à vivre

Mon espérance

Je l’envoie dans ce message

À tous ceux qui luttent

 

Mon frère, désormais

Ta lutte est mienne

Nous nous unissons dans l’adversité

Tu connais les peines

Qu’infligent le combat

Pour que rayonne la liberté

 

Elève ta voix

Par delà les frontières

Et porte l’espoir là bas

Et chante plus fort

Les chansons étrangères

Qui appellent à la solidarité.

 

 

Missaghju : http://www.dailymotion.com/video/x3vb82_missaghju_music

L'interprétation est de Michele Cacciaguerra.

Par Cumpà - Publié dans : Storia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Eiu

  • : U Mio Ghjurnale
  • cumpalliols
  • : Probablement le pire blog qui existe... à l'exception d'un certain nombre d'autres.

Quale sò eiu

Site mi figue mi raison sur la Corse et sur moi. Entre macagne et sérieux.

Précision indispensable

Il faut quand même que je vous révèle quelque chose : plus vous cliquerez sur l'image censée représenter mon avatar, et plus vous verrez... il ne se passe absolument rien.

Per i circadori

Recherches avancées

Appuyez ici :
www.google.com/intl/co/

Appuyez fort, attenti.
Sinon, ça ne marche pas.
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus